Coris Holding consolide son rôle d’intermédiaire régional grâce à un nouveau financement de la BIDC, destiné à l’agriculture, à l’énergie et à l’alimentation.
La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) et Coris Holding ont signé un accord de financement de 80 millions d’euros, soit environ 93,6 millions de dollars, approuvé le 16 juin 2026 lors de la 98e session ordinaire du conseil d’administration de la BIDC, et officialisé début août 2026.
Cette enveloppe s’inscrit dans un ensemble plus large de financements de 75 millions de dollars et 105 millions d’euros approuvés le même jour par l’institution. Les fonds seront intégralement dirigés vers les filières agricoles, énergétiques et alimentaires, à l’exclusion de tout crédit à la consommation pour les particuliers.
En passant par les différentes filiales du groupe bancaire, ce financement de la BIDC à Coris Holding va aider en priorité les petites et moyennes entreprises d’Afrique de l’Ouest. C’est une réponse concrète à un problème très grave dans la région, où la BIDC estime à 49,5 millions le nombre de personnes touchées par la crise alimentaire, et où les prix de certains produits ont doublé par rapport à leur moyenne des cinq dernières années.
Le président de la BIDC, George Agyekum Donkor, a précisé que ce partenariat montre une confiance forte entre les institutions bancaires africaines. Selon lui, le projet permet de donner du crédit à long terme aux petites entreprises, de créer des emplois et de soutenir l’intégration entre les pays.
Le représentant de Coris Holding, Ouattara, a indiqué de son côté que cet accord marque une étape importante dans l’ambition du groupe de renforcer sa contribution au financement des économies ouest-africaines, cette ligne de crédit devant permettre aux filiales d’aider les entreprises créatrices de valeur.
Financement de la BIDC à Coris Holding, un deuxième prêt de poids pour combler le manque de crédit
Ce nouveau financement de la BIDC à Coris Holding n’est pas le premier. En janvier 2024, la BIDC avait déjà accordé une facilité de 70 millions d’euros au groupe pour les entreprises de transformation et de distribution d’aliments au Togo, au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Au total, le financement de la BIDC à Coris Holding atteint désormais 150 millions d’euros, soit environ 175,5 millions de dollars, en deux prêts, ce qui fait de Coris l’un des principaux bénéficiaires privés des fonds de la BIDC. Ce type de crédit résout un problème précis : les PME agricoles régionales sont trop petites pour obtenir des capitaux auprès des bailleurs internationaux, mais réclament trop d’argent pour les banques commerciales locales. L’opération suit le plan stratégique GRO 2026-2030 de la BIDC.
Une implantation qui s’étend vers l’Afrique centrale
Né au Burkina Faso, pays de 23 millions d’habitants, le groupe Coris s’étend désormais en Afrique centrale, dans un contexte où plusieurs établissements européens comme Société Générale et BNP Paribas vendent leurs filiales sur le continent.
En décembre 2024, Coris a acheté 67,8 % de Société Générale Tchad pour créer Coris Bank International Tchad. Le groupe s’appuie sur la réglementation CEMAC de janvier 2025, qui permet à une banque agréée dans un État membre d’ouvrir des agences dans les cinq autres pays de la zone.
Coris a créé une filiale à Douala, au Cameroun, avec un capital de 26 milliards de francs CFA, environ 39,6 millions d’euros, en attente d’agrément. Le groupe a aussi obtenu ses autorisations au Gabon pour y fixer son siège à Libreville, et une délégation a rencontré, le 30 juillet 2026 à Bangui, le commissaire de la CEMAC en charge du marché commun, pour préparer son entrée en République centrafricaine. Les deux banques n’ont pas communiqué la durée, les taux d’intérêt, ni la répartition géographique exacte des fonds.
Ce nouveau chapitre du financement de la BIDC à Coris Holding montre la manière dont les institutions financières régionales prennent le relais des bailleurs internationaux et des banques européennes sortantes, pour soutenir à la fois l’agriculture ouest-africaine et l’expansion continentale d’un groupe bancaire panafricain.