MAGAZINE OCEAN'S NEWS No 13: Disponible en téléchargement gratuit.

Interview exclusiveMusique

Rencontre avec Elom 20ce, Prince de l’oralité

Rencontre avec Elom 20ce, rappeur togolais

Alors qu’il s’apprêtait pour un voyage au Ghana voisin dans le cadre d’une tournée, Elom 20ce, celui qui se définit comme un Arctivist (Entendre par là, la fusion des mots « artiste » et « activiste ») nous a accordé une interview dans le somptueux cadre du restaurant Cloud9 (Lomé) avant de prendre la route.

Partisan d’une Afrique unie, riche de toutes ses diversités, Elom 20ce est un rappeur d’origine togolaise avec plusieurs scènes et festivals au compteur, notamment au Togo, au Bénin, au Burkina, au Ghana, en Allemagne (Berlin & Halle), et en France (Paris, Rennes, St Malo, Nantes, Marseille, etc.) aux côtés de groupe comme La Rumeur et Ali (45 Scientific).

Elom 20ce fait partie de la troupe des rappeurs africains engagés dans le sauvetage de leur continent, de ses valeurs et de ses richesses culturelles. Il se veut donc panafricaniste avant tout et rêve d’un monde plus équilibré, plus juste. Son dernier album « Indigo » sorti en 2015 rend compte de cet engagement. En pleine préparation de son prochain album intitulé « AMEWUGA », le responsable du label Asrafo Records, vient de lancer un nouveau projet, « Aux impossibles imminents ».

Nous en saurons un peu plus sur ce nouveau projet, sur l’homme, ses espoirs pour l’Afrique de demain et surtout son nouvel album. Rencontre donc avec un homme de conviction, un rappeur, un activiste.

Elom 20ce
Elom 20ce

Ocean’s News : Elom 20ce merci de nous accorder ces quelques minutes. Vous n’êtes sans doute plus à présenter car connu de par votre plume et vos textes d’éveil de conscience. Mais pour une première sur le magazine Ocean’s News, nos lecteurs aimeraient mieux vous découvrir. Qui est Elom 20ce ?

Elom 20ce : Elom 20ce est un fils, un père, un frère. Un penseur, un Esprit libre. Je fais du rap depuis une vingtaine d’années. Je réalise des clips vidéo et courts documentaires. Je milite pour une Afrique libre et digne à travers la Ligue Panafricaine Umoja et l’association SEMA. J’ai une marque de vêtement qui s’appelle ASRAFOBAWU. Je dirige le label Asrafo Records qui organise le Festival ARCTIVISM, et qui produit des artistes. J’aime la vie, l’Afrique et bien d’autres choses encore. Je suis un mangeur de feu.

Ocean’s News : Un mangeur de feu ? Éclairez notre lanterne.

Elom 20ce : Un artiste doit être capable de « cracher du feu ». Un artiste doit savoir bousculer. Allumer la lumière là où dorment les ténèbres. Pour ce faire, il doit avoir la lumière en lui, être habité par le feu. 

Ocean’s News : Et si l’on vous demandait de vous définir en juste trois (3) mots ?

Elom 20ce : 3 mots ? Cogneur D’Invisible !

Ocean’s News : Pour une personne de votre trempe, un magazine d’une quarantaine de pages ne peut sûrement pas contenir votre parcours. Essayez donc le plus bref possible de nous le résumer.

