Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
AethexAI : la startup mise sur l’IA pour transformer les appels téléphoniques en Afrique
Paulin Basinga : le chercheur rwandais devenu visage de la Fondation Gates en Afrique

Paulin Basinga : le chercheur rwandais devenu visage de la Fondation Gates en Afrique

Paulin Basinga Paulin Basinga
Paulin Basinga, portrait de la semaine n°77

Médecin de formation, docteur de Tulane University, chercheur à l’Université nationale du Rwanda avant de rejoindre la Fondation Gates en 2012, Paulin Basinga est depuis mars 2024 le directeur Afrique de la Bill & Melinda Gates Foundation, basée à Nairobi. Derrière ce titre, douze ans de présence dans les systèmes de santé africains et une vision qui tranche avec le discours philanthropique classique. Portrait.

C’est une image qu’il a racontée plusieurs fois. Celle d’un enfant qui grandissait au Rwanda dans les années 1980, dans un pays où les centres de santé manquaient de tout. Ce Rwanda-là, celui d’avant, a forgé chez lui une certitude qui ne l’a plus jamais quitté : la médecine clinique ne suffit pas. Ce qui tue, en Afrique, ce n’est pas seulement l’absence de médecins. C’est l’absence de politiques de santé qui fonctionnent à grande échelle.

C’est cette conviction, posée tôt, dans un pays en reconstruction, qui a conduit Paulin Basinga à quitter Kigali pour La Nouvelle-Orléans, à décrocher un doctorat en développement international à Tulane University, puis à rejoindre la Fondation Gates en 2012. Non pas pour distribuer des financements depuis un bureau climatisé, mais pour comprendre de l’intérieur comment les systèmes de santé africains se construisent, s’effondrent ou résistent.

Paulin Basinga a grandi au Rwanda, dans un pays qui portait encore les cicatrices d’une histoire violente et qui allait devenir, en l’espace de deux décennies, l’un des modèles mondiaux de réforme du système de santé. Il a obtenu son diplôme de médecine à l’Université nationale du Rwanda, dans ce contexte de reconstruction qui a profondément marqué sa lecture des systèmes de santé publique. Ce n’est pas un médecin qui a choisi la recherche pour fuir le terrain, mais un praticien qui a décidé que comprendre les mécanismes des politiques de santé était le levier le plus puissant pour changer les choses à grande échelle.

Après sa formation médicale, Paulin Basinga obtient un master et un doctorat en développement international à l’Université Tulane, à La Nouvelle-Orléans. Tulane est l’une des universités américaines les plus réputées dans les domaines de la santé publique tropicale et du développement international. Ce double ancrage forge un profil hybride que peu de professionnels africains de sa génération possèdent.

Avant de rejoindre la Fondation Gates, Paulin Basinga était directeur adjoint en charge de la Recherche et des Consultances à l’École de santé publique de l’Université nationale du Rwanda. C’est depuis ce poste qu’il conduit, avec la Banque mondiale, l’une des premières évaluations rigoureuses des programmes « Pay for Performance » dans les pays à faible revenu, une étude sur le Rwanda qui fera référence dans les débats sur l’efficacité des systèmes de santé primaires en Afrique.

Paulin Basinga, douze ans à l’intérieur de la machine

Paulin Basinga
Paulin Basinga, directeur Afrique de la Bill & Melinda Gates Foundation ©️Gates Foundation

Il rejoint la Fondation Gates en 2012 comme senior program officer au sein de l’équipe VIH, où il travaille sur l’initiative d’efficacité et d’efficience dans la lutte contre le VIH/SIDA. Il intègre ensuite l’équipe Integrated Delivery comme senior program officer, et supervise les investissements en santé communautaire et infantile, avant de devenir directeur adjoint de l’équipe Country Primary Health Initiative, axée sur l’Éthiopie, le Nigeria, le Sénégal et la Tanzanie.

En 2015, il est détaché au Rwanda pour servir de conseiller senior au Rwanda Biomedical Centre au sein du ministère de la Santé. Il apporte un soutien décisionnel aux réformes du secteur sanitaire. Ce retour au Rwanda n’est pas anodin. Il permet à un homme formé dans les institutions internationales de mettre ses outils au service du système de santé de son propre pays, à un moment clé de son développement. 

Il prend ensuite la direction du bureau pays de la Fondation Gates au Nigeria, où il revitalise des partenariats stratégiques et aligne les priorités de la fondation : santé, nutrition, agriculture, genre, inclusion financière, avec la stratégie nationale de développement du capital humain du gouvernement nigérian. Le Nigeria est le marché le plus complexe du continent pour toute organisation internationale. Piloter les opérations d’une fondation de cette envergure depuis Abuja exige une lecture fine des dynamiques politiques locales autant que des enjeux programmatiques. 

Il sert ensuite comme directeur mondial de la communication et du plaidoyer politique, depuis Seattle, avant de revenir en Afrique dans son rôle actuel. En mars 2024, Chris Elias, président du développement global de la Fondation Gates, annonce la nomination de Paulin Basinga comme directeur Afrique, douze ans après son entrée dans l’institution. Il prend ses fonctions à Nairobi, dans un bureau que la fondation vient d’ouvrir pour ancrer ses opérations au plus près des réalités africaines.

De nouveaux bureaux ont également été ouverts au Sénégal pour couvrir les trois principales régions africaines et créer des hubs sous-régionaux. « Nous avons appris avec le temps que la proximité avec les décideurs et les communautés locales fait une différence significative dans la mise à l’échelle de solutions durables », a expliqué Paulin Basinga.

Sa vision rompt avec le discours philanthropique habituel. Il pose aussi la question que peu d’acteurs philanthropiques osent formuler publiquement : « Comment faire en sorte que les gouvernements et les institutions locales soutiennent ces efforts lorsque la philanthropie se retire ? »Sur la santé, sa priorité est de renforcer la chaîne de valeur vaccinale africaine, des essais cliniques à la production locale, en soutenant des fabricants comme Revital au Kenya et l’Institut Pasteur à Dakar.

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Article précédent
IA vocale en Afrique

AethexAI : la startup mise sur l’IA pour transformer les appels téléphoniques en Afrique

Publicité