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NAFAD : l’Afrique adopte à Abidjan sa nouvelle feuille de route financière

NAFAD : l’Afrique adopte à Abidjan sa nouvelle feuille de route financière

NAFAD — Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement NAFAD — Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement
Dr Sidi Ould TAH, Président du Groupe de la Banque africaine de développement, lors de son discours d'ouverture du Dialogue consultatif sur la NAFA, Abidjan, 9 avril 2026. ©️BAD

NAFAD –Le Dialogue consultatif sur la Nouvelle Architecture Financière Africaine a abouti à l’adoption du Consensus d’Abidjan. L’événement, tenu le 9 avril 2026, marque une rupture avec des décennies de fragmentation financière sur le continent. Ce n’est plus une réforme en discussion, mais un chantier en cours d’exécution, avec des instruments, des délais et des institutions responsables.

Jeudi 9 avril 2026. Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, les représentants de l’écosystème financier africain ont adopté le Consensus d’Abidjan et acté la naissance de la NAFAD – Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement. Un cadre continental mis en place pour réorienter 4 000 milliards de dollars d’épargne africaine vers les besoins réels du continent. Le tout sous le haut patronage du président ivoirien Alassane Ouattara, en présence du Premier ministre Robert Beugré Mambé.

L’Afrique ne manque pas d’argent. Elle manque d’un système pour le faire travailler là où il est utile. Selon le rapport Perspectives économiques en Afrique 2024 de la Banque africaine de développement (BAD), le continent accuse un déficit annuel de financement du développement supérieur à 400 milliards de dollars. Ce déficit concerne les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et la transition climatique. 

Dans le même temps, les fonds de pension, fonds souverains, compagnies d’assurance et autres investisseurs institutionnels africains gèrent collectivement près de 4 000 milliards de dollars d’actifs, en grande partie investis en titres d’État ou à l’extérieur du continent.

Le problème n’est donc pas l’absence de ressources. C’est leur orientation erronée. Derrière cette mauvaise orientation, il y a une architecture financière fragmentée. Plus de 30 banques et fonds de développement régionaux coexistent avec des mandats qui se chevauchent, une coordination insuffisante et des marchés de capitaux trop morcelés pour permettre la mise à l’échelle.

NAFAD : de la consultation à l’exécution

Notre rédaction avait annoncé la tenue de ce dialogue le 8 avril dernier. Le dialogue d’Abidjan n’était pas un point de départ. Il s’inscrit dans un processus engagé depuis octobre 2025, au cours duquel la BAD a consulté des groupes institutionnels à travers tout le continent pour construire ce cadre depuis ses fondements.

En février 2026, lors du 39e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, les chefs d’État avaient déjà endossé la NAFA comme levier stratégique d’une nouvelle souveraineté financière africaine. Ils avaient demandé à Dr Sidi Ould TAH, président du Groupe de la BAD, un rapport d’étape d’ici six mois. Le Dialogue du 9 avril s’inscrivait directement dans ce calendrier.

Le passage à l’acte s’est organisé autour de neuf laboratoires thématiques, répartis en trois piliers. Le premier pilier a traité l’architecture du système – infrastructure de marché, gestion des risques, rôles institutionnels. Le deuxième pilier a abordé la mobilisation des capitaux : épargne africaine non orientée, marchés de capitaux peu profonds, prime de risque liée à la perception du continent. 

Le troisième pilier a posé la question du déploiement – financement des PME, préparation de projets bancables, accès à l’économie réelle. Chaque laboratoire avait pour mission de produire un instrument, une plateforme ou un cadre opérationnel. Pas uniquement des recommandations, mais des outils.

NAFAD — Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement
Dr Sidi Ould TAH, Président du Groupe de la Banque africaine de développement, lors de son discours d’ouverture du Dialogue consultatif sur la NAFA, Abidjan, 9 avril 2026. ©️BAD

À l’issue de la journée, le Consensus d’Abidjan a été lu et adopté. Onze engagements collectifs, portés par l’ensemble des institutions présentes : banques centrales, fonds souverains, marchés de capitaux, régulateurs, investisseurs institutionnels.

Parmi ces engagements, la réorientation systématique de l’épargne africaine vers des investissements productifs, le renforcement d’une architecture continentale de partage des risques, l’approfondissement des marchés de capitaux, et le placement de l’emploi des jeunes et de l’autonomisation économique des femmes au cœur du dispositif.

Le cadre change aussi de nom. Il s’appellera désormais NAFAD — avec un D pour Développement. Un ajout symbolique mais structurant qui donne : Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le développement.  Chaque instrument, chaque plateforme, chaque mécanisme devra justifier d’une finalité de développement claire. Création d’emplois, transformation structurelle, bien-être des peuples africains.

Un changement avec du sens 

Pour les économies africaines, les implications sont directes. Un système financier mieux coordonné signifie davantage de financements disponibles pour les infrastructures sans attendre l’aide extérieure. Des PME mieux financées grâce à des plateformes mixtes associant dette, fonds propres et garanties.

Des marchés de capitaux plus profonds, capables d’absorber des émissions en monnaies locales et de refinancer des portefeuilles d’actifs. Et une prime de risque souverain structurellement plus basse, si la NAFAD tient ses promesses en matière de coordination et de perception.

Les États africains paient aujourd’hui en moyenne 300 à 400 points de base de plus que leurs homologues d’autres régions pour accéder aux financements extérieurs. Réduire cet écart, même partiellement, libérerait des dizaines de milliards de dollars par an pour des investissements productifs.

Des opérations pilotes sont attendues dès 2026-2027. Une structure de coordination permanente sera mise en place, avec un cycle annuel d’évaluation et un mécanisme de suivi transparent.

La question qui se pose maintenant est celle de l’exécution. L’Afrique a déjà produit des cadres stratégiques ambitieux. Ce qui manque, historiquement, c’est la capacité à les faire tenir face aux intérêts nationaux divergents, aux agendas institutionnels concurrents et à l’inertie des marchés fragmentés.

Le Consensus d’Abidjan fixe un cadre. Les prochains mois diront si les institutions qui l’ont signé ont aussi la volonté politique et les moyens opérationnels de l’appliquer.

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