Réuni le 26 juin 2026 à Lomé sous la présidence de Serge Ekué, le Conseil d’administration de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a approuvé un financement de 20 milliards FCFA destiné à la première phase de construction du Port Sec de Ouagadougou (PSMO). Implantée à Tanghin-Dassouri, à 25 kilomètres de la capitale burkinabè, cette infrastructure doit moderniser le traitement des marchandises à l’importation comme à l’exportation.
20 milliards FCFA, c’est le montant que la BOAD a approuvé le 26 juin 2026 pour financer la première phase du port sec de Ouagadougou, un projet porté par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso. La plateforme, prévue sur 356 hectares dans la commune de Tanghin-Dassouri, doit à terme représenter un investissement supérieur à 150 milliards FCFA.
Un port sec remplit les mêmes fonctions qu’un port maritime : réception, stockage, dédouanement et redistribution des marchandises, sans façade côtière. Son caractère multimodal lui permet de connecter plusieurs modes de transport sur un même site, une marchandise pouvant arriver par train, être stockée, puis repartir par camion.
Cette décision entre dans la 151ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration de la BOAD, qui a validé onze nouvelles opérations pour un montant global de 344,577 milliards FCFA. Ce volume porte à 10 834,1 milliards FCFA le total des financements accordés par l’institution depuis sa création en 1973. Parmi les autres opérations approuvées lors de cette session figurent un appui de 50 milliards FCFA à Air Côte d’Ivoire pour l’acquisition de quatre Airbus A319, et un financement de 45 milliards FCFA pour l’extension de la centrale thermique de Komsilga, au Burkina Faso.
Port sec à Ouagadougou : un plan à 150 milliards FCFA à Tanghin-Dassouri pour désenclaver et moderniser le commerce burkinabè
Le projet Port Sec Multimodal de Ouagadougou (PSMO) répond à un objectif de désenclavement commercial. Pays sans accès à la mer, le Burkina Faso dépend des corridors logistiques qui relient ses voisins côtiers pour ses échanges internationaux. Un port sec permet de centraliser les opérations douanières et de stockage à l’intérieur des terres, réduisant la congestion aux frontières et les délais de traitement des marchandises.
Le Burkina Faso n’est pas un nouveau venu dans ce type d’infrastructure. Le pays dispose déjà, à Bobo-Dioulasso, du port sec Boborinter, plateforme entrée en exploitation en janvier 2010 et depuis étendue à 40 hectares. Le projet de Tanghin-Dassouri change néanmoins d’échelle, avec une superficie projetée de 356 hectares et un coût total qui dépasse sept fois celui de la première phase financée par la BOAD.
Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement régional plus large. Des ports secs ont vu le jour au Bénin en 2019, au Togo en 2021 et au Nigeria en 2023. La Côte d’Ivoire a lancé son propre projet à Ferkessédougou, dans le nord du pays, dont la première pierre a été posée en mai 2021 sur un site de 732 hectares, pour fluidifier les échanges avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Ce chantier accuse cependant un retard significatif, avec un taux de réalisation de seulement 28 % début avril 2026, et une mise en service repoussée à 2028, contre 2024 initialement. C’est précisément ce risque d’enlisement que le financement de la BOAD cherche à éviter pour le projet burkinabè.
La première phase, désormais financée, doit poser les bases d’une infrastructure dont le coût final dépassera largement l’enveloppe actuelle. Reste à savoir si le Burkina Faso parviendra à tenir un calendrier que d’autres projets similaires dans la sous-région peinent à respecter.