Le secteur de la filière avicole en Côte d’Ivoire échappe de justesse à une pression fiscale importante. Prévue pour le début de l’année 2026, l’application de la TVA sur les intrants alimentaires vient d’être suspendue par les autorités après une levée de boucliers des éleveurs locaux.
La mesure fiscale qui impose une TVA de 18 % sur l’aliment de volaille en Côte d’Ivoire ne s’appliquera pas en ce début de mois de janvier 2026. L’Association des industriels de la filière avicole (INTERAVI) confirme ce report dans un document officiel transmis aux organisations professionnelles le 31 décembre 2025.
Cette décision salvatrice pour la filière avicole en Côte d’Ivoire intervient alors que les producteurs craignaient une explosion des coûts de production. L’aliment représente en effet près de 70 % des charges d’exploitation pour un élevage de poulet. Le gel de cette disposition écarte le risque immédiat d’une flambée du prix de la viande de volaille sur les marchés ivoiriens.
Les acteurs du secteur voient dans ce recul une volonté de protéger la consommation nationale. L’entrée en vigueur de cette taxe figurait initialement dans les prévisions liées à la loi de finances 2026. L’absence de promulgation de l’annexe fiscale à la date prévue justifie techniquement ce blocage administratif.
Les organisations professionnelles telles que l’ANAM-CI accueillent cette nouvelle avec un soulagement manifeste. Elles rappellent que la pérennité de milliers d’emplois dépend directement de la stabilité du prix des sacs d’aliment.
Filière avicole en Côte d’Ivoire : vers une renégociation du cadre fiscal
Le dialogue reste désormais l’unique voie pour harmoniser les ambitions budgétaires de l’État et les réalités du terrain agricole. Des discussions entre le gouvernement et les représentants de l’interprofession doivent débuter dans les prochains jours.
Ces échanges visent un réaménagement durable de la mesure fiscale afin d’éviter de fragiliser les éleveurs face à la concurrence des importations. L’objectif consiste à préserver l’équilibre financier de la filière avicole en Côte d’Ivoire en garantissant un accès abordable aux protéines animales pour les ménages.
Malgré la suspension actuelle, les aviculteurs maintiennent une vigilance sur la suite des événements. La perspective d’une réintroduction ultérieure de la taxe demeure une menace pour les investissements en cours.
Le secteur attend désormais des garanties formelles pour consolider la croissance de la production locale sur le long terme. Une application stricte de la TVA sans mesures d’accompagnement pourrait réduire la compétitivité du poulet ivoirien. Les professionnels espèrent donc une issue favorable lors des futures assises avec le ministère des Finances.
