3,2 milliards de dollars levés en 2025. Un rebond important après deux années de recul pour l’écosystème startup africain, porté à 45 % par la fintech et de plus en plus par la cleantech, la healthtech et l’agritech. Derrière ce chiffre, de jeunes fondateurs africains ont bâti des solutions concrètes à des problèmes structurels que les institutions traditionnelles n’ont pas su résoudre. Ce classement des startups africaines à suivre sélectionne cinq entreprises fondées par des entrepreneurs africains dont la trajectoire, les données et la reconnaissance sectorielle en font les structures les plus déterminantes à observer en 2026.
Ils ont grandi au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Maroc, au Sénégal et en Tanzanie. Ils ont identifié des problèmes que les autres n’avaient pas résolus. Les cinq startups retenues dans ce classement ont été sélectionnées sur la base de quatre critères combinés : levées de fonds récentes documentées (2024-2026), croissance vérifiable de la base d’utilisateurs ou du chiffre d’affaires, reconnaissance par des institutions de référence (Bloomberg, TIME Magazine, Financial Times, Y Combinator) et modèle démontrant une capacité de scalabilité panafricaine.
Seules des startups fondées par des entrepreneurs africains sont retenues. Les sources croisées incluent Bloomberg’s 25 African Startups to Watch 2026, Africa: The Big Deal, Partech Africa, TechCabal, TechCrunch et les communiqués officiels des startups.
Le classement des 5 startups africaines à suivre en 2026
- 1. Djamo (Côte d’Ivoire) | Fintech

Djamo est la startup la plus emblématique de la renaissance de la fintech en Afrique francophone. Fondée en 2020 par Hassan Bourgi et Régis Bamba à Abidjan, elle propose des solutions bancaires numériques pour les consommateurs et les PME dans une région où moins de 25 % des adultes ont accès à un compte bancaire formel.
En avril 2025, Djamo boucle une levée de 17 millions de dollars menée par Janngo Capital, avec la participation de Partech, Y Combinator, Oikocredit et Enza Capital, la plus grande levée de capital-risque jamais réalisée par une startup ivoirienne. La valorisation de Djamo a doublé depuis sa levée précédente.
Djamo a traité plus de 4,5 milliards de dollars de transactions cumulées depuis son lancement, multiplié son chiffre d’affaires par cinq depuis 2022 et compte plus d’un million de clients en Côte d’Ivoire et au Sénégal, ainsi que 10 000 PME sur sa plateforme.
En septembre 2025, Djamo devient la première fintech à obtenir un agrément microfinance de la BCEAO, une licence qui lui permet de proposer des comptes d’épargne rémunérés jusqu’à 6 % d’intérêt annuel et des prêts jusqu’à un million de FCFA. Cette licence change la nature même de Djamo. Elle n’est plus une application de paiement et devient une banque.
- 2. Koolboks (Nigeria) | Cleantech

Koolboks est notre top 2 de ce classement des 5 startups africaines à suivre en 2026. La startup apporte une réponse à l’une des crises silencieuses du continent : l’absence de réfrigération fiable pour des centaines de millions de personnes. Fondée en 2018 par Ayoola Dominic et Deborah Gaël, Koolboks conçoit et distribue des réfrigérateurs et congélateurs solaires pour les communautés hors réseau ou à réseau défaillant en Afrique.
En septembre 2025, Koolboks lève 11 millions de dollars en Série A, co-menée par KawiSafi Ventures, Aruwa Capital et All On, portant son financement total à 15,4 millions de dollars selon Crunchbase.
Depuis 2021, la startup a déployé plus de 10 000 unités au Nigeria, au Kenya et en Ouganda. Chaque unité est connectée en IoT et accessible via un modèle de paiement progressif (pay-as-you-go) par mobile money, sans garantie ni historique de crédit requis. Après 12 à 24 mois, le client devient propriétaire.
Le Nigeria reste le premier marché par revenu, suivi de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. La startup prépare son entrée au Mozambique et au Ghana dans les 12 à 18 prochains mois, et construit sa première usine d’assemblage locale au Nigeria. 44 % de ses clients sont des femmes. Koolboks ne vend pas des réfrigérateurs. Il vend de la souveraineté économique aux micro-entrepreneurs.
- 3. Remedial Health (Nigeria) | Healthtech

Chaque année, les médicaments contrefaits ou sous-dosés causent environ 500 000 morts en Afrique subsaharienne selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Remedial Health attaque ce problème à la racine. Fondée en 2021 par Samuel Okwuada et Victor Benjamin, la startup fournit aux hôpitaux et aux pharmacies des outils de gestion des stocks, de vérification des fournisseurs pharmaceutiques et d’accès au financement.
Soutenue par Tencent, Remedial Health travaille aujourd’hui avec plus de 14 000 prestataires de santé au Nigeria et a financé plus de 40 millions de dollars de médicaments à travers un système de chaîne d’approvisionnement numérique.
TIME Magazine et Statista l’ont classée parmi les entreprises healthtech les plus innovantes au monde en 2025. Le Financial Times l’a incluse dans sa liste des entreprises africaines à la croissance la plus rapide en 2025. Bloomberg l’a sélectionnée parmi ses 25 African Startups to Watch 2026.
Samuel Okwuada, pharmacien de formation et développeur autodidacte, a construit Remedial Health après avoir importé des médicaments au Nigeria et constaté de l’intérieur les défaillances de la chaîne de distribution. Sa startup compte aujourd’hui 300 employés à Lagos.
- 4. Weego (Maroc-Sénégal) | Mobilité urbaine

Plus de 400 millions d’Africains utilisent les transports en commun chaque jour. 81 % d’entre eux déclarent avoir du mal à planifier leurs déplacements. C’est le problème que Weego résout. Fondée en 2020 par Saad Jittou (Maroc) et Mor Niane (Sénégal), la startup a développé une plateforme de gestion de mobilité multimodale qui unifie l’accès aux différents réseaux de transport public et privé, bus, tramways, taxis, véhicules de transport privé, en une seule interface en temps réel.
En mars 2026, Weego boucle une levée de 1,1 million de dollars auprès d’Azur Innovation Fund pour accélérer son déploiement au Maroc et lancer son expansion continentale. La startup est active dans cinq villes marocaines et développe en parallèle une offre B2B : WeegoLines, un service de gestion du transport des employés pour les entreprises.
Son ambition est de devenir la couche technologique qui connecte les infrastructures de transport existantes dans les grandes métropoles africaines, à l’heure où la Coupe du monde 2030 et les plans d’urbanisation du continent vont générer des flux de passagers sans précédent.
- 5. NovFeed (Tanzanie) | Agritech-Biotech

NovFeed est la startup africaine la plus scientifique de ce classement des 5 startups africaines à suivre en 2026 et l’une des plus prometteuses. Fondée par Diana Orembe, microbiologiste tanzanienne reconvertie en entrepreneur agritech, NovFeed utilise des protéines issues d’insectes comme alternative durable et riche en nutriments aux aliments pour bétail conventionnels.
La solution répond à une double crise : la hausse des coûts des intrants agricoles et l’impact environnemental du soja et de la farine de poisson comme sources de protéines pour les marchés avicoles et aquacoles en plein essor en Afrique de l’Est. À la compétition Africa’s Business Heroes 2025, NovFeed a remporté le premier prix, la plus haute distinction du principal concours d’entrepreneuriat africain.
La protéine à base d’insectes gagne du terrain à l’échelle mondiale pour son efficacité de conversion alimentaire et son empreinte environnementale réduite. NovFeed positionne cette technologie au cœur des marchés agricoles africains, là où le besoin de solutions d’alimentation animale accessibles et durables est le plus urgent.
Gros plan sur l’écosystème des startups africaines en 2026
Ces cinq structures de notre classement des 5 startups africaines à suivre en 2026 ont en commun une même logique : partir d’un problème structurel profond, construire une solution locale, puis démontrer sa scalabilité.
Près de la moitié des financements des startups de la liste Bloomberg 2026 provenaient d’investisseurs africains, un message fort que le capital local commence à jouer un rôle structurant dans l’écosystème.
La tendance de fond est claire. Les startups africaines les plus solides de 2026 ne cherchent plus à copier des modèles occidentaux. Elles résolvent des problèmes que seul un fondateur africain, ancré dans la réalité du continent, pouvait identifier avec cette précision.
