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Éthiopie : le pari à 13 milliards de dollars pour conquérir le ciel mondial

Éthiopie : le pari à 13 milliards de dollars pour conquérir le ciel mondial

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En ce début d’année 2026, l’Éthiopie a donné le coup d’envoi d’un chantier qui s’apparente à une véritable déclaration d’indépendance logistique pour l’Afrique. À Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres au sud d’Addis-Abeba, les premières pierres du futur plus grand aéroport d’Afrique ont été posées. Ce projet pharaonique, estimé à près de 13 milliards de dollars, ambitionne de repositionner la corne de l’Afrique comme le centre de gravité des flux aériens entre l’Asie, l’Europe et les Amériques.

L’économie éthiopienne repose depuis une décennie sur une stratégie de « grandes infrastructures » pilotée par l’État. Après le Grand barrage de la Renaissance (GERD), ce nouvel futur plus grand aéroport d’Afrique représente le deuxième pilier de cette vision. Pour Ethiopian Airlines, leader incontesté du ciel africain, cette infrastructure est une nécessité vitale. Avec une flotte qui devrait atteindre 270 appareils d’ici 2035, la compagnie ne pouvait plus se contenter des capacités limitées de Bole, dont le plafond de 25 millions de passagers par an freinait déjà son expansion.

Le nouvel aéroport de Bishoftu pourra accueillir jusqu’à 110 millions de passagers par an à son achèvement prévu pour 2030. À titre de comparaison, cela placerait Addis-Abeba dans la même catégorie que l’aéroport d’Atlanta, l’actuel leader mondial. Sur le plan économique, ce projet est un multiplicateur de croissance. Il prévoit la création d’une « Airport City » qui intégrera des zones franches, des centres logistiques de pointe et des infrastructures hôtelières de luxe.

Grand aéroport d’Afrique : un montage financier audacieux pour un hub intercontinental

Investir 13 milliards de dollars dans un contexte économique mondial volatil est un défi de taille. Le montage financier reflète une diplomatie économique pragmatique. Si Ethiopian Airlines finance environ 30 % du projet sur ses fonds propres, le reste est mobilisé auprès de partenaires internationaux. La Banque africaine de développement (BAD) s’est déjà imposée comme un acteur clé en engageant 500 millions de dollars et en coordonnant une levée de fonds massive de plus de 8 milliards de dollars auprès de prêteurs du Moyen-Orient, d’Europe et de Chine.

Cette infrastructure est également pensée comme le cœur battant de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Avec une capacité cargo visée de près de 4 millions de tonnes par an, l’Éthiopie espère capter une part importante du commerce intra-africain. Le projet inclut d’ailleurs des liaisons ferroviaires à grande vitesse et des autoroutes express pour transformer Bishoftu en une plateforme de transport multimodal unique au monde.

Pendant des décennies, le transit entre l’Afrique et le reste du monde passait par Dubaï, Doha ou Istanbul. Avec la construction de ce méga-hub à une altitude plus basse que celle d’Addis-Abeba, l’Éthiopie s’attaque directement à la suprématie des hubs du Moyen-Orient. Pour le continent, c’est une opportunité historique de relocaliser la valeur ajoutée du transport aérien sur le sol africain.

Le succès de ce futur plus grand aéroport d’Afrique dépendra de la stabilité régionale et de la capacité du pays à maintenir son attractivité auprès des investisseurs. Mais une chose est certaine : avec Bishoftu, l’Éthiopie ne construit pas seulement des pistes d’atterrissage, elle construit le carrefour où se rencontrera l’économie mondiale de demain.

Ce qu’il faut retenir du projet du nouvel aéroport de Bishoftu 

  • Capacité record : Le nouvel aéroport pourra traiter 110 millions de passagers, soit plus de quatre fois la capacité actuelle du hub d’Addis-Abeba.
  • Investissement massif : Un coût de 12,5 à 13 milliards USD, financé par un consortium international mené par la BAD et les fonds propres d’Ethiopian Airlines.
  • Emplacement stratégique : Situé à Bishoftu pour optimiser les performances techniques des avions (altitude réduite) et faciliter la logistique multimodale.
  • Impact continental : Un levier majeur pour la ZLECAf, visant à faire de l’Éthiopie le premier port d’entrée aérien du continent, devant les hubs du Moyen-Orient.
Magazine panafricain

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