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OPay : la fintech nigériane avec 50 millions d’utilisateurs et une ambition continentale

OPay : la fintech nigériane avec 50 millions d’utilisateurs et une ambition continentale

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Six ans après son lancement, la nigériane OPay compte 50 millions d’utilisateurs au Nigéria et traite plus de 12 milliards de dollars de transactions mensuelles. L’entreprise a remporté, jeudi 12 février 2026,  pour la deuxième année consécutive le titre de “Fintech de l’anné” au Leadership Awards Nigeria. 

En 2018, la fintech OPay débarque à Lagos avec la promesse de permettre à des millions de Nigérians non bancarisés de gérer leur argent depuis un smartphone. Six ans plus tard, la plateforme revendique 50 millions d’utilisateurs, 10 millions d’utilisateurs actifs quotidiens, et un volume de transactions qui dépasse 12 milliards de dollars par mois selon les données communiquées par l’entreprise en début d’année 2025. 

Les fondateurs, Zhou Yahui, Geir Ivarsøy et Lars Boilesen, ont misé dès le départ sur un modèle multi-services. La plateforme ne se limite pas aux paiements mobiles. Elle intègre également des transferts bancaires, des prêts, de l’épargne, des paiements de factures et même des services de livraison. Cette stratégie de superapp, inspirée des géants asiatiques comme Grab ou Meituan, a permis à OPay de capter rapidement une base d’utilisateurs large dans un pays où 45 % de la population adulte reste non bancarisée.

Le modèle économique repose sur plusieurs sources de revenus. Les frais de transaction représentent la part principale, appliqués sur les paiements mobiles, les retraits d’espèces et les prêts. À cela s’ajoutent des revenus générés par les services aux commerçants, notamment via un réseau de plus de 563 000 agents répartis dans tout le Nigeria.

OPay a levé au total 570 millions de dollars auprès d’investisseurs comme SoftBank, ce qui a porté sa valorisation à 2,75 milliards de dollars. En mai 2024, l’entreprise a annoncé avoir atteint son premier mois de rentabilité, un signal attendu par les investisseurs après plusieurs années de croissance à perte.

Mais cette expansion fulgurante s’est heurtée à un mur réglementaire. En avril 2024, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a ordonné à OPay, ainsi qu’à trois autres fintechs (Moniepoint, Kuda et PalmPay), de suspendre l’ouverture de nouveaux comptes.

La raison invoquée : des défaillances dans les processus de vérification d’identité clients (KYC). La CBN soupçonne des failles permettant le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Le gel a duré deux mois. Il a été levé en juin 2024, après que la finctech OPay et les autres fintechs ont renforcé leurs procédures de conformité.

L’affaire ne s’est pas arrêtée là. En décembre 2024, plusieurs sources proches du dossier ont révélé que la CBN avait infligé à la fintech OPay une amende de 1 milliard de nairas (environ 630 000 dollars) au deuxième trimestre 2024, toujours pour des manquements réglementaires. OPay a publiquement démenti cette information, qualifiant les accusations de “totalement fausses”. La Banque centrale n’a pas répondu aux demandes de commentaires. Ce silence laisse planer le doute.

OPay : croissance rapide, zones d’ombre persistantes

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Ces tensions avec le régulateur soulèvent une question de fond pour l’ensemble du secteur fintech africain. La croissance rapide des plateformes comme la fintech OPay s’est longtemps déroulée dans une zone grise réglementaire. Les fintechs ont bénéficié d’un environnement permissif qui leur a permis de s’imposer face aux banques traditionnelles.

Mais à mesure que leur poids économique augmente, les autorités resserrent l’étau. La CBN multiplie les audits, les amendes et les suspensions. En 2023, les banques nigérianes ont payé 678 millions de nairas d’amendes. En octobre 2024, dix banques commerciales, dont Zenith et GTBank, ont écopé de 15 milliards de nairas de pénalités cumulées.

L’autre zone d’ombre concerne la rentabilité réelle d’OPay. L’annonce du premier mois de rentabilité en 2024 est un tournant. Mais l’entreprise ne publie aucun détail sur ses marges nettes, son retour sur actifs ou son ratio de liquidité. Les 570 millions de dollars levés depuis 2018 ont servi à financer l’expansion, mais combien de temps faudra-t-il pour que l’entreprise génère un profit net durable ?

Les analystes financiers s’interrogent également sur l’exposition de la fintech OPay aux fluctuations de la monnaie nigériane. La dévaluation du naira en 2024 a directement impacté la rentabilité des opérations locales. Une économie instable, une monnaie volatile et des coûts opérationnels élevés compliquent l’équation.

OPay continue de se développer. L’entreprise a lancé des opérations en Égypte en 2021 et au Pakistan en 2023, avec l’acquisition de la plateforme Finja. Elle vise 1 milliard d’utilisateurs et 10 millions de commerçants d’ici 2031, avec la création de 3 millions d’emplois à la clé selon ses projets.

Mais la question reste entière : un modèle de croissance aussi agressif peut-il se maintenir dans un environnement réglementaire qui se durcit ? Les prochaines décisions de la Banque centrale du Nigeria, et des régulateurs d’autres pays africains, détermineront si OPay peut tenir ses promesses — ou si elle devra ralentir pour survivre.

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