Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.

Ukachi Benita Chidera : l’IA au service de l’aquaculture

Ukachi Benita Chidera Ukachi Benita Chidera

Ukachi Benita Chidera est pharmacienne de formation, sans expérience préalable en systèmes embarqués ni en développement logiciel. C’est la perte de plus de 3 000 poissons-chats dans l’étang de sa mère qui va tout changer. En quelques mois, elle passe du statut de pharmacienne à celui de fondatrice d’un projet technologique naissant.

Ukachi Benita Chidera a grandi dans l’État d’Anambra, au sud-est du Nigeria, où sa mère exploite une ferme piscicole depuis plus de dix ans. Elle est diplômée en pharmacie de l’Université Nnamdi Azikiwe, à Awka. En mars 2026, l’étang de sa mère, qui contenait environ 10 000 poissons, perd plus de 3 000 poissons-chats en une seule nuit. 

Sa mère avait déjà vu des poissons mourir par vagues au fil des années, au point de considérer ces pertes comme un risque normal de l’élevage. Cette fois, Ukachi Benita Chidera décide de comprendre ce qui se passe et commence à faire des recherches sur la mortalité des poissons.

Ses recherches la conduisent vers les conditions d’élevage, notamment la qualité de l’eau. Le niveau d’oxygène dissous, le pH et la température peuvent varier et affecter la santé des poissons. Sa mère ne disposait d’aucun moyen pour surveiller ces paramètres en continu. Un hackathon consacré au modèle Gemma de Google lui donne l’occasion de transformer cette question en prototype.

Ukachi Benita Chidera : un prototype né lors d’un hackathon

Formée en pharmacie, Ukachi Benita Chidera n’a pratiquement aucune expérience des systèmes embarqués avant le hackathon. Elle apprend au fil des jours, à l’aide de tutoriels YouTube et d’outils d’intelligence artificielle comme Claude. 

Avec environ 30 000 nairas, elle réunit les composants disponibles localement et construit, en une semaine, un premier prototype baptisé Aquamanne. Équipé d’un microcontrôleur ESP32 et de plusieurs capteurs, l’appareil mesure le pH, l’oxygène dissous et la température de l’eau.

Les données sont ensuite analysées par le modèle Gemma, exécuté en local sur son ordinateur pendant le hackathon. Plutôt que d’afficher uniquement des chiffres, Aquamanne cherche à les traduire en informations compréhensibles pour le pisciculteur, et à alerter lorsque les conditions de l’étang se dégradent. Lors du hackathon, le prototype prenait déjà en charge quatre langues : le haoussa, l’igbo, le yoruba et le swahili.

Après avoir présenté Aquamanne sur X et LinkedIn, Ukachi Benita Chidera reçoit plusieurs réactions, notamment de pisciculteurs confrontés à des problèmes similaires. L’un d’eux, basé à Lagos mais dont la ferme se trouve à Owerri, lui demande s’il serait possible de surveiller son exploitation à distance, après avoir perdu tous ses poissons. Ces échanges lui montrent que son prototype répond à un besoin plus large que celui de sa mère.

Le projet attire aussi l’attention de deux profils techniques : un professeur nigérian basé à Oxford et un ingénieur spécialisé dans les systèmes embarqués. Ils rejoignent Ukachi Benita Chidera pour former une équipe de trois personnes, chargée d’améliorer le matériel, le logiciel et les capacités linguistiques d’Aquamanne. 

L’équipe travaille désormais sur une version plus compacte, plus résistante et moins dépendante de l’électricité, avec une installation pensée pour un pisciculteur sans compétences techniques. Le coût reste un enjeu. L’équipe veut un dispositif fiable, sans le rendre inaccessible aux agriculteurs. Une prochaine version doit aussi permettre aux utilisateurs d’interroger directement le système sur l’état de leur exploitation.

Ukachi Benita Chidera espère parvenir à un produit fonctionnel avant la fin de 2026. Ce qui a commencé comme une réponse à la perte des poissons de sa mère prend désormais la forme d’un outil destiné à d’autres pisciculteurs nigérians.

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post
Osahon Okunbo

Nigeria : Osahon Okunbo fait son entrée dans la HealthTech via un investissement dans une startup américaine

Publicité