L’Algérie accélère sa course vers les 20 000 startups technologiques algériennes d’ici 2029. Le 8 juin 2026, le pays a inauguré à Sidi Abdellah le Centre des technologies et de l’innovation dans les systèmes d’enseignement virtuel (TIVES), son premier centre national dédié aux technologies et à l’innovation dans l’enseignement virtuel. Une infrastructure de plus dans un pôle scientifique qui devient le cœur battant de l’écosystème numérique algérien.
Le 8 juin 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur Kamel Baddari a présidé l’inauguration du Centre des technologies et de l’innovation dans les systèmes d’enseignement virtuel (TIVES) au Pôle scientifique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden de Sidi Abdellah, au sud-ouest d’Alger. Ce centre, co-initié par les professeurs Elias Zerhouni et Mustapha Khiati, est présenté comme un levier direct pour atteindre l’objectif national de 20 000 startups technologiques labellisées d’ici 2029. Le pays en compte aujourd’hui 7 800 enregistrées et 2 300 labellisées.
Baddari a décrit ce centre comme un premier jalon pour orienter le système d’enseignement vers l’utilisation de l’intelligence artificielle afin d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Elias Zerhouni, Algéro-américain et ancien directeur des National Institutes of Health américains, et Mustapha Khiati ont porté ce projet depuis trois ans. Sa concrétisation donne une crédibilité scientifique internationale à une initiative qui reste, dans sa cible finale, profondément locale.
Le Centre des technologies et de l’innovation dans les systèmes d’enseignement virtuel (TIVES) est doté de plateformes d’apprentissage à distance, d’outils hybrides et de ressources spécialisées pour les enseignants, chercheurs et étudiants. Son architecture numérique couvre l’ensemble des disciplines. L’intelligence artificielle n’y est pas réservée aux sciences exactes, mais étendue à tous les champs du savoir, dans un environnement multilingue.
Le pôle de Sidi Abdellah abrite déjà l’ENSIA, l’École nationale supérieure d’intelligence artificielle inaugurée en 2021. Le 21 avril 2026, il a accueilli le premier cluster national de startups dédié à l’IA et à la cybersécurité, supervisé par trois ministères : l’Enseignement supérieur, l’Économie de la connaissance et les Startups, et les Postes et Télécommunications. Le TIVES s’ajoute à ce dispositif côté formation universitaire.
Le TIVES : faire émerger des startups technologiques algériennes pour ne plus dépendre
L’enjeu posé par ce centre dépasse la seule modernisation pédagogique. L’Algérie importe massivement ses solutions technologiques. Le développement de compétences locales en IA et en sciences des données est présenté comme un levier pour réduire cette dépendance et faire émerger les startups technologiques algériennes capables de produire des outils adaptés aux besoins du pays.
Pour les quelque 1,7 million d’étudiants des universités publiques algériennes, l’accès à ces ressources numériques pourrait modifier les conditions réelles de formation et, à terme, alimenter le vivier de fondateurs dont l’écosystème startup a besoin pour tenir l’objectif de 2029.
Le programme national de formation en IA lancé en avril 2026 renforce ce dispositif. Algérie Telecom a par ailleurs annoncé un fonds d’investissement de 1,5 milliard de dinars pour les startups technologiques algériennes labellisées du cluster IA et cybersécurité.
À l’échelle régionale, l’Algérie rejoint un mouvement de fond. L’Égypte, le Maroc et la Tunisie ont chacun lancé des initiatives similaires ces deux dernières années. La compétition pour attirer les talents et les investissements numériques s’intensifie en Afrique du Nord.
La particularité algérienne réside dans le lien direct établi entre université publique et écosystème entrepreneurial. Le TIVES n’est pas un incubateur privé réservé à une élite. Il se positionne comme une infrastructure nationale ouverte à tous les établissements du pays. C’est ce maillage territorial qui conditionnera la réussite ou l’échec de l’ambition affichée.
L’objectif des 20 000 startups technologiques algériennes d’ici 2029 ne se gagnera pas dans les salles d’inauguration. Il se jouera sur la qualité des compétences produites dans ces murs, et sur la capacité de l’écosystème à transformer des diplômés formés à l’IA en fondateurs qui restent construire au pays.