Alors que le déficit en corps gras pèse sur l’économie nationale, l’entreprise Opalm change de dimension. Avec un investissement colossal de 81 millions USD, l’acteur agro-industriel s’apprête à redessiner les contours de la production d’huile de palme au Cameroun, entre modernisation technique et ambition de souveraineté alimentaire.
Le gouvernement camerounais et la société Opalm ont signé, le 22 décembre 2025, deux conventions d’investissement de 45 milliards FCFA. Ce projet industriel massif prévoit la construction de cinq usines pour réduire la dépendance aux importations.
Le Cameroun passe à l’offensive pour stabiliser sa production d’huile de palme. Avec une enveloppe de 81 millions USD, Opalm s’engage à bâtir cinq unités de transformation moderne d’ici cinq ans. Cet investissement arrive à point nommé : le pays accuse un déficit annuel de plus de 160 000 tonnes, pesant lourdement sur la balance commerciale et le prix des produits de grande consommation (savons, huiles de table).
Sous l’impulsion du ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbaïrobe, ce partenariat vise l’import-substitution. Avec transformation locale des noix de palme, Opalm structure une chaîne de valeur qui intègre les petits planteurs villageois. Selon Sika Finance, ce déploiement devrait générer plus de 1 600 emplois directs et dynamiser l’économie rurale des bassins de production.
L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement des raffineurs nationaux et limiter les sorties de devises. En modernisant la transformation locale, Opalm place le Cameroun sur la voie de la souveraineté alimentaire, avec l’ambition de redevenir un leader exportateur au sein de la zone CEMAC.
