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Temie Giwa-Tubosun : 40 000 vies sauvées et une mission qui ne s’arrête pas

Temie Giwa-Tubosun Temie Giwa-Tubosun
Temie Giwa-Tubosun, fondatrice de LifeBank, healthtech nigériane de distribution médicale

Elle a grandi dans le sud-ouest du Nigeria, émigré aux États-Unis à quinze ans, et fondé LifeBank à Lagos en 2016. Temie Giwa-Tubosun a construit en moins d’une décennie la première plateforme de distribution médicale d’urgence d’Afrique de l’Ouest. Depuis son lancement, LifeBank a transporté 155 569 unités de sang et autres produits médicaux, servi 1 200 hôpitaux et sauvé plus de 40 000 vies. 

Temie Giwa-Tubosun accouche aux États-Unis et vit un accouchement difficile. Depuis son lit de convalescence, elle pense aux femmes nigérianes qui traversent la même épreuve sans les infrastructures médicales dont elle dispose. Elle commence à chercher. Ce qu’elle trouve la glace. 

Au Nigeria, des milliers de femmes meurent chaque année en accouchant, non pas parce que les médecins sont absents, mais parce que le sang manque. Ce constat devient l’axe de toute sa vie professionnelle. En 2016, LifeBank ouvre ses portes à Lagos, avec des motos, des données et une promesse.

Temie Giwa-Tubosun grandit à Ibadan, dans un foyer où l’éducation n’est pas un choix, c’est une exigence. En 1995, sa mère gagne le visa américain de la loterie pour la diversité. Ses parents partent pour le Minnesota avec les trois aînés. Temie et ses deux cadets restent au Nigeria chez des proches. Elle les rejoint à quinze ans, en 2001.

À Minneapolis, elle entre au lycée Osseo Senior High School. Elle enchaîne avec un bachelor en sciences politiques à la Minnesota State University, puis un master en administration publique et gestion des systèmes de santé au Middlebury Institute of International Studies, à Monterey, en 2010.

Pendant ses années d’études, elle traverse ce qu’elle appelle ses années sombres. Une crise d’identité d’immigrant, un doute profond sur son appartenance. C’est la biographie de Nelson Mandela, « Un long chemin vers la liberté », qui lui redonne le cap. Elle en retient une seule chose : le devoir envers sa communauté.

Temie Giwa-Tubosun : le choc du terrain, avant l’entreprise

Temie Giwa-Tubosun
Temie Giwa-Tubosun, fondatrice de LifeBank, healthtech nigériane de distribution médicale

En 2009, avant même la fin de son master, Temie Giwa-Tubosun retourne au Nigeria pour un stage à Abuja. C’est sa première visite depuis 2001. Elle y rencontre une adolescente en travail depuis trois jours, dans une ville du nord du pays. L’adolescente survit, mais l’image ne la quitte plus.

Elle part ensuite en fellowship à l’Organisation mondiale de la santé à Genève, puis en Uganda avec le Millennium Villages Project des Nations Unies. Elle accumule des expériences au Département britannique pour le développement international, à l’OMS, au PNUD et auprès du gouvernement de l’État de Lagos. Elle comprend les systèmes. Elle voit aussi leurs limites.

LifeBank démarre en 2016 à Lagos avec une idée simple en apparence. Livrer du sang à n’importe quel hôpital dans sa zone de couverture en moins de 55 minutes, de jour comme de nuit. La réalité est plus complexe. Il faut cartographier les stocks des banques de sang, former des livreurs à moto, gérer une chaîne du froid, convaincre des hôpitaux méfiants vis-à-vis de la technologie.

LifeBank distribue du sang, des concentrés de plaquettes, du plasma, de l’oxygène médical d’urgence et des vaccins. Sa méthode repose sur quatre piliers : la collecte quotidienne de données d’inventaire, la mise en relation avec les hôpitaux, la livraison multimodale par moto, bateau ou drone, et une plateforme en ligne pour recruter des donneurs. LifeBank opère aujourd’hui dans 11 villes au Nigeria, au Kenya et en Éthiopie.

Le Nigeria concentre près de 20 % des décès maternels dans le monde, selon l’OMS. LifeBank attaque ce chiffre par un bout précis : la disponibilité du sang. Mais son impact déborde largement le périmètre obstétrical. Des patients en urgence chirurgicale, des enfants drépanocytaires, des victimes d’accidents — tous dépendent du même système.

Temie Giwa-Tubosun a commencé à imprimer les prénoms de chaque vie sauvée sur des cartes affichées au mur du bureau. Elle dit que les chiffres peuvent sembler théoriques. Les prénoms, eux, ne mentent pas.

Son ambition pour la suite est documentée et précise. Sauver un million de vies en dix ans. Étendre LifeBank à toute l’Afrique, puis à l’Inde, à l’Asie du Sud-Est et à l’Amérique du Sud. Entrer en bourse. Ce n’est pas la trajectoire d’une ONG. C’est la feuille de route d’une entreprise qui a décidé que la santé des Africains est un marché, et que ce marché mérite qu’on le prenne au sérieux.

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