À 27 ans, Jean-Wilfried Kemajou dirige depuis Cotonou la stratégie qui redessine l’image du Bénin à l’international. Son travail mêle storytelling culturel et opérations concrètes pour transformer des signes identitaires en atouts économiques. Portrait.
À la tête de la coordination de la marque pays du Bénin, Jean-Wilfried Kemajou travail à redéfinir silencieusement la manière dont un pays peut se raconter et se positionner dans la compétition mondiale des images et des influences.
Son regard est calme, le ton mesuré, presque feutré. Rien ne semble trahir l’ampleur de la mission que Jean-Wilfried Kemajou porte depuis Cotonou. Le jour où il présente la plateforme « Bénin, un Monde de Splendeurs », il parle peu, mais montre beaucoup. Son diaporama alterne portraits d’artisans, cartes historiques et photos de sites méconnus. À la fin de la réunion, plusieurs responsables étrangers lui demandent comment reproduire la démarche dans leurs pays. Cette capacité à traduire une histoire en projet tangible est devenue sa signature.
Né à Douala et formé entre le Cameroun et des environnements professionnels internationaux, Jean-Wilfried Kemajou se destine d’abord à des études classiques. Très tôt, il nourrit une fascination pour les civilisations africaines et l’écriture des récits nationaux. Après des expériences en communication au sein d’agences internationales, il rejoint des initiatives publiques et privées qui l’immergent dans le “nation branding”. Sa formation et ses débuts professionnels expliquent sa manière mesurée, mais stratégique d’aborder la promotion d’un pays.
Jean-Wilfried Kemajou construit des narratifs calibrés pour des publics précis et les met au service d’objectifs économiques. Sous sa coordination, la marque pays du Bénin adopte des dispositifs opérationnels. L’idée est simple et exigeante à la fois. Les archives, le patrimoine immatériel et les acteurs contemporains doivent dialoguer pour générer des projets exportables et attirer des visiteurs. Ce travail s’est matérialisé par des campagnes et des partenariats présentés lors d’événements économiques régionaux.
Sa présence aux côtés d’auteurs locaux et d’acteurs culturels montre la logique d’action. Avec le soutien des initiatives comme la bande dessinée “Tata Adjatchè” ou les “Vodoun Days”, il montre que la promotion d’un pays passe par l’appui aux créateurs et la valorisation d’objets culturels capables de voyager. Ces collaborations servent un double but. Elles renforcent l’identité interne et créent des produits culturels exportables.
Jean-Wilfried Kemajou : la reconnaissance internationale qui transforme une trajectoire
Ce travail de terrain et de communication lui a valu une visibilité qui continu de grandir. Sa présence dans des classements et des publications spécialisées contribue à faire du « cas Bénin » un exemple de nation branding réussi en Afrique de l’Ouest. Cette reconnaissance nourrit les réseaux et facilite l’accès à des financements ou à des partenariats qui rendent possibles des campagnes plus ambitieuses.
Officiellement désigné coordonnateur de la marque pays du Bénin, Jean-Wilfried Kemajou assure désormais le pont entre ministères, agences de promotion et opérateurs privés. Sa fonction exige de traduire des directives politiques en programmes exportables et mesurables. Dans cette position, il gère la communication de grands rendez-vous internationaux et signe des communiqués de presse en tant que contact officiel. C’est un poste où la parole publique se concilie avec l’exécution de projets concrets.
Son approche combine rigueur et modestie relationnelle. Son réseau est européen et africain. Il connaît les codes des agences internationales et parle le langage des institutions. Plutôt que d’imposer une image, il construit des récits partagés, négociés avec les acteurs locaux. Cette méthode explique en partie pourquoi la marque pays prend racine dans des projets visibles et soutenables.
Le défi pour Jean-Wilfried Kemajou est maintenant de transformer la notoriété en retombées économiques mesurables. L’enjeu est de relier la promotion culturelle aux flux touristiques, aux exportations et à l’investissement. Mesurer l’impact réel des campagnes, professionnaliser davantage les filières concernées et créer des produits susceptibles de traverser les frontières sont les chantiers ouverts. Ceux qui travaillent avec lui évoquent une rigueur calme, une capacité d’écoute et une habileté à tisser des alliances. Jean-Wilfried Kemajou préfère les résultats à la fanfare.
Le parcours de Jean-Wilfried Kemajou mérite d’être suivi pour comprendre comment une idée se transforme en levier de développement. Passé l’époque des slogans, la nouvelle école du “nation branding” mise sur l’opérationnel et la co-création.
