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Mackjourney, 11 ans, va dans une école secrète au Cameroun

Mackjourney est un jeune camerounais de 11 ans. Il fréquente une école secrète au Cameroun qui risque d’être fermée par le gouvernement.

Au Cameroun, des enfants fuyant le conflit en zone anglophone sont privés d’école, les plus chanceux sont inscrits dans des écoles clandestines. C’est le cas de Mackjourney.

Lorsque la famille de Mackjourney a récemment fui une rébellion séparatiste dans les régions anglophones du pays, elle pensait avoir trouvé un endroit où il pourrait aller à l’école en toute sécurité. Mais ce n’est pas le cas, car l’école qu’il fréquente à Douala, risque d’être fermée parce qu’elle est jugée illégale par les autorités.

Les écoles illégales de plus en plus nombreuses à Douala

Les écoles illégales se multiplient à Douala, la plus grande ville du Cameroun, où la majorité de la population est francophone. La plupart des écoles des régions anglophones du Nord-Ouest, y compris sa capitale Bamenda, et du Sud-Ouest, ont été fermées au cours des trois dernières années, laissant plus de 600.000 enfants non scolarisés.

« J’ai quitté Bamenda parce qu’il y avait une guerre. Ils tuaient des gens et ils tiraient avec des armes à feu », explique M. Mackjourney à la BBC. Les écoles qui restaient ouvertes risquaient d’être attaquées par des combattants séparatistes. « On s’asseyait en classe et il pleuvait des balles sur le toit. C’était effrayant », dit-il.

Certaines personnes entreprenantes de Douala sont intervenues pour leur fournir une éducation…mais cela à un prix.

Mackjourney marche 2 km chaque matin à travers un sentier étroit et sinueux dans une zone marécageuse jusqu’à son école, une structure en bois sans fenêtres. De l’intérieur de leur classe, ils peuvent voir l’herbe haute de tous les côtés. L’emplacement a été choisi de telle sorte qu’il soit difficile à trouver pour les autorités. C’est la deuxième école privée que fréquente Mackjourney à Douala. La première a été fermée par le gouvernement car elle n’avait pas été autorisée.

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Selon les autorités, les écoles doivent disposer d’un terrain de jeux, d’une bibliothèque et de salles de classe pour être officiellement enregistrées. Mais les propriétaires de ces écoles sont prêts à faire fi de la réglementation, car il y a de l’argent à gagner si les parents veulent désespérément donner une éducation à leurs enfants.

Avec des frais annuels pouvant atteindre 200 $, soit près de quatre fois le salaire minimum national mensuel, ils peuvent tirer profit du chaos créé par le conflit. « Payer les frais d’inscription n’a pas été vraiment facile pour nous », dit la mère de Mackjourney. Comme d’autres parents, elle dit que les options pour ceux qui ont fui le conflit sont limitées car il est de plus en plus difficile d’obtenir une place dans une école autorisée.

Jusqu’à présent, les autorités ont fermé plus de 260 écoles depuis le début de l’année scolaire en septembre et les critiques affirment qu’elles n’offrent aucune alternative. Sylvestre Fils Moukalla, fonctionnaire de l’éducation nationale dans la banlieue de Wouri à Douala, a déclaré que le gouvernement avait pris des mesures pour accueillir les élèves qui ont fui la zone du conflit.

« Le ministre de l’Enseignement secondaire a donné aux associations de parents et d’enseignants (APE) l’autorisation expresse de construire davantage de salles de classe dans diverses écoles ». « Ces APE ont mobilisé d’énormes ressources pour construire de nouvelles salles de classe et, par conséquent, le problème de l’afflux a été résolu. Dans le Wouri par exemple, tous les enfants ont trouvé une salle de classe », dit-il.

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Mais la réalité est qu’un grand nombre des salles de classe disponibles sont déjà surpeuplées. Certains parents aiment aussi le fait que les écoles privées enseignent en anglais et non en français. C’est la cause profonde du conflit dans les régions anglophones, qui abritent environ 20% des quelque 25 millions d’habitants du Cameroun.

Les problèmes ont commencé en 2016 à la suite de la décision du gouvernement d’accroître l’utilisation du français dans les écoles et les tribunaux des régions principalement anglophones. Un élément clé de la lutte séparatiste a été le boycott des écoles, qui s’est traduit par l’enlèvement d’élèves et d’enseignants qui font fi de l’ordre. En février, 176 personnes, pour la plupart des étudiants, ont été enlevées avant d’être libérées deux jours plus tard. Certains de ceux qui ont fui vers les régions francophones, dont Claude Ngwa, se tournent vers l’enseignement à domicile.

« J’ai décidé de demander à un professeur indépendant de voir comment nous pouvons réussir à éduquer ces enfants à la maison », a déclaré M. Ngwa, maçon et père de sept enfants. Il estime qu’il est moins coûteux de payer un enseignant que de payer des frais de scolarité individuels pour ses enfants : « C’est trop difficile pour nous. Nous souffrons. J’ai vraiment honte que ces enfants restent à la maison.»

Anyambod Emmanuel Anya, fondateur de l’Université protestante d’Afrique centrale basée à Yaoundé, capitale du Cameroun, met en garde contre un avenir sombre si aucune solution n’est trouvée rapidement. « L’avenir des enfants a été hypothéqué par la pauvreté, hypothéqué par l’analphabétisme et hypothéqué par la souffrance à long terme. C’est le prix que nous payons à la suite de ce conflit », a-t-il déclaré à la BBC.

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Source : bbc

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La rédaction du magazine Ocean's News est composée de Journalistes et Rédacteurs Web Togolais avec des correspondants dans certains pays d'Afrique : +228 9926 1037 / contact@oceans-news.com

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