En août 2026, David Fofana rachète, à travers sa holding Mayelia Participations, le centre commercial Cosmos Yopougon pour environ 10,5 milliards de FCFA. L’opération suit de quinze mois la reprise de 100 % de la SICTA, qui a mis fin à un monopole vieux de plusieurs décennies dans le contrôle technique automobile ivoirien. L’entrepreneur et homme d’affaires ivoirien dirige aujourd’hui un groupe qui emploie environ 700 personnes en Côte d’Ivoire et en Guinée. Portrait.
22 novembre 2018. Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly inaugure à Yopougon un centre commercial flambant neuf de 14 000 mètres carrés, construit par le promoteur HC Capital Properties. Personne, ce jour-là, ne prête attention à un jeune chef d’entreprise qui, à quelques kilomètres de là, boucle tout juste l’agrément d’une société de contrôle technique automobile.
Huit ans plus tard, en août 2026, c’est ce même homme, David Fofana, qui rachète Cosmos Yopougon. Sa holding, Mayelia Participations, verse environ 10,5 milliards de FCFA au vendeur historique, Emergence Plaza Limited, pour prendre possession de l’un des plus grands centres commerciaux du pays.
David Fofana, du transport lagunaire à l’entrepreneuriat

L’histoire de David Fofana commence loin des centres commerciaux, sur l’eau. Né en 1979 à Abidjan, diplômé en management des transports multimodaux, il part se former à l’étranger, un stage à la Sitarail-Bolloré en Côte d’Ivoire, un autre au port d’Anvers en Belgique et un troisième chez Transport for London au Royaume-Uni.
En 2005, il rentre au pays et intègre la SOTRA, l’opérateur historique du transport urbain abidjanais, alors engagé dans une restructuration. Le Directeur général de l’époque, Philippe Attey, devient son mentor. Deux ans plus tard, en 2007, on lui confie un projet à part, développer le transport lagunaire, cette flotte de bateaux-bus censée désengorger une ville où les embouteillages dévorent déjà les heures de travail. C’est là, entre bilans d’exploitation et lignes de navigation, que David Fofana apprend à lire un secteur avant de le transformer.
Onze ans plus tard, en 2018, il saute le pas. David Fofana fonde Mayelia Automotive. L’agrément de l’État ivoirien tombe, les activités opérationnelles de contrôle technique automobile démarrent en 2020, portées par l’ambition de mettre fin à un monopole installé depuis des décennies.
L’année suivante, en 2019, il rachète CIERIA, une entreprise informatique basée au VITIB, et en fait un pôle technologique dédié à la mobilité. Tout se structure alors sous une holding unique, Mayelia Participations, avec quatre pôles dès l’origine, la technologie, le maritime, l’immobilier et le contrôle technique.
Le rachat d’un centre commercial, des années plus tard, ne sortira donc pas de nulle part. Il prolongera un pôle immobilier déjà inscrit dans les statuts du groupe.
La fin d’un monopole et l’entrée dans la grande distribution

La première alerte arrive en avril 2025. Mayelia Participations rachète 100 % de SICTA, la Société ivoirienne de contrôle technique automobile, jusque-là filiale du groupe suisse SGS et détentrice d’environ 60 % du marché ivoirien. L’opération se finance auprès de banques ivoiriennes.
David Fofana la présente comme une porte ouverte pour d’autres entrepreneurs locaux, dans un secteur que chaque automobiliste du pays est obligé de fréquenter, mais qu’un acteur étranger dominait depuis des décennies. La SICTA, Mayelia Automotive et Mayelia Automotive Guinée comptent désormais, ensemble, environ 700 salariés.
Quinze mois plus tard, le rachat de Cosmos Yopougon referme la boucle ouverte à la SOTRA. David Fofana ne construit pas un nouveau centre commercial, il en reprend un déjà debout, fréquenté chaque année par environ 3,6 millions de visiteurs, dans une commune de plus de deux millions d’habitants.
Mayelia Participations n’a pas nécessairement vocation à exploiter elle-même chaque enseigne installée sur le site. Elle en devient propriétaire, et se positionne ainsi face aux poids lourds de la distribution ivoirienne, Prosuma, CDCI et Carrefour.
Le slogan du groupe, « 50 ans d’expérience, 5 ans d’audace », résume à lui seul la méthode. Depuis 2018, David Fofana ne crée pas systématiquement, il rachète, secteur après secteur, des actifs déjà en place. C’est un art dont il a le secret.
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