Malgré un contexte sécuritaire complexe, l’économie du Burkina Faso affiche une résilience spectaculaire avec une croissance attendue à plus de 6 %. Au cœur de ce dynamisme, 4 hommes d’affaires burkinabè ont bâti des empires transfrontaliers et font figure de moteurs incontournables du pays. Classement.
La croissance économique du Burkina Faso a été évaluée à environ 6,5 % en 2025, contre 4,8 % en 2024, un rebond notable malgré la crise sécuritaire persistante, porté par le secteur minier, la production céréalière et un secteur privé qui refuse de s’arrêter. Au cœur de cette résilience, des hommes d’affaires burkinabè ont construit des empires qui dépassent largement les frontières du pays.
Infrastructures, banque, finance, télécommunications, investissement continental : Ocean’s News dresse le portrait de ceux qui dynamisent l’économie du Burkina Faso en 2026. Ce classement repose sur quatre critères combinés, notamment la taille de l’empire économique (chiffre d’affaires, actifs, nombre d’employés), le rayonnement régional (présence dans plusieurs pays), l’impact structurel sur l’économie burkinabè (secteurs stratégiques, création d’emplois, investissements) et l’actualité documentée 2025-2026.
Les fortunes citées sont des estimations qui proviennent de sources croisées. Les sources mobilisées incluent Jeune Afrique, Billionaires.Africa, Financial Afrik, les communiqués officiels des groupes concernés et la presse économique régionale spécialisée.
Classement des hommes d’affaires burkinabè les plus puissants du pays (TOP 4 2026)
- 1. Mahamadou Bonkoungou, Fondateur et PDG du Groupe EBOMAF

Mahamadou Bonkoungou est l’homme d’affaires burkinabè le plus puissant en 2026. EBOMAF a accumulé plus de 3 milliards de dollars de contrats d’infrastructure en Afrique de l’Ouest et centrale sur une décennie, selon Billionaires.Africa. Sa fortune personnelle est estimée à environ 550 millions de dollars par d’autres sources spécialisées.
Né le 23 mai 1966 à Dédougou, il effectue sa scolarité entre Dédougou, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou avant d’obtenir son baccalauréat. Il se lance ensuite dans le commerce avant de fonder EBOMAF le 6 septembre 1989 à l’âge de 23 ans.
Trente-six ans plus tard, EBOMAF est un conglomérat présent dans plus d’une vingtaine de pays à travers l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, mais aussi en Europe et en Asie. Le groupe intervient dans le BTP, les assurances, la banque, l’aviation, l’hôtellerie, la logistique, l’industrie et la santé. Il emploie plus de 20 000 personnes dans divers secteurs d’activités.
En mars 2024, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a posé la première pierre de l’aéroport international d’Andem au Gabon, un projet de 220 milliards de FCFA (370 millions de dollars), dont EBOMAF assure la construction. En 2025, Financial Afrik le désigne Personnalité économique de l’année, après qu’il a offert plus de 2,8 millions de dollars en aide humanitaire aux déplacés internes du Burkina Faso.
En mars 2026, l’homme d’affaires burkinabè assiste à Bordeaux au dévoilement du Falcon 10X de Dassault Aviation. Le constructeur lui réserve une place au premier rang, aux côtés de ses clients les plus importants.
- 2. Idrissa Nassa, Fondateur et PDG de Coris Bank International

Idrissa Nassa est le banquier burkinabè le plus influent d’Afrique de l’Ouest. Parti d’un capital initial de 3 millions de dollars, il a transformé une institution financière en difficulté en un groupe qui gère aujourd’hui plus de 9 milliards de dollars d’actifs dans plus de dix pays, dont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo, le Bénin, le Mali, la Guinée, le Tchad, le Niger et la Guinée-Bissau.
Né dans une famille d’entrepreneurs, il débute en 1984 dans le négoce international. En 2001, il investit dans la Financière du Burkina (FIB), un établissement en pleine crise institutionnelle. En cinq ans, il la redresse et la hisse à la première place des établissements financiers du pays.
En 2007, il entame sa transformation en banque de plein exercice. Coris Bank International naît en 2008 et se positionne dès son troisième exercice à la deuxième place du secteur bancaire burkinabè, devant des filiales de banques internationales implantées depuis plus de 30 ans.
En 2025, Coris Bank International Burkina Faso, consolidée avec sa succursale au Niger, affiche un total bilan de 2 997 milliards de FCFA en progression de 11,7 %. Les ressources clientèle atteignent 2 015 milliards de FCFA (+14,7 %) et les financements nets 1 327 milliards de FCFA (+5,4 %). Au premier semestre 2025, la banque affiche un bénéfice net de 33,75 milliards de FCFA (environ 59,9 millions de dollars), avec un produit net bancaire en hausse de 8,8 % à 65,1 milliards de FCFA.
En octobre 2025, Coris Holding lève 115,7 millions de dollars auprès de Mediterrania Capital Partners et d’un consortium d’institutions européennes de financement du développement (FMO, British International Investment et BIO) pour accélérer l’accès bancaire en Afrique. En juin 2026, Coris Holding sécurise encore 86,7 millions de dollars auprès de la Banque ouest-africaine de développement (BIDC) pour renforcer le crédit aux PME dans la zone UEMOA.
Le 3 avril 2026, Coris Bank inaugure son nouveau siège de 14 étages à Ouagadougou. Idrissa Nassa préside aujourd’hui la Confédération générale des entreprises du Burkina Faso (COGEF).
- 3. Inoussa Kanazoé, Fondateur et PDG de Cim Metal Group

