En 2012, Teddy Kossoko arrive à Toulouse pour étudier l’informatique. Il découvre alors un univers qui occupe une place importante dans la vie de ses nouveaux camarades, le jeu vidéo. Lui qui vient de République centrafricaine y voit progressivement autre chose qu’un simple divertissement. Le jeu peut aussi servir à transmettre des histoires, faire découvrir des cultures et donner aux Africains des personnages qui leur ressemblent.
Teddy Kossoko grandit en République centrafricaine, où il vit pendant 18 ans. Après le baccalauréat, il choisit l’informatique alors que ses parents auraient préféré le voir s’orienter vers la médecine.
En 2012, il rejoint l’IUT informatique de Blagnac, à Toulouse. Il obtient son diplôme en 2014, puis poursuit avec un master en Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises, obtenu en 2017 à l’Université de Toulouse.
Son premier environnement professionnel reste éloigné du jeu vidéo. Il débute comme développeur logiciel à l’INRA en 2014, avant de rejoindre Capgemini. Il travaille alors sur plusieurs projets technologiques, notamment autour de l’Agence spatiale européenne.
De Blagnac à Masseka, le pari de la représentation culturelle
À Toulouse, le jeu vidéo prend progressivement une autre place dans son parcours. Teddy Kossoko s’intéresse à la manière dont les jeux racontent le monde et aux représentations qu’ils véhiculent. Il y voit un moyen de faire connaître des cultures africaines à travers leurs propres histoires.
En 2018, il lance Masseka Game Studio. Son premier jeu mobile, Kissoro Tribal Game, s’inspire du Kissoro, un jeu traditionnel centrafricain. Avec ce titre, Teddy Kossoko transpose un élément du patrimoine de son pays dans un format numérique destiné à un public plus large.
D’autres créations suivent, dont Golden Georges, un jeu qui met en scène un jeune Africain qui rêve de devenir Ballon d’Or, avec une inspiration liée à George Weah.
Teddy Masseka développe ainsi des jeux qui puisent dans des figures et des imaginaires africains. Teddy Kossoko figure dans le classement Forbes Africa 30 Under 30 en 2018 puis en 2022.
L’expérience de Teddy Masseka lui révèle toutefois une difficulté qui dépasse la création. Pour toucher leur public et générer des revenus, les contenus africains doivent aussi pouvoir circuler dans des conditions adaptées aux réalités du continent.
Teddy Kossoko : bâtir l’écosystème de la distribution
Teddy Kossoko cherche alors des solutions de paiement mieux adaptées au marché africain. Après avoir tenté de faire intégrer à Google Play une solution destinée aux utilisateurs africains, il décide de développer sa propre réponse.
Gara naît de cette réflexion. Lancée en 2022, la plateforme propose la distribution de jeux vidéo et de bandes dessinées africains avec des solutions de paiement locales. Le projet élargit ainsi son champ d’action. Teddy Kossoko ne cherche plus seulement à créer des contenus, mais aussi à construire les outils qui peuvent permettre à leurs créateurs de les distribuer et de les monétiser.
Cette orientation le conduit également vers le développement de l’écosystème du jeu vidéo. Depuis 2023, il co-dirige Game Hub Senegal, un incubateur consacré au développement de l’industrie du jeu vidéo au Sénégal.
Gara est ensuite sélectionnée dans le cadre du NBA Africa Triple-Double Accelerator, un programme destiné à accompagner des entreprises technologiques africaines. La plateforme y est présentée comme une solution panafricaine consacrée aux jeux vidéo et aux bandes dessinées.
En 2026, Teddy Kossoko rejoint le jury des Entertainment Lions for Gaming du Festival Cannes Lions. Une reconnaissance qui prolonge un parcours construit à la croisée du jeu vidéo, de la technologie et des industries créatives.