Le gouvernement ivoirien passe à l’offensive pour protéger son « or brun ». Le ministre d’État chargé de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani, a annoncé, le 20 janvier 2026, une mesure d’envergure : le rachat des stocks de cacao en Côte d’Ivoire à hauteur de 123 000 tonnes.
L’État ivoirien a décidé d’intervenir sur le marché du cacao. Le 20 janvier 2026 à Abidjan, le gouvernement a annoncé le rachat de 123 000 tonnes de cacao auprès des producteurs, confrontés à une accumulation inhabituelle de stocks. L’information a été rendue publique par le ministre d’État chargé de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani. L’objectif est de désengorger le marché et préserver les revenus des planteurs.
La campagne principale 2025-2026 traverse une zone de turbulences. Depuis septembre 2025, le ralentissement des enlèvements de fèves a provoqué une accumulation inquiétante dans les zones de production. Des volumes importants de fèves restent stockés dans les zones de production. Les producteurs sont payés avec retard. Les acheteurs privés se montrent plus prudents. La baisse des cours internationaux observée depuis septembre 2025 a pesé sur les transactions.
Le rachat des stocks de cacao en Côte d’Ivoire devient ainsi une nécessité absolue pour éviter une paralysie totale. Il repose sur le prix bord champ fixé à 2 800 FCFA le kilogramme. Malgré la volatilité du marché international, l’État maintient son engagement envers les producteurs. Le mécanisme de rachat des stocks de cacao en Côte d’Ivoire s’effectue sur la base du prix bord champ fixé à 2 800 FCFA le kilogramme.
Ce prix avait été arrêté en amont de la campagne, dans le cadre des ventes anticipées organisées par le Conseil du Café-Cacao. Grâce au système de ventes anticipées du Conseil du Café-Cacao (CCC), plus de 85 % de la récolte était déjà couverte à ce tarif. Avec l’intervention des autorités, l’État, joue son rôle de bouclier social et économique et accepte de supporter les risques financiers pour garantir la stabilité des revenus agricoles.
Rachat des stocks de cacao en Côte d’Ivoire : quels enjeux pour l’économie ivoirienne ?

L’accumulation des stocks s’explique par plusieurs facteurs. La chute des prix internationaux a réduit l’appétit de certains acheteurs. Des contraintes logistiques ont également été observées dans les circuits de collecte et d’exportation. Résultat. Les fèves restent chez les producteurs plus longtemps que prévu. La trésorerie se tend dans les zones rurales.
Face à cette situation, l’intervention de l’État a été jugée nécessaire. Des opérateurs nationaux ont été mobilisés pour procéder à l’enlèvement des stocks rachetés. Les fèves doivent ensuite être réinjectées dans les circuits classiques de transformation ou d’exportation. Le mécanisme a été présenté comme temporaire, mais adaptable en fonction de l’évolution de la campagne.
Sur le plan économique, la mesure vise à rétablir la liquidité dans la filière. Le cacao reste un pilier de l’économie ivoirienne. Il contribue de manière significative aux recettes d’exportation et aux revenus de millions de ménages ruraux. Une paralysie prolongée du marché aurait des effets directs sur la consommation, l’endettement des producteurs et la stabilité sociale.
Le rachat des stocks de cacao en Côte d’Ivoire soulève aussi la question de la soutenabilité financière du modèle. Avec le maintient d’un prix élevé dans un contexte de repli des cours mondiaux, l’État accepte de jouer un rôle d’amortisseur. Cette stratégie protège les producteurs, mais elle expose aussi la filière à des tensions budgétaires si les déséquilibres se prolongent.
À l’échelle internationale, la situation ivoirienne reflète un marché du cacao devenu plus volatil. Après une période de prix historiquement élevés, le retournement observé depuis la fin de 2025 a surpris de nombreux acteurs. Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, l’enjeu consiste désormais à concilier stabilité des revenus agricoles et adaptation aux cycles du marché mondial.
Derrière l’annonce du rachat des stocks, c’est donc une gestion fine de la filière cacao en Côte d’Ivoire qui se joue. L’État intervient pour corriger un blocage ponctuel, sans remettre en cause l’architecture globale du système. Un exercice d’équilibre, au cœur des arbitrages économiques du pays.