Inoussa Kanazoé est le grand industriel burkinabè de sa génération. Son aventure entrepreneuriale commence le 4 janvier 1987, de retour de Côte d’Ivoire, avec la modique somme de 150 000 FCFA économisés. Vendeur de tissus au départ, il se lance dans le négoce international à travers l’importation du sucre, du riz et du ciment.
Aujourd’hui à la tête de Cim Metal Group, il dispose de plus de cinq cimenteries fonctionnelles dans plusieurs pays : CIMFASO et CIMASSO au Burkina, CimIvoire en Côte d’Ivoire, CIMCO au Togo et CimMali au Mali. Il gère également une fonderie de fer à Ouagadougou et une flotte de plus d’un millier de camions à travers Kanis Logistic.
Son groupe emploie directement plus de 5 000 personnes et génère plus de 16 500 emplois indirects. En septembre 2025, CIMASSO est désignée Meilleur chargeur des entreprises de la sous-région lors du 75e anniversaire du Port Autonome d’Abidjan.
En 2023, il fonde Soleil Resources International, société minière qui a acquis la mine d’or Youga auprès d’Avesoro en 2024. En avril 2025, la société annonce un accord de 130 millions de dollars pour acquérir les actifs miniers de Fortuna Mining au Burkina Faso, incluant la mine d’or Yaramoko. En mai 2025, le président du Faso le distingue Commandeur de l’ordre de l’Étalon pour son engagement en faveur de l’éducation et du développement.
- 4. Simon Tiemtoré, Fondateur de Lilium Capital et Président de Vista Bank Group

Simon Tiemtoré est l’homme d’affaires burkinabè le plus international de ce classement. Né en janvier 1974, il étudie le droit au Burkina Faso, puis à l’American University et à la New York University School of Law. Il est ensuite avocat fiscaliste chez Staden Harps à New York, puis avocat d’affaires chez PwC, puis chez Morgan Stanley. En 2012, il rejoint la Banque africaine d’import-export au Caire.
Avec son associé Didier Nkieré, il crée Lilium Capital. Il rachète en 2015 la banque gambienne First International Banking Group, rebaptisée Vista Bank Group. En 2020, il acquiert les filiales burkinabè et guinéenne de BNP Paribas.
En 2023, Lilium Capital annonce un deal de 300 millions de dollars pour l’acquisition de deux mines d’or au Burkina Faso auprès d’Endeavour Mining, une opération historique pour l’investissement africain dans le secteur minier. Ce dossier s’est ensuite compliqué, le gouvernement burkinabè ayant récupéré les actifs suite à un règlement à mi-2024.
En 2026, Coris Holding et Vista Bank négocient conjointement une facilité de 45 millions de dollars pour le crédit aux PME au Sénégal, un signe que les deux acteurs burkinabè de la finance internationale choisissent parfois la coopération plutôt que la compétition.
En juin 2026, Vista Bank Group a bouclé une levée de fonds de 126 millions de dollars, soit environ 81 milliards FCFA, auprès d’un consortium de banques internationales. L’opération, pilotée par la britannique Crown Agents Bank, est le premier prêt syndiqué lié au commerce annoncé publiquement en 2026 par un établissement financier africain.
L’économie burkinabè en croissance
La croissance du PIB du Burkina Faso devrait atteindre 6,1 % en 2026 selon la Banque mondiale, sous l’hypothèse d’une amélioration continue de la sécurité, d’une pluviométrie favorable, et d’un environnement politique stable.
Ces cinq hommes d’affaires témoignent de la solidité du secteur privé burkinabè face aux difficultés. Leurs parcours présentent un point commun. Aucun n’a été formé dans une grande école de commerce.
Mahamadou Bonkoungou a son baccalauréat. Idrissa Nassa a commencé dans le négoce. Simon Tiemtoré s’est formé en droit avant de basculer dans la finance. Oumarou Kanazoé a construit par l’expérience du terrain. Ce sont des entrepreneurs de conviction, pas de diplôme. Et leur succès collectif montre que le capital humain du Burkina Faso est son ressort le plus solide.
