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Marcelle Mabiala, le métier des équilibres

Marcelle Mabiala Marcelle Mabiala
Marcelle Mabiala, directrice générale adjointe de L’Archer Securities ©️L’Archer

Près d’un an après sa nomination à la direction générale adjointe de L’Archer Securities, Marcelle Mabiala expose sa méthode pour élargir le financement des entreprises d’Afrique centrale. Son parcours, construit dans la gestion du bilan d’une banque, explique la place qu’elle accorde à la préparation.

Depuis le 1er novembre 2026, les placements privés de la zone UMAC ne connaissent plus de limite de montant. La réforme, proposée par la COSUMAF, change l’échelle des opérations possibles. Au Congo, Marcelle Mabiala mise sur un autre levier que la taille des chèques, la qualité des dossiers.

Avant la bourse, Marcelle Mabiala a été responsable de la gestion actif-passif chez UBA Congo. Ce métier, que la profession appelle ALM, demande une lecture permanente de la trésorerie, des risques et des équilibres financiers d’un établissement. Elle en est devenue une spécialiste reconnue.

Titulaire de l’agrément de la COSUMAF, l’autorité de régulation du marché financier de la CEMAC, Marcelle Mabiala est nommée Directrice Générale Adjointe de L’Archer Securities. À l’annonce fin novembre 2025, elle dit mesurer « également pleinement la symbolique de cette nomination » et espère qu’elle « encouragera d’autres talents féminins à prendre leur place ».

La société fait partie du groupe L’Archer, fondé par Gilles Tchamba, lui aussi passé par UBA Congo, où il dirigeait la trésorerie. Le groupe naît fin 2020 et devient opérationnel en 2021. Au premier trimestre 2026, L’Archer Securities indique avoir réalisé 181 des 638 transactions enregistrées sur le marché, ce qui la place première en nombre d’opérations sur la période.

Marcelle Mabiala et l’ambition de rapprocher entreprises et investisseurs

« Notre ambition est de rapprocher durablement les entreprises et les investisseurs », explique-t-elle dans un entretien accordé à Siki Finance le 3 novembre 2026. Sa thèse tient en une idée. Le marché financier complète le crédit bancaire, avec des fonds propres ou de la dette, y compris pour les PME et PMI.

Le chemin passe par la préparation. Information financière fiable, gouvernance, projet structuré, voilà ce qu’une entreprise doit réunir avant de choisir entre introduction en bourse, émission obligataire et placement privé. « Notre rôle consiste à expliquer les exigences du marché et à préparer l’entreprise à les intégrer », dit-elle. Le travail va du diagnostic à la présentation aux investisseurs, puis au suivi dans la durée.

Elle regarde aussi l’autre rive. Les investisseurs doivent disposer d’une information claire sur le rendement, les risques, la durée et la revente. Pour la BVMAC, les priorités sont de diversifier les émetteurs, d’élargir la base d’investisseurs et de renforcer la liquidité du marché secondaire.

Cette préparation vise aussi les jeunes pousses. L’Archer Securities co-finance l’incubateur Bantulab, avec la fondation BantuHub. Sa première lauréate, YANO, est une fintech congolaise. « Nous voulons contribuer à un marché plus profond et plus accessible », dit Marcelle Mabiala. Le plafond des placements privés a disparu. Reste le dossier, et c’est là qu’elle place son travail.

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