En 2005, Ahmed Cissé devient le premier dirigeant ivoirien d’une société de téléphonie mobile en zone UEMOA. Vingt ans plus tard, il préside la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire et l’Alliance des Patronats Francophones, un réseau de plus d’un million d’entreprises réparties dans 36 pays. Portrait.
Ahmed Cissé préside la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire depuis janvier 2023, réélu pour cinq ans le 20 novembre 2025. Il dirige le groupe Brandon & Mcain, préside les conseils de Moov Côte d’Ivoire et de la BICICI, et occupe depuis septembre 2025 la présidence de l’Alliance des patronats francophones.
Diplômé de finance à New York, formé aux télécommunications puis à la banque, il construit son parcours secteur après secteur avant de fonder son propre groupe. Ahmed Mamadou Cissé, de son nom complet, étudie la finance et le management des systèmes d’information à la City University of New York. Il poursuit avec un MBA en télécommunications, puis une certification en gouvernance à la London Business School.
Cette formation le porte vers quinze ans dans les télécommunications ouest-africaines. En 2005, Ahmed Cissé crée et développe Moov Côte d’Ivoire à partir d’un capital humain national. L’entreprise atteint la rentabilité en dix-huit mois et dépasse les 4,5 millions d’abonnés, pour une valorisation proche de 0,8 milliard de dollars. En 2020, elle détient 23 % de part de marché et affiche un chiffre d’affaires de 220 milliards de francs CFA, pour un résultat net de 20 milliards.
Ahmed Cissé dirige Moov Côte d’Ivoire pendant douze ans comme Administrateur Directeur Général. Il occupe des fonctions similaires chez Moov Burkina et Moov Bénin, avant de siéger comme administrateur de Moov Togo. Il préside aussi les Conseils d’Administration de Moov Gabon et de Moov Centrafrique, ainsi que l’Union des Opérateurs de Téléphone en Afrique de l’Ouest. Sa stratégie contribue à diviser par trois le coût des télécommunications en Côte d’Ivoire.
Ahmed Cissé : Citibank puis Brandon & Mcain

Après quinze ans dans les télécoms, Ahmed Cissé passe sept ans dans la banque, chez Citibank, aux États-Unis puis en Côte d’Ivoire. Il fonde ensuite le groupe Brandon & Mcain, actif dans les technologies de l’information, l’immobilier, les mines, l’énergie, l’agro-business et l’hôtellerie.
En juin 2023, via Brandon & Mcain Capital, Ahmed Cissé porte sa participation dans la BICICI à 19,11 % du capital. Il devient président du Conseil d’Administration de la banque. Il siège également dans les Conseils d’Administration de la Banque Atlantique Togo et du groupe Eranove, ce dernier au titre de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, dont il préside la Commission Finance et Investissement. Depuis 2021, il est aussi administrateur de Moov Money Côte d’Ivoire.
De 2008 à 2019, Ahmed Cissé préside l’Union Nationale des Entreprises de Télécommunication. En 2016, il devient vice-président de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire, poste qu’il occupe jusqu’en 2022. Le 30 novembre 2022, Ahmed Cissé est élu, seul candidat, sixième président de la CGECI. Il succède à Jean-Marie Ackah, président depuis 2016. Sous sa présidence, les cotisations de l’organisation progressent de 56 %, et le programme des Champions nationaux s’inscrit au Plan National de Développement.
Le 21 juillet 2025, le comité exécutif de l’Alliance des patronats francophones l’élit à sa tête pour deux ans renouvelables. Il prend ses fonctions le 17 septembre à Paris, des mains de Geoffroy Roux de Bézieux, fondateur de l’organisation dont la CGECI est cofondatrice avec le MEDEF. En novembre de la même année, la CGECI le reconduit à l’unanimité pour un second mandat de cinq ans. Ahmed Cissé préside également la Fédération des Organisations Patronales de l’Afrique de l’Ouest.
Une même personne représente le secteur privé ivoirien, préside un opérateur télécom, deux établissements bancaires, une commission d’investissement de la caisse de prévoyance sociale, et siège au conseil d’un groupe de services publics. La position donne du poids dans la négociation avec l’État. Elle impose aussi une exigence de séparation des rôles, que la place observera dossier après dossier.
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