Elom 20ce : Il s’agit de quel parcours ? Parce qu’il y en a beaucoup (rire). On va parler de musique essentiellement. Pour faire court, je suis arrivé au rap fin des années 90. J’ai fait ma première radio avec Aristide sur la radio Kanal fm en août 2001. Première mixtape Rock the mic vol.1 entre 2004 et 2007. Je ne me souviens plus clairement. À l’époque c’était dur d’aller en studio. J’ai lancé « Légitime Défense », mon premier projet solo en 2010. 2 ans après, j’ai lancé Analgézik. 2015 ou 2051 (pour ceux qui me suivent) Indigo. J’ai fait une centaine de scènes en Afrique et en Europe, participé à des projets un peu partout dans le monde. J’ai lancé Arctivism en 2009. En 2017 j’ai écrit  un chapitre dans le livre collectif « Marianne et le garçon noir » sous la direction de Léonora Miano. En 2018, j’ai officiellement lancé la marque de vêtement Asrafobawu. Je prépare un nouveau projet qui arrive bientôt. Il est la suite logique de tout ce que je viens d’énumérer.

Ocean’s News : Parlez-nous d’Asrafobawu. Vous n’êtes pas styliste à ce que l’on sache, pourquoi donc lancer une marque de vêtement ? Quel est le lien avec le combat que vous menez ?

Elom 20ce :  Asrafobawu veut dire le vêtement du guerrier en mina (langue locale au Togo).  C’est un outil supplémentaire pour sublimer l’Afrique à travers les tissus tissés sur le continent africain, mais également la sagesse et l’histoire de notre peuple. Nos vêtements pour ne pas dire armures sont principalement en Kenté, Bogolan, Indigo. Nous ne rejetons pas les tissus importés comme le jean, le wax et autres. Ils servent juste d’accessoires.

Ocean’s News : Vous vous définissez comme partisan d’une Afrique unie et diverse. Que devons-nous comprendre par « Afrique unie et diverse » ?

Elom 20ce :  Une Afrique remembrée où les ethnies, les cultures bien que diverses se côtoient en parfaite harmonie. L’Afrique est diverse, c’est ce qui fait sa beauté. Longtemps la diversité de l’Afrique a été utilisée pour la diviser. Il s’agit selon moi de reconnaitre qu’il y a une unité dans cette diversité.

Ocean’s News : Quels sont donc les espoirs que vous nourrissez en l’Afrique de demain ?

Elom 20ce : Je pense que cette réponse se trouve dans mes chansons, mes clips vidéo et des activités que je mène avec d’autres camarades depuis une dizaine d’années. Mes œuvres parlent mieux pour moi. Pour essayer de répondre à votre question, je dirai qu’une Afrique habitable est mon premier espoir. Quand je parle d’Afrique habitable, je parle de tout ce qui peut être fait pour que les jeunes n’aient pas à rêver de quitter l’Afrique. L’Afrique est un paradis. Un scandale géographique comme dirait d’autres. Nous avons tout ici pour être heureux. Comment explique-t-on la misère, l’immigration et tous ces morts en méditerranée, ces famines, etc. ? Mon espoir, c’est de voir éradiquer tout ça. Ça passe par le travail, mais avant tout l’éveil des consciences. Si l’Afrique est dans cet état, c’est en partie à cause de nous. Mon espoir c’est de voir une Afrique unie, seule condition qui lui permettra de la rendre habitable.

Ocean’s News : Les pays membres de la CEDEAO adopteront en 2020 l’Eco, une nouvelle monnaie en lieu et place du franc CFA. Vous y croyez ? Pourra-t-on parler de l’unité dont vous faites cas en adoptant une monnaie unique ?

Elom 20ce : Ma réflexion est je pense ailleurs. Pouvons-nous parler de monnaie unique sans politique commune ? La question de la monnaie commune n’est pas à discuter. Ce sont les mécanismes de la mise en place et de la manière dont elle sera gérée qu’il faudra analyser. 2020, ce sera les 60 ans des indépendances. Je pense que le choix de cette année pour lancer cette monnaie n’est pas fortuit. Je lis beaucoup d’articles sur le sujet. Je n’ai pas encore eu le temps nécessaire pour vous dire que j’y crois ou pas. Je ne cache pas ma méfiance.

Ocean’s News : Venons-en à Elom 20ce l’artiste. Fidèle à vous-même et loin des tendances dansantes du 21e siècle, quelle est votre définition de la musique ?

