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Une « Oasis » dans le quasi désert du cinéma togolais

Oasis la nouvelle série togolaise

Si quelques années plus tôt le monde du cinéma était presque inexistant au Togo, les choses ont bien évolué : la série « Oasis » en est la preuve visuelle et audible.

Le 11 novembre 2019, la série « Oasis » a fait ses débuts sur Canal+. Humour, romance, querelles, manipulations… nous vous proposons en quelques lignes de vous plonger dans l’univers de cette série qui vient redorer le blason du cinéma africain en général et togolais en particulier.

Le bébé « Oasis »

La série « Oasis » montre le train-train quotidien d’un complexe d’appartement populaire du même nom. Elle relate les interactions entre les gestionnaires de résidence et leurs locataires excentriques. Mais ce semblant d’harmonie est rapidement mis en péril par l’arrivée de la nouvelle gestionnaire, Essé. Venue faire de l’espionnage industriel, sa mission sera compromise par Alex, le manager du complexe Oasis, qui se trouve être son ex. Ce bijou du 7e art a été réalisé par Angela Aquereburu et Jean-Luc Rabatel. Il est coproduit par Yobo Studios et Canal+.

Oasis, la naissance !

L’esquisse de ce chef-d’œuvre cinématographique a germé dans l’esprit de sa Madie Foltek au cours d’un retour au bercail  en 2014. Elle confie à ce propos :

« Il y a 5 ans, quand je quittais définitivement les États-Unis pour le Togo, l’idée m’est venue dans l’avion de créer une histoire autour d’un complexe d’appartement similaire à celui où j’ai vécu et travaillé comme gestionnaire de résidence aux USA, en m’inspirant des locataires plutôt excentriques que j’ai eu le plaisir de rencontrer dans ce complexe. C’est ainsi qu’Oasis est née », a expliqué Madie Foltek à notre rédaction.

À partir de cette idée initiale qui semblait bien simple, Madie Foltek, la scénariste togolaise derrière « Oasis », a développé, courant 2017, les vingt (20) épisodes de la première saison en un temps record de deux mois. Après l’approbation d’Angela Aquereburu, le script a connu une session de réécriture en novembre 2018 « pour renforcer l’histoire et les personnages ».

Madie Foltek, la scénariste par passion et  à succès

 Madie Foltek, la scénariste de la série Oasis
Madie Foltek, la scénariste de la série Oasis

Madie Foltek connu à l’état civil sous le nom de Kokoè Madie Teko-Folly, est une férue d’écriture. Son amour pour le cinéma prend vie dès le bas âge. « Depuis toute petite, j’étais passionnée par l’écriture. J’adorais rédiger des rédactions, écrire à mes nombreux correspondants qui étaient un peu partout dans le monde. Puis à l’âge de 12 ans, j’ai écrit une petite histoire pour distraire un peu ma mère qui était hospitalisée à l’époque. De là, sont nées plusieurs petites histoires pour divertir mon entourage. Au fil des années, je me suis découverte une passion pour le cinéma ; passion que j’ai trouvée le moyen de combiner à celle de l’écriture. C’est ce qui m’a poussée à faire un Master en études cinématographiques, option scénarisation », a-t-elle expliqué.

À vaincre sans péril…

Aucune œuvre de l’envergure de la série « Oasis » ne peut se faire sans sa dose de difficultés et de défis à relever. Que ce soit du côté de la scénariste, des acteurs ou encore de la productrice, chacune des personnes ayant travaillé sur la création de cette œuvre a affronté des obstacles à abattre.

Pour Madie Foltek, « les difficultés majeures étaient beaucoup plus dans le développement de l’histoire, dans le développement des personnages, leur psychologie mais aussi  dans la construction de la série par épisode, dans la définition de l’évolution de la courbe de chaque personnage, tout en gardant en tête que le fil conducteur de l’histoire principale ne doit pas être perdu de vue. L’autre challenge était d’écrire tout en gardant en tête les contraintes économiques ». Oasis fait aujourd’hui, la fierté de Madie après avoir surmonté toutes ces difficultés.

« […] Une fois que j’ai vu les premiers épisodes de mon « bébé » sur les chaines Canal+, j’ai ressenti de la fierté pour le travail accompli par toute l’équipe (parce que chacun a mis du sien), et de la nervosité qui vient avec, quant au succès de la série auprès des téléspectateurs », a-t-elle indiqué.

Aimée Akakpo-Toulan dans le rôle d’Essé

Aimée Akakpo-Toulan dans le rôle d’Essé
Aimée Akakpo-Toulan dans le rôle d’Essé

Essé Wilson est la nouvelle gestionnaire qui intègre l’équipe du complexe « Oasis » pour y faire de l’espionnage industriel. Le rôle est incarné à la perfection par la jeune actrice comédienne Tsogolaise Aimée Akakpo-Toulan. Bien qu’habituée des plateaux de tournage, cette dernière nous a avoué avoir été « hyper stressée » lors du tournage d’ « Oasis ». Et pour cause : elle voulait « donner le meilleur » d’elle-même puisque de base, elle n’était pas celle qui avait été choisie pour ce personnage autour duquel tourne l’intrigue entière. Bien que le tournage d’ « Oasis » ne lui fût pas des plus aisés, Aimée Akakpo-Toulan dit avoir beaucoup aimé être dans la peau de son personnage.

« J’ai adoré jouer ce rôle. Dans ce personnage, je me suis redécouverte d’une certaine manière et j’ai appris bien de choses. J’ai l’impression de me redécouvrir un peu plus  chaque fois que je regarde les épisodes », a-t-elle confié à notre rédaction toute souriante. « La seule limite que l’on a se trouve dans notre propre tête. On peut faire bien plus qu’on ne l’imagine. Le potentiel est en nous. Il faut avoir la foi, la confiance, travailler et apprendre à se laisser aller ; être entouré des bonnes personnes également », a-t-elle poursuivi. Oasis a donc été l’occasion pour la jeune actrice de repousser ses propres limites.

De ce qu’elle a pu ressentir à l’annonce de la diffusion de la série sur Canal+, elle confie à nouveau : « Je ne sais trop comment l’exprimer ; c’est toujours un sentiment étrange peut-être, mais ça fait plaisir je crois, et surtout quand les retours sont positifs. Je n’ai pas l’habitude de regarder ce dans quoi j’ai tourné mais avec « Oasis », c’est différent. Je suis impatiente de suivre chaque nouvel épisode. »

Si Aimée Akakpo-Toulan est aujourd’hui considérée comme l’un des grands espoirs du cinéma de son pays le Togo, c’est grâce à Jean-Luc Rabatel et Angela Aquereburu qui, en 2016 ont cru en elle en lui donnant sa toute première chance en tant qu’actrice. « Jean-Luc Rabatel et Angela Aquereburu[…] ont su voir en moi ce que je ne percevais pas », a déclaré « Essé » à notre rédaction.

En effet, repérée au casting de Zem 2 en 2016 par Angela Aquereburu, cette dernière va lui donner un conseil des plus motivants pour sa carrière d’actrice comédienne. « Tu as quelque chose, prend part aux castings, ne t’arrête pas », tel a été le coup de boost qu’elle a reçu de la directrice de Yobo Studios. Le duo de Yobo Studios, Jean-Luc Rabatel et Angela Aquereburu lui offrait plus tard l’opportunité de travailler sur plusieurs projets. Aimée-Akapkpo-Toulan a notamment joué dans Zem 2, Hospital It, Africa’s Amazons, Bazar Bazar 2.

L’alchimiste du cinéma togolais…

S’il existe bien une personne capable de transformer en or  ce qu’elle touche  dans l’univers du cinéma togolais, c’est bien Angela Aquereburu, la coréalisatrice de la série « Oasis ». Elle a déjà coréalisé six (06) séries et produit cinq (05) autres dont les plus connues sont Zem, Hospital It et maintenant Oasis.

Les débuts de l’aventure avec Oasis…

En 2014, Angela Aquereburu et Jean-Luc Rabatel rencontrent la scénariste Madie Foltek qui leur fait part de son idée. Elle raconte ce premier contact avec « Oasis » : « J’ai tout de suite vu qu’il y avait un potentiel pour pouvoir produire cette série. J’ai vu un potentiel de faisabilité puis un potentiel de succès puisqu’il y avait tout ce qu’il faut pour plaire au public : de l’humour, de la romance, de l’intrigue. C’était vraiment parti pour plaire ! »

Et la série « Oasis » plait !

Oasis, connait déjà un grand succès auprès du public africain, faisant la fierté de tous les acteurs qui y ont contribué. « Je suis très fière quand je regarde Oasis, parce que ce projet m’a été proposé il y a cinq ans et il a beaucoup évolué. […] Aujourd’hui, quand je regarde, quand j’entends la musique, je vois les décors,  la façon dont les comédiens jouent, c’est un sentiment de fierté qui m’anime. Je suis particulièrement fière du jeu des comédiens […] », a reconnu la réalisatrice.

Comme tout chef de projet, Angela espère qu’Oasis aura une longue vie. « Ma vision pour Oasis est de voir cette série dépasser les frontières. J’espère qu’on a lancé un nouveau mouvement parce que quand je regarde la série, c’est ce que j’ai envie de voir, j’ai fait ce que j’aime regarder, j’aime voir de belles choses et je trouve qu’Oasis est beau. J’espère de tout cœur que la série aura une longue vie. »

Oasis saison II, on peut y croire…

L’aventure Oasis est voulue par ses créateurs sur plusieurs saisons. Mais les séquences de cette aventure ne pourraient se faire sans les encouragements du public. « Nous espérons faire une saison II de la série « Oasis », mais pour pouvoir faire une saison II, il faut que le public soit au rendez-vous, et il faille qu’il le montre. Je sais bien que la série est très regardée par contre cela manque de visibilité. Les personnes qui sont à la programmation à Canal+ ont besoin de savoir que la série est aimée et regardée. Et le seul moyen qu’ils ont de le savoir, c’est par les réactions et commentaires qu’ils reçoivent sur Facebook et les autres réseaux sociaux », a expliqué Angela Anquereburu avant de lancer un message au public : « S’il vous plaît, sollicitez « Oasis » sur la page Facebook de Canal+, faites des commentaires positifs. C’est ainsi que nous allons pouvoir travailler sur une saison II de la série ».

Le coup de gueule d’Angela Aquereburu

Angela Aquereburu
Angela Aquereburu

Suite à de nombreux messages plus ou moins déplacés reçus de la part de certaines personnes Angela Aquereburu s’exprime. « Je voudrais adresser un message à tous ceux qui nous contactent en nous disant “oui voilà je suis auteur, j’ai une superbe histoire… Une histoire qui sera mieux qu’Oasis, ou Hospital It”. J’aimerais dire à ces gens que ce n’est pas parce qu’en regardant Hospital It et Oasis, cela parait simple que c’est simple à faire. Le travail que fait toute l’équipe de Yobo Studios est justement de faire croire que c’est simple, faire en sorte que ce soit fluide, faire croire que c’est facile. Mais en fait, ce n’est pas facile […] Il ne suffit pas d’avoir une idée, de la présenter à un producteur et le producteur va tout mettre en place pour cette idée… Non ! Quand on s’adresse à un producteur, on s’adresse de manière professionnelle, avec une bible des personnages,  un synopsis au minimum et quand le producteur manifeste son intérêt, là on va plus loin pour développer les synopsis des autres épisodes et on avance étape par étape. […] On ne claque pas des doigts comme ça et on met une série à la télévision. C’est dur, c’est long et c’est difficile. »

Dans cet univers complexe et difficile qu’est le cinéma dans sa globalité et celui du Togo dans sa particularité, la série « Oasis » fait son bonhomme de chemin vers le succès, c’est la série du moment ! Cette réussite est due au travail acharné qu’a abattu toute l’équipe de Yobo Studios et de chacune des personnes qui ont eu à faire de cette œuvre ce qu’elle est.

Nous espérons que ce chef-d’œuvre du 7e art connaîtra une saison II comme le souhaite toute l’équipe de la série !

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Rédacteur Web et Reporter chez Ocean's News
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