Depuis plusieurs années, le CEPICI multiplie les initiatives en faveur de l’entrepreneuriat féminin, sans toujours parvenir à consolider ces efforts en un dispositif unique. Le 29 juin 2026, l’institution ivoirienne a passé une étape supplémentaire, avec le lancement du Guichet Investir au Féminin (GUIF). Objectif affiché, transformer l’inclusion économique des femmes en véritable levier de croissance industrielle pour le pays.
Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a lancé, le 29 juin 2026 à Abidjan, le Guichet Investir au Féminin (GUIF), un point d’entrée unique destiné à faciliter l’accès des femmes entrepreneures au financement et à l’accompagnement technique.
Porté par la directrice générale du CEPICI, Solange Amichia, avec l’appui du Women’s Investment Club (WIC) et de la Banque africaine de développement (BAD), le dispositif vise 1 000 femmes entrepreneures lors de sa phase pilote, dont 50 entreprises bénéficiant d’un parcours d’accélération renforcé.
Le Guichet Investir au Féminin (GUIF) se présente comme une plateforme intégrée, à la fois physique et numérique, adossée au CEPICI. Il propose un diagnostic personnalisé, une orientation sectorielle, et un accompagnement financier et technique adapté à la maturité de chaque projet.
Selon Solange Amichia, ce guichet répond à trois obstacles identifiés chez les entrepreneures ivoiriennes, l’éparpillement des dispositifs d’appui en place, le manque d’information fiable, et l’insuffisance de financements adaptés à leurs besoins.
Cinq secteurs sont ciblés en priorité, conformes aux orientations du Plan national de développement 2026-2030 : les mines, l’agro-industrie, la logistique, la construction et le numérique. Selon Solange Amichia, le dispositif doit « reconnaître le potentiel économique et entrepreneurial des femmes », et accélérer leurs chances de concrétiser leurs projets.
Guichet Investir au Féminin (GUIF), un dispositif qui prolonge une dynamique déjà engagée
Le terme d’initiative pionnière, employé par la directrice générale, mérite d’être nuancé. Le CEPICI dispose déjà, depuis 2024, d’un Desk Investir au Féminin, actif notamment lors du Salon international des ressources extractives et énergétiques.
Le 24 novembre 2025, l’institution avait également signé un partenariat avec Ecobank Côte d’Ivoire, avec un objectif quasi identique, accompagner environ 1 000 femmes entrepreneures, dont 80 déjà identifiées dans des entreprises de taille moyenne. Le Guichet Investir au Féminin (GUIF) s’apparente donc à une montée en puissance et une formalisation de ces efforts antérieurs, plutôt qu’à une création entièrement nouvelle.
Ce lancement porte une dynamique gouvernementale plus large. Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a récemment annoncé que 10 % des marchés publics liés au Plan national de développement seraient réservés aux entreprises dirigées par des femmes.
Le CEPICI a par ailleurs agréé 812 milliards de FCFA d’investissements en 2025, contre 741,46 milliards de FCFA en 2024, un volume dans lequel la contribution des femmes entrepreneures reste, pour l’instant, difficile à isoler.
La vice-présidente du WIC, Nanna Sylla, a plaidé pour un mécanisme durable, capable de fédérer les acteurs publics et privés. La réussite du GUIF se mesurera moins à son lancement qu’à sa capacité à transformer les 1 000 femmes accompagnées en entreprises pérennes, dans des secteurs où la présence féminine reste aujourd’hui minoritaire.