Elom 20ce : La musique c’est le partage, c’est la thérapie, c’est une force vibratoire infinie. La musique est spirituelle. Pour nous qui vivons dans des territoires aux histoires douloureuses, la musique est une arme.

Ocean’s News : Votre rap, ponctué souvent de sonorités jazz dans la plupart de vos chansons est perçu comme un cri de douleur. À qui s’adresse ce cri et quel est ce message que vous vous efforcez de véhiculer à travers cette fusion ?

Elom 20ce : Mon rap est plus que tout ça. Mon cri est d’abord pour moi-même. Parfois crier c’est verser le mauvais sang. Après ce cri peut être l’écho d’autres personnes qui n’ont ni la force, ni le courage de pousser ce cri. En ce qui concerne le message, ça dépend des chansons, des albums, etc. Je pense qu’un autre monde plus équilibré, plus juste est possible. Disons que c’est ça mon souhait, le fond de mon message.

Ocean’s News : Un autre monde plus équilibré, plus juste, vous y croyez vraiment ? Pensez-vous qu’un beau matin, tous ces maux qui minent ce monde se volatiliseraient, famine, guerre… ?

Elom 20ce : Oui je crois à un monde plus équilibré. Tous les maux ne se seraient peut-être pas volatilisés, c’est pourquoi je parle d’un monde plus équilibré pour ne pas dire un monde parfait. Ne plus croire à un monde plus juste serait synonyme de renoncer à l’humanité.

Ocean’s News : Vos messages, votre cri dans vos compositions, est-ce une manière pour vous d’en appeler à la révolte ?

Elom 20ce : Tout dépend de ce que vous mettez dans « appeler à la révolte ». Il faut faire attention à l’usage des mots. Je dirai que j’appelle à  « l’éveil des consciences » comme beaucoup d’autres avant moi. Je m’inscris dans la tradition de nos prédécesseurs comme Fela Kuti, Miriam Makeba, Bob Marley, Nina Simone pour ne citer que ceux-là. La liste est longue.

Ocean’s News : D’où vient cette envie par des compositions et des posts sur les réseaux sociaux de dénoncer les maux de votre pays et du continent en général ?

Elom 20ce : C’est un besoin pas une envie, il y a une nuance. J’ai besoin de m’exprimer pour ne pas me laisser étrangler. L’écriture est un acte de résistance. J’écris pour m’accrocher à la vie. J’écris et post pour exprimer et partager mes pensées. Une des pires choses qui puissent arriver à un homme est de l’empêcher de réfléchir et de s’exprimer.

Ocean’s News : Avoir fait des études en relations internationales serait-il la base de cette révolte contre le système en Afrique ?

Elom 20ce : Oui et non. Oui parce que ces études m’ont permis de mieux comprendre un certain nombre de choses. Non, parce qu’on n’a pas besoin de faire des études, quelles qu’elles soient, pour aimer l’Afrique. Là où vous parler de révolte, je vois de l’amour. C’est Che Guevara qui disait « que la plus grande qualité d’un révolutionnaire c’est l’amour ». Comme j’aime à le dire, la révolution est un acte d’amour, pour soi, pour les siens et même pour les autres. On ne peut pas se battre farouchement pour celles et ceux qu’on n’aime pas.

Ocean’s News : Vous avez récemment lancé « Aux impossibles imminents », un nouveau projet qui sera fait d’une série de vidéos. Parlez-nous dudit projet.

Elom 20ce : « Aux impossibles imminents » est un titre sur mon prochain album « AMEWUGA ». Au lieu de faire un clip, du moins dans un premier temps, j’ai préféré faire un série de documentaires où je montre des personnes qui selon moi défient les statistiques. C’est un double triptyque où je mets la lumière sur des femmes et des hommes : étranges déclassés de la ville qui professent pourtant l’imminence d’impossibles éthiques et positifs ! La série complète à découvrir bientôt dans l’expo LOME+ au nouveau Palais de Lomé ! La première vidéo est consacrée à Blacky, un jeune vendeur ambulant. Elle a été projetée lors de la nuit des idées à l’Institut français du Togo et en ligne sur mes pages Facebook et YouTube.

