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TLG Capital : doté de 195 millions $, le fonds AGIF II pèse sur le marché de la dette privée des PME africaines

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Africa Growth Impact Fund II Africa Growth Impact Fund II

Le fonds de dette privée basé à Londres, TLG Capital, consolide sa position de bailleur discret des PME africaines les plus isolées du crédit bancaire. Le gestionnaire londonien a porté à 195 millions de dollars les ressources de l’Africa Growth Impact Fund II, connu sous le nom d’AGIF II, après un deuxième closing de 120 millions de dollars annoncé le 29 juin 2026.

La dette privée au secours des PME africaines délaissées par le système bancaire classique. Le gestionnaire londonien TLG Capital a annoncé le 29 juin 2026 le deuxième closing de son fonds Africa Growth Impact Fund II (AGIF II) à hauteur de 120 millions de dollars, portant ses ressources totales à 195 millions de dollars.

Grâce à des partenariats avec des banques locales et au soutien de bailleurs comme Proparco, ce véhicule injecte des tickets de 5 à 15 millions de dollars dans des PME à fort impact, dont près de 60 % sont situées dans des Pays les moins avancés (PMA).

Neuf entreprises réparties dans sept pays africains partagent aujourd’hui un point commun : aucune d’entre elles n’aurait obtenu de crédit dans les conditions actuelles auprès d’une banque commerciale classique.

C’est ce vide que le fonds Africa Growth Impact Fund II (AGIF II) occupe depuis son lancement en 2025, dans la continuité d’une ambition portée par TLG Capital depuis sa création à Londres en 2009 : investir dans les PME africaines les plus fragiles peut produire à la fois un rendement financier et un impact social mesurable. 

Cette philosophie avait déjà donné naissance en 2016 à un premier véhicule, Africa Growth Impact Fund I (AGIF I), centré sur la santé, la finance et la consommation. Africa Growth Impact Fund II (AGIF II), créé pour amplifier cette approche sur sept ans, a atteint un premier closing de 75 millions de dollars en avril 2025, avant ce deuxième tour conduit par Proparco et Calvert Impact Capital.

Les PME représentent environ 90 % des entreprises d’Afrique subsaharienne et près de 60 % de l’emploi formel du continent, selon la Banque mondiale. Pourtant, leur déficit de financement dépasse 330 milliards de dollars, d’après les estimations conjointes du FMI et de la Banque africaine de développement. Moins de 20 % de leurs besoins de crédit transitent par le système financier traditionnel. Le reste s’appuie sur des solutions informelles, souvent coûteuses et instables.

C’est dans cette faille que s’insère le modèle BOMA (Bank Originated and Mitigated Assets) développé par TLG Capital pour AGIF II. Les prêts sont originés directement via des banques locales africaines, qui apportent des garanties partielles réduisant le risque perçu par les investisseurs internationaux.

Concrètement, une PME manufacturière ou agroalimentaire qui aurait été refusée par sa banque de proximité peut ainsi accéder à un financement de 5 à 15 millions de dollars, sur une durée plus longue que celle habituellement proposée sur le continent.

Africa Growth Impact Fund II (AGIF II), un pari sur les zones que le capital-risque évite

Africa Growth Impact Fund II

L’impact recherché par Africa