Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Arnold Ekpe, le banquier que Dangote a choisi pour transformer sa raffinerie de sucre
Alain Ebobissé : l’ambition d’une Afrique qui finance ses propres infrastructures

Alain Ebobissé : l’ambition d’une Afrique qui finance ses propres infrastructures

Alain Ebobissé Alain Ebobissé
Alain Ebobissé, directeur général d'Africa50 ©Fonds Africa50

Depuis Casablanca, Alain Ebobissé dirige Africa50, la plateforme d’investissement infrastructure créée par la Banque africaine de développement et 32 pays africains. En neuf ans à sa tête, l’ingénieur camerounais formé en France et en Suisse a transformé un concept en machine à financer des projets concrets. Son bilan le dit clairement : 1,4 milliard de dollars d’actifs sous gestion, 33 projets actifs dans 32 pays, et une ambition qui ne ralentit pas. Portrait.

En août 2025, à Maputo, Alain Ebobissé prend la parole devant les actionnaires d’Africa50 réunis au Mozambique. Il déclare que les solutions au déficit infrastructurel de l’Afrique sont déjà là, et que l’Afrique peut et doit mener elle-même l’effort pour les concrétiser. Ce n’est pas une formule rhétorique. C’est le résumé de neuf ans de travail.

Alain Ebobissé est titulaire d’une licence en mathématiques de l’Université de Saint-Étienne, d’un Master en informatique et recherche opérationnelle de l’UTC Compiègne, et d’un MBA de l’International Institute for Management Development à Lausanne.

Trois formations, trois pays, un fil conducteur : la résolution de problèmes complexes. Avant de rejoindre la Société financière internationale en 1998, il occupe plusieurs fonctions dans la finance en France, notamment celle de responsable adjoint du financement de projets et des financements structurés à la Caisse des dépôts. 

À la SFI, bras privé de la Banque mondiale, il gravit les échelons. De 2008 à 2016, il dirige IFC InfraVentures, le fonds mondial de développement d’infrastructures du Groupe Banque mondiale, depuis sa création. Il mobilise des investissements privés et en partenariat public-privé qui dépassent 10 milliards de dollars. Il pilote des projets en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique latine.

Africa50 : construire l’outil, puis l’utiliser

Alain Ebobissé
Alain Ebobissé aux côtés de l’ancien président de la BAD Akinwumi Adesina ©BAD

En 2016, Alain Ebobissé prend la tête d’Africa50, une plateforme alors fragilisée par une série de déconvenues depuis son lancement en 2014. Le défi est de taille : transformer un concept en institution opérationnelle crédible.

En 2021, son conseil d’administration le reconduit à l’unanimité pour un second mandat. Le président de la BAD de l’époque, Akinwumi Adesina, salue un leadership qui a fait d’Africa50 une entité pleinement opérationnelle, avec une gouvernance solide, une équipe qualifiée et un portefeuille d’investissements générateur d’impact et de rendements. 

La plateforme compte aujourd’hui 32 pays africains, la Banque africaine de développement et deux banques centrales africaines parmi ses actionnaires. Les chiffres d’août 2025 donnent la mesure du chemin parcouru. Africa50 affiche 1,4 milliard de dollars d’actifs sous gestion, une valeur totale du portefeuille qui dépasse 8 milliards de dollars, 33 projets actifs dans l’énergie, les transports, les infrastructures numériques, la santé et l’éducation, couvrant 32 pays africains. 

Parmi les réalisations directement liées au Cameroun, Africa50 a participé au financement de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, d’une puissance de 420 mégawatts. En octobre 2024, Alain Ebobissé se rend lui-même à Yaoundé pour discuter d’un renforcement du partenariat avec le gouvernement camerounais. Le projet cible l’énergie, le transport et les TIC.

Sur le plan continental, le Fonds d’accélération des infrastructures en Afrique, lancé par Africa50, a mobilisé 275 millions de dollars auprès d’une vingtaine d’investisseurs institutionnels africains : fonds souverains, fonds de pension et compagnies d’assurances. Ebobissé qualifie ce résultat de confiance la plus grande jamais accordée par des investisseurs institutionnels africains aux opportunités d’infrastructure sur le continent. 

À Maputo, Africa50 signe un accord-cadre avec le Secrétariat de la ZLECAf pour financer des infrastructures pour faciliter le commerce intra-africain, et acter la première clôture de 115 millions de dollars pour l’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique. 

Alain Ebobissé, une mission pour le continent

Alain Ebobissé
Alain Ebobissé aux côtés du président du Mozambique Daniel Chapo et de l’ancien président de la BAD Akinwumi Adesina lors de l’assemblée générale d’Africa50 à Maputo, août 2025 ©BAD

Le déficit infrastructurel de l’Afrique est estimé à 100 milliards de dollars par an. Chaque centrale électrique non construite, chaque corridor logistique inexistant, chaque réseau numérique absent se traduit par des coûts économiques directs pour des millions d’habitants. 

Ce que fait Alain Ebobissé : assembler des capitaux africains et internationaux autour de projets bancables, répond à cette réalité avec des outils financiers plutôt qu’avec des discours.

Il reste encore beaucoup à faire. Mais la trajectoire d’Africa50 sous sa direction montre qu’une institution africaine, financée par des acteurs africains, peut produire des résultats à l’échelle du continent. C’est peut-être la démonstration la plus utile qu’Alain Ebobissé aura faite.

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Article précédent
Arnold Ekpe

Arnold Ekpe, le banquier que Dangote a choisi pour transformer sa raffinerie de sucre

Publicité