L’entrée de Kasapreko à la Bourse du Ghana suscite un intérêt rarement observé sur le marché financier du pays. Le fabricant d’Alomo Bitters a levé près de 120 millions de dollars, soit deux fois le montant recherché avant sa cotation prévue le 17 juin prochain.
Kasapreko s’apprête à faire son entrée sur le Ghana Stock Exchange (GSE) dans un climat d’optimisme rarement observé pour une entreprise industrielle locale. La société sera cotée le 17 juin sous le symbole KPLC après une introduction en Bourse largement sursouscrite.
Ouverte le 4 mai 2026, l’offre publique visait à lever 700 millions de cedis ghanéens, soit environ 60 millions de dollars. À la clôture de la période de souscription le 1er juin, les demandes des investisseurs ont atteint 1,4 milliard de cedis, soit près de 120 millions de dollars.
Cette performance représente l’une des plus importantes sursouscriptions enregistrées par une entreprise manufacturière sur le marché financier ghanéen. Des milliers d’investisseurs particuliers et institutionnels n’ont pas obtenu toutes les actions demandées.
Cette situation pourrait alimenter une forte demande dès les premiers échanges. Les investisseurs qui souhaitent renforcer leur participation devront se tourner vers le marché secondaire après la cotation.
Le prix de souscription a été fixé à 1,20 cedi par action. Plusieurs analystes estiment que le titre pourrait débuter au-dessus de ce niveau en raison de la pression de la demande.
Kasapreko attire de nombreux investisseurs, la raison
L’intérêt observé s’explique en grande partie par le parcours de l’entreprise. Fondée en 1987 par le Dr Kwabena Adjei dans un garage à Nungua, près d’Accra, Kasapreko est devenue l’un des principaux producteurs de boissons d’Afrique de l’Ouest.
L’entreprise s’est imposée grâce à Alomo Bitters, une marque aujourd’hui présente dans plusieurs pays de la sous-région, notamment au Nigeria, au Togo, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone et en Gambie. Ses produits sont également exportés vers plusieurs marchés de la diaspora.
Au fil des années, le groupe a diversifié ses activités. Son portefeuille comprend désormais des boissons énergisantes, des boissons gazeuses, du whisky, du gin ainsi que l’eau embouteillée Awake.
Cette expansion se reflète dans ses résultats financiers. Le chiffre d’affaires est passé d’environ 660 millions de cedis en 2020 à près de 3,5 milliards de cedis en 2025. Au premier trimestre 2026, le bénéfice net a progressé de 55 % pour atteindre 73 millions de cedis.
Kasapreko emploie aujourd’hui plus de 2 300 personnes. Malgré l’ouverture de son capital au public, la famille fondatrice conserve le contrôle majoritaire de l’entreprise.
L’entrée en Bourse de Kasapreko envoie un signal fort à l’économie ghanéenne
Les fonds levés doivent financer la construction d’une nouvelle usine à Adeiso, dans la région de l’Est du Ghana. Cette unité sera dédiée à la production d’eau embouteillée et de boissons gazeuses afin de répondre à une demande en hausse sur le marché local et à l’exportation.
Pour les populations, les effets pourraient dépasser le simple cadre financier. La construction du site devrait soutenir l’emploi local et créer des opportunités pour les entreprises de transport, les fournisseurs de matières premières et plusieurs prestataires de services. À terme, l’augmentation des capacités de production pourrait également renforcer les exportations et les recettes économiques liées à l’activité industrielle.
L’opération traduit aussi une confiance renouvelée des investisseurs dans les entreprises ghanéennes. Le succès de cette levée de fonds montre que l’épargne locale peut contribuer au financement de projets industriels d’envergure lorsque les perspectives de croissance sont jugées solides.
Cette introduction en Bourse intervient alors que le Ghana Stock Exchange affiche une dynamique favorable. L’indice composite du marché figurait parmi les plus performants d’Afrique en 2025. Dans ce contexte, l’arrivée de Kasapreko apporte davantage de diversité à une place financière encore dominée par les banques et les télécommunications.
Au-delà de la première séance de cotation, l’opération pourrait encourager d’autres entreprises locales à envisager le marché boursier comme une source de financement. Pour de nombreux observateurs, elle constitue un test grandeur nature de la capacité du marché financier ghanéen à accompagner la croissance des champions industriels nationaux.