Le gouvernement burkinabè a validé la création d’une Académie technologique du Burkina Faso destinée à former une nouvelle génération d’ingénieurs spécialisés dans des domaines stratégiques, dont le nucléaire et l’aéronautique. Ce projet s’inscrit dans une vision de souveraineté éducative et de développement des compétences techniques dans le pays.
Lors du Conseil des ministres du 17 décembre 2025, le gouvernement du Burkina Faso a adopté un rapport qui porte sur la construction de l’Académie technologique du Burkina Faso, un établissement dont l’ambition est de former localement des ingénieurs hautement qualifiés dans des secteurs jugés essentiels pour l’avenir du pays et de la sous‑région.
L’Académie technologique du Burkina Faso, qui sera édifiée sur une superficie d’environ 60 hectares dans la commune rurale de Pabré, doit contribuer à renforcer l’offre éducative nationale en technologies de pointe. Selon le compte rendu officiel, elle offrira des formations en métallurgie, mécanique, énergie, génie civil, chimie, métiers miniers, digital, cybersécurité, télécommunications, ainsi que dans des domaines spécialisés comme le nucléaire et l’aéronautique.
Le projet s’inscrit dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ), portée par le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, qui a souligné la nécessité de faire du Burkina Faso une nation capable de former sur place les compétences dont elle a besoin pour soutenir sa croissance et son développement technologique.
La première phase du projet, financée par le budget national 2025 à hauteur de plus de 37 milliards de francs CFA, couvre les études architecturales et techniques ainsi que la construction des infrastructures de base. Parmi ces infrastructures figurent une administration centrale, des blocs pédagogiques, des amphithéâtres, des laboratoires spécialisés, une bibliothèque, des espaces de vie pour les étudiants et enseignants, une infirmerie, un pôle sportif, des aires de détente et de stationnement.
L’objectif déclaré de l’Académie technologique du Burkina Faso est de répondre au besoin de main‑d’œuvre qualifiée dans des secteurs scientifiques et industriels avancés, en réduisant la dépendance à l’égard des formations à l’étranger. Cette initiative intervient dans un contexte où le Burkina Faso multiplie les partenariats internationaux pour la formation dans les domaines de l’énergie et des technologies de rupture. Par exemple, des accords avec la Fédération de Russie ont déjà permis l’envoi d’étudiants burkinabè pour des formations en sciences du nucléaire, et des programmes pilotes de formation d’ingénieurs sont en cours de développement dans le cadre de coopérations internationales.
Pour de nombreux observateurs, cette Académie représente une double ambition : renforcer le capital humain national et accompagner des projets structurants, notamment dans les secteurs énergétique, aéronautique et industriel. Elle devrait également favoriser l’implantation de la recherche appliquée et contribuer à la transformation technologique du pays et de l’ensemble de la sous‑région sahélienne.
