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Invasion de criquets pèlerins en Afrique de l’Est : 5 choses à savoir

L’Afrique de l’Est est en proie, depuis maintenant plus de deux mois, à une invasion de criquets pèlerins sans précédente. Cette invasion fait craindre une crise alimentaire dans cette zone de l’Afrique déjà victime de la sécheresse. La rédaction du magazine Ocean’s News vous révèle cinq choses que vous devez savoir sur ce phénomène.

La dernière invasion de criquets qu’a connue l’Afrique de l’Est date de 1994. Depuis plus de deux mois maintenant, d’énormes essaims de criquets pèlerins ont jeté leu ces terres et détruisent les cultures et les pâturages. Un seul de ces essaims est aussi grand que le Luxembourg (2400 km2), selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Emportés par les vents, ces masses de criquets peuvent facilement parcourir 150 km par jour. Doté d’un appétit vorace, chacun de ces insectes longs d’environ 7 cm peut ingurgiter l’équivalent de son poids en une journée. Un essaim de 200 milliards de criquets pèlerins est donc capable de dévorer chaque jour 400 000 tonnes de nourriture.

Il devient impératif de mener des actions contre cette invasion de criquets pèlerins. En effet, cette invasion hors pair fait peser la menace d’une crise alimentaire sur des millions d’habitants déjà vulnérables. « Il y a 13 millions de personnes dans ces pays concernés qui ont des difficultés d’accès à la nourriture. Dix millions de ces personnes résident dans des zones touchées par les criquets », a déclaré le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires de l’ONU Mark Lowcock, lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation.

Cinq (05) choses à savoir :

  1. Ils proviennent d’Asie

Les chercheurs ont expliqué que deux facteurs sont à la base de cette prolifération des criquets pèlerins : le changement climatique et l’instabilité politique. Tout est parti du « quart vide » de la péninsule arabique où au printemps 2018, de fortes pluies se sont abattues après la formation d’un cyclone au-dessus de l’océan Indien. La chaleur et l’humidité sont les conditions adéquates pour la reproduction du criquet pèlerin, qui n’est pas repérée à cause de l’inaccessibilité de la zone, explique Keith Cressman, spécialiste des invasions acridiennes à la FAO. Un deuxième cyclone en octobre 2018 vient entretenir cette reproduction. Le nombre de criquets est multiplié par 8000.

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Le criquet qui, de nature, est solitaire quand sa population est normale, change de comportement dès que celle-ci croît. Elle forme à partir de ce moment des essaims denses et très mobiles. Dès début 2019, une partie de cette population acridienne migre donc vers le Yémen où la guerre civile entrave toute opération de contrôle. Les cycles de reproduction se suivent et la population de criquets pèlerins s’accroît de manière exponentielle.

En juin 2019, la Corne de l’Afrique connait les premières invasions de criquets par le nord de la Somalie avant de gagner l’Éthiopie. Ces deux pays arrivent à les contenir jusqu’à ce qu’en décembre 2019, un nouveau cyclone vienne à nouveau booster leurs reproductions. Les précipitations créent des inondations de la Somalie jusqu’en Éthiopie. « La situation devient hors de contrôle », raconte au Monde Keith Cressman, de la FAO. « Il est certain que la succession de cyclones est à l’origine de la crise », affirme l’expert. Rien qu’en 2019, neuf ont été comptabilisés dans l’océan Indien.

« En temps normal, en décembre, les criquets qui étaient sur une partie de la Corne de l’Afrique auraient dû repartir en grande partie vers la péninsule arabique. Sauf que cette année, ils sont restés en raison des conditions climatiques favorables », remarque également Cyril Ferrand, à la tête de l’équipe de résilience pour l’Afrique de l’Est de la FAO, dans les colonnes de Jeune Afrique. Mais tout comme au Yémen, l’instabilité politique en Somalie a aussi empêché la gestion de la prolifération.

2. Neufs pays touchés pour l’heure

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L’invasion de criquets pèlerins qui a débuté en Afrique par la Somalie et l’Éthiopie a gagné l’Érythrée, la Tanzanie, l’Ouganda, Djibouti, le Kenya, le Soudan et le Soudan du Sud. Au total neuf (09) pays de l’Afrique de l’Est sont touchés. En début février 2020, la Somalie a déclaré l’urgence nationale, à cause des risques pour la sécurité alimentaire dans le pays.

Le gouvernement somalien veut contenir les essaims avant les récoltes d’avril. Les essaims de criquets pèlerins menacent désormais de se propager au Burundi et en RDC, notamment. Au Burundi, le ministère en charge de l’Agriculture et de l’Élevage s’est dit préparé à affronter ce « fléau ».

3. Des conséquences non négligeables pour les pays touchés

Les criquets pèlerins mangent les feuilles des plantes. Pour l’heure, les conséquences sont limitées pour les agriculteurs des pays touchés, parce que les récoltes avaient déjà été ramassées. Les éleveurs quant à eux sont durement touchés par ces invasions qui anéantissent les pâturages de leurs animaux, réduisant ainsi leurs chances de survie.

Le Kenya, selon la FAO, n’avait pas subi une invasion de criquets pèlerins d’une telle envergure depuis 70 ans. L’impact de cette invasion est d’autant plus important puisque les éleveurs viennent de subir trois ans de sécheresse. Dans ce pays où l’agriculture représente 34 % du PIB, c’est toute l’économie qui est menacée.

4. Des moyens importants sont mobilisés pour combattre l’invasion

Cyril Piou, chercheur au Cirad, a expliqué au Parisien que l’invasion de criquets pèlerins peut être déjà prévenue en vaporisant des pesticides de synthèse. Une fois que les criquets sont là, on attend le matin lorsqu’ils se sont posés pour dormir, pour les éradiquer grâce à des insecticides répandus par avion ou depuis des 4×4.

En Ouganda, les autorités se disent s’être procuré 36 000 litres de produits à pulvériser sur les zones infectées. Elles ont également mobilisé 2 000 soldats. Mais la taille du phénomène complique la surveillance et la pulvérisation par voie aérienne, prévient Keith Cressman, de la FAO.

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L’ONU sollicite l’aide internationale pour endiguer le plus tôt possible cette invasion de criquets pèlerins. Fin janvier, la FAO estimait à 76 millions de dollars, la somme nécessaire pour lutter contre ces invasions. Seuls 20 millions de cette somme ont été récolté jusque-là, selon Mark Lowcock, secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires de l’ONU. Or le temps presse, la population acridienne peut se multiplier par 20 chaque trimestre. « Au bout de six mois, il y a une population qui est multipliée par 400 », s’alarme Cyril Ferrand dans Jeune Afrique.

5. La situation peut s’aggraver

Si cette invasion de criquets pèlerins n’est pas maîtrisée d’ici mars, début de la prochaine saison de semis, les agriculteurs pourraient voir leurs champs ravagés. La période coïncidera avec l’apparition d’une nouvelle génération de milliards de criquets qui pourront se repaître de ces semences et de ces jeunes plans. « En 2003-2005, un épisode semblable en Mauritanie a créé une famine telle que 10 ans après, on pouvait encore mesurer les impacts en migrations rurales », note Cyril Piou, du Cirad.

À l’allure à laquelle progresse cette invasion de criquets pèlerins, toute l’Afrique pourrait être touchée si des actions concrètes et immédiates ne sont pas menées.

Source : rfiafrique ; jeuneafrique ; bbcafrique

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Par Ocean's News

La rédaction du magazine Ocean's News est composée de Journalistes et Rédacteurs Web Togolais avec des correspondants dans certains pays d'Afrique : +228 9221 3818 / contact@oceans-news.com

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