Ocean’s News : Certains de vos fans souhaitent vous voir embrasser le monde de la politique. Cela ferait-il partie de vos projets futurs ?

Elom 20ce : Qui sont ces fans ? (rire). Avez-vous fait un recensement ? Je vous taquine. Plus sérieusement, qu’entendez-vous par « embrasser le monde de la politique ? »

Ocean’s News : Je veux parler de politique ouverte, sortir du circuit de seulement dire des mots que dans des chansons mais de rassembler des femmes, hommes, jeunes et enfants et vous exprimer en tant que leader politique en vous engagent soit dans un parti politique, soit en créant un nouveau parti. 

Elom 20ce : Je suis prêt à servir l’Afrique et ses intérêts, que ce soit sur scène avec des chansons ou au sein d’un parti politique. Ce qui m’intéresse ce n’est pas le Togo, pris isolément, c’est l’Afrique. La politique ne doit pas faire peur. Les jeunes doivent s’intéresser à la chose politique. Ils avaient quel âge les Lumumba, les Sankara, même les Senghor quand ils s’intéressaient à la chose politique. Je pense que l’une des grandes victoires de ceux qui oppriment l’Afrique est d’avoir réussi à désintéresser les jeunes de la politique. Ces jeunes deviennent justes du bétail dont on a besoin lors des élections et des marches. Il faut que les jeunes s’intéressent à leur culture, leur tradition, leur économie,  leur avenir. Tout ça est politique.

Ocean’s News : Votre dernier album en date « Indigo », est sorti en décembre 2015. À quand le prochain ?

Elom 20ce : Le prochain est techniquement prêt. Il arrive bientôt. Je ne donne pas de date mais il est imminent. C’est à ce jour mon projet artistique le plus abouti. Ce n’est pas juste un album. Comme chaque fois, il y a plein d’autres projets qui vont tourner autour. La musique n’est peut-être qu’un prétexte au final.

Elom 20ce
Elom 20ce

Ocean’s News : Parlant de votre dernier album, dans le clip-vidéo de votre son « Comme un poison dans l’eau » en collaboration avec Le Bavar, du groupe français de rap LA RUMEUR, vous avez une fois de plus associé les archives sonores et les récits de la tradition orale. Y a-t-il une signification particulière au-delà de ce que l’on voit et entend ?

Elom 20ce : Ici l’archive est sonore. C’est une interview d’Amilcar Cabral auquel le clip est dédié. La scène qui ouvre la vidéo est une représentation de l’assassinat de Cabral. Cabral a été assassiné devant sa femme. L’histoire de tous ces jeunes qui ont tout donné à l’Afrique m’intéresse beaucoup. Le manque de repères de la génération actuelle est surement lié à la manière dont les prédécesseurs ont été liquidés les uns après les autres. Mon devoir en tant qu’artiste est de garder cette mémoire vive. Il y a beaucoup de symbole dans mes clips qui sont pour la plupart du temps des prolongements de mes morceaux. Il faudra organiser des masters class pour décortiquer tout ça un jour.

Ocean’s News : Pourquoi parler alors d’être « à l’aise comme un poison dans l’eau » ?

Elom 20ce : Je trouve l’image forte. Un poison dans l’eau est invisible, indolore mais il reste nocif. Dans un système qui élimine tous ceux qui se battent pour la cause africaine, il faut être comme un poison dans l’eau. Agir, loin des honneurs. Le rap comme le reggae est avant tout une musique contestataire. Beaucoup de gens y voient de l’amusement, c’est plus que ça. C’est comme la Capoeira. Là où les maitres voyaient la danse, les esclaves savaient que c’était un sport de combat. 

Ocean’s News : Bénin, Ghana, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Allemagne, France… Ces dernières années, vous avez eu à prester dans ces différents pays. Que retenez-vous de toutes ces tournées ?

Elom 20ce : Ce que je retiens de toutes ces tournées ? Que ce que nous faisons est plus grand que la musique ! « It’s bigger than Hip Hop, It’s bigger than Music ». Je retiens que la musique est quelque chose de puissante. Elle rassemble, elle guérit, elle élève. Que la musique, tout comme la culture est importante. Je retiens les rencontres, voyager c’est apprendre. Cette année j’ai joué à Dakar dans le musée des civilisations noires avec Dalila Dalléas Bouzar (artiste peintre). J’ai joué en France, au sud avec Kyekyeku, un jeune ghanéen qui fait de l’afrobeat, et à l’ouest avec des rappeurs qui venaient de différents coins de la France, de l’Europe et de l’Amérique latine. J’ai joué à Grand Popo lors d’Arctivism 32 entre autres avec Kmal Radji du Bénin, Abena Rockstar du Ghana et pleins d’artistes togolais. J’ai joué à Abidjan en juillet dernier avec de merveilleux artistes qui venaient de partout. Je retiens le partage.

Ocean’s News : On vous voit très rarement sur des scènes au Togo, pourquoi ?

Elom 20ce : Je suis pourtant là. En janvier j’étais sur la scène de l’Institut Français de Lomé pour la Nuit des Idées dont j’avais la direction artistique. J’étais à Agbodrafo pour le Festival Désenchainé de Yao Bobby. J’étais à la Case des Daltons pour un projet d’ordre humanitaire. Vous voyez, je suis là. Si on m’invite dans les bonnes conditions je suis toujours là. Je ne fais pas de playback, c’est peut-être pour cela qu’on ne me voit pas sur des scènes où ce n’est que ça. Je joue en live au pire des cas en semi-live. Quand c’est du full libre, je suis avec 6 voire 7 musiciens sur scène. En tout cas, je suis là.

Ocean’s News : En dehors de votre prochain album qui est prêt comme vous venez de le dire, Elom 20ce a-t-il d’autres projets en cours de réalisations qu’il souhaiterait partager avec nous ?

Elom 20ce : Nous préparons ARCTIVISM chapitre 33 pour la fin de l’année. 10 ans ça se célèbre non ? Il y a aussi, le concert dédicace de l’album Vulnérâmes d’Antonya David-Prince, sorti sous le label Asrafo Records. Ce sera le 14 septembre à l’Institut français du Togo. Partager de nouvelles créations d’Asrafobawu… Pleins d’autres projets dont je ne parlerai pas pour le moment.

Ocean’s News : Merci de ce temps mis à notre disposition pour répondre à ces quelques questions. Vous avez carte blanche pour clôturer.

Elom 20ce : Allez regarder la vidéo « Aux Impossibles Imminents » sur Facebook ou sur YouTube. L’Afrique est à bâtir. On doit la rendre habitable et se préparer pour faire face  à d’autres types d’invasion. Pour cela il faut s’informer, se former, se fréquenter et réfléchir ensemble. L’Afrique doit s’unir, c’est notre mission. Ce n’est pas en nous plaignant qu’on va y arriver. So, Don’t Agonize, Organize !

Propos recueillis par Aimé APEDOH

About author

Journaliste / Rédacteur Web / Passionné du monde de la communication : +228 9158 2306
Related posts
ActualitéMusique

Côte d’Ivoire : Meiway sur le point de mourir ?

ActualitéMusique

Maroc : la musique gnaoua inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco

ActualitéMusique

Cameroun : avec « Ta fille n'est pas ta femme », X Maleya dénonce les violences sexuelles

ActualitéMusique

Togo : All Music Awards 2019, les nominations

Inscrivez-vous à notre newsletter et soyez les premiers informés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.