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Nigeria : LemFi passe le cap des 2 millions de clients à l’échelle globale

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La fintech LemFi La fintech LemFi
Ridwan Olalere, cofondateur et CEO de LemFi

Fondée par le Nigérian Ridwan Olalere, la fintech LemFi est aujourd’hui considérée comme le géant incontournable des services financiers pour la diaspora. Forte d’une levée de fonds de 53 millions de dollars, la startup passe un cap historique en franchissant la barre des 2 millions de clients dans le monde. Elle traite désormais plus d’un milliard de dollars de transactions mensuelles, bousculant les acteurs traditionnels du transfert de fonds.

LemFi permet aux immigrants africains d’Europe et d’Amérique du Nord d’envoyer de l’argent vers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Avec 53 millions de dollars levés en janvier 2025, plus de 2 millions de clients et un milliard de dollars de transactions mensuelles, la fintech nigériane s’impose comme la référence des services financiers pour la diaspora africaine mondiale.

Chaque mois, des millions d’Africains installés en Europe et en Amérique du Nord envoient de l’argent à leur famille restée sur le continent. En 2023, les flux mondiaux de transferts de fonds ont atteint 669 milliards de dollars, un montant qui dépasse les investissements directs étrangers dans de nombreux pays. Pourtant, envoyer de l’argent depuis Londres ou Toronto vers Lagos ou Nairobi reste coûteux, lent et semé d’obstacles administratifs. C’est précisément ce problème que la fintech LemFi a décidé de résoudre depuis sa création à Lagos en 2020.

De Lagos à Londres, une idée née du terrain et nourrie par Ridwan Olalere

Ridwan Olalere n’est pas arrivé à la fintech par hasard. Ingénieur aéronautique de formation, il a passé plusieurs années à construire des infrastructures de paiement au Nigeria, notamment chez Flutterwave où il a travaillé sur les systèmes permettant à des entreprises internationales comme Uber d’accepter des paiements à travers l’Afrique. Il rejoint ensuite OPay comme directeur des opérations, puis Uber Nigeria comme directeur général.

En novembre 2020, Ridwan Olalere cofonde LemFi, initialement baptisée Lemonade Finance, avec son associé Rian Cochran, rencontré chez OPay. La startup démarre au Canada, non pas parce que c’est le marché idéal, mais parce que l’obtention d’une licence y prend un mois contre six au Royaume-Uni.

L’application initiale est basique, ne supporte que les transferts entre le Canada et le Nigeria. Mais elle fonctionne suffisamment pour bâtir les premiers apprentissages produit. En 2023, la startup se rebaptise LemFi et élargit son réseau à 27 marchés d’envoi et 20 pays destinataires, dont le Nigeria, le Kenya, l’Inde, la Chine et le Pakistan.

La fintech LemFi
Ridwan Olalere avec son associé Rian Cochran, cofondateurs de LemFi

La croissance de la fintech LemFi repose sur une proposition simple. La plateforme permet aux communautés diasporiques d’Europe et d’Amérique du Nord de transférer des fonds vers des marchés émergents de manière fiable et abordable, avec des comptes multidevises et des transferts directs vers des comptes bancaires ou des portefeuilles mobiles.

La fintech LemFi sert aujourd’hui plus de 2 millions de clients à travers le monde et traite plus d’un milliard de dollars de transactions mensuelles. Un bond considérable par rapport aux 2 milliards de dollars de volume annuel enregistrés en 2023.

Le corridor asiatique, lancé en 2024, génère à lui seul 160 millions de dollars de transactions mensuelles et progresse de 30 % d’un mois sur l’autre depuis son lancement. LemFi emploie plus de 300 personnes réparties entre l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Afrique et l’Asie.

La fintech LemFi lève 53 millions de dollars pour devenir un hub financier global

En janvier 2025, LemFi a bouclé un tour de Série B de 53 millions de dollars mené par Highland Europe, avec la participation de Left Lane Capital, Palm Drive Capital, Endeavor Catalyst et Y Combinator, portant le total des fonds levés à 85 millions de dollars.

Ces fonds financent l’expansion des licences de paiement, le recrutement et le déploiement de services hyper-localisés dans de nouveaux marchés. En Europe, LemFi a noué un partenariat avec Modulr en Irlande pour lancer ses opérations en attendant sa propre licence européenne.

L’ambition de Ridwan Olalere dépasse le seul transfert d’argent. La fintech LemFi veut devenir le hub de services financiers pour les immigrants à l’échelle mondiale, en ajoutant de nouveaux produits et en s’étendant à de nouveaux pays. Comptes multidevises, outils de gestion de trésorerie, services bancaires embarqués : la feuille de route pointe vers une offre complète pour les 281 millions de migrants internationaux dans le monde.

LemFi est l’exemple d’une réalité souvent négligée dans les analyses sur la fintech africaine. Les entrepreneurs du continent ne construisent plus seulement pour l’Afrique. Ils construisent depuis l’Afrique pour le monde. LemFi capte aujourd’hui environ 5 % des flux de transferts de fonds entrant en Afrique, sur un marché mondial estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars par an. 

La trajectoire de la startup nigériane montre qu’un fondateur africain, armé d’une connaissance intime des besoins de sa communauté, peut bâtir une infrastructure financière globale compétitive face aux acteurs occidentaux installés.

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