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Burkina Faso : 23 milliards FCFA pour renforcer l’éducation de base

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©️Freepik

Le financement de l’éducation au Burkina Faso vient de passer un cap symbolique. Le 2 avril 2026, le gouvernement a débloqué 23,19 milliards de FCFA pour l’enseignement de base, sans aide extérieure. Dans un pays où plus d’un million d’enfants restent hors des classes à cause de la crise sécuritaire, ce choix budgétaire mérite qu’on en mesure la portée réelle.

Le financement de l’éducation au Burkina Faso a fait l’objet d’une décision directe du conseil des ministres le 2 avril 2026. Le gouvernement a approuvé la passation de marchés publics pour les projets spécifiques 2026 du ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales. 

L’enveloppe totale s’élève à 23,19 milliards de FCFA, intégralement financée par le budget de l’État. Trois axes concentrent cette dépense : le cartable minimum pour chaque élève, la fourniture de manuels scolaires et l’approvisionnement des cantines scolaires.

À la rentrée scolaire 2023-2024, l’UNICEF alertait qu’au moins une école sur quatre, soit 6 149 établissements, restait fermée en raison de l’insécurité. Plus d’un million d’enfants ne pouvaient pas retourner en classe, et plus de 31 000 enseignants étaient concernés. 

Face à cette réalité, le gouvernement a fait un choix clair dans ses arbitrages. Pour 2026, le secteur éducatif reste le premier bénéficiaire du budget de l’État avec 837,52 milliards de FCFA, soit 29,43 % des ressources propres.

L’éducation devance la défense dans les priorités de dépense. Et les 23,19 milliards débloqués en avril s’inscrivent dans cette continuité, avec une particularité : ils sont mobilisés sur fonds propres, sans recours à l’aide internationale.

Financement de l’éducation au Burkina Faso : Trois leviers dont les effets sont documentés

L’approvisionnement des cantines scolaires constitue un outil reconnu pour réduire l’abandon scolaire et améliorer la fréquentation des classes, tandis que la disponibilité de manuels et de fournitures pédagogiques contribue directement à la performance des élèves. 

Les données le confirment. Une étude publiée en 2021 dans Public Health Nutrition, conduite sur 480 élèves en Éthiopie, a montré que les enfants qui bénéficient d’un repas quotidien manquaient deux fois moins les cours et abandonnaient l’école avec un risque six fois inférieur.

Dans les zones rurales burkinabè où les familles n’ont pas toujours les moyens d’assurer deux repas par jour, la cantine n’est pas un avantage, mais la condition qui permet à un enfant de rester en classe.

Selon l’UNESCO, le taux d’achèvement du premier cycle du secondaire ne dépasse pas 41 % pour les filles et 33,6 % pour les garçons au Burkina Faso. Ces chiffres révèlent un décrochage massif après le primaire. Chaque enfant qui quitte prématurément l’école représente une perte de productivité future, un frein à la diversification économique du pays.

Le financement de l’éducation au Burkina Faso n’est donc pas une dépense sociale. C’est un investissement dans le capital humain du pays. Ce que le gouvernement sème dans les cartables et les cantines de 2026, le Burkina le récoltera, ou non, dans sa croissance économique à l’horizon 2035.

La question qui reste ouverte est celle de la continuité. Un décaissement ponctuel, aussi bien ciblé soit-il, ne suffit pas à transformer un système. Ce qui compte désormais, c’est la capacité du gouvernement à maintenir ce niveau d’engagement budgétaire année après année, quelle que soit l’évolution du contexte sécuritaire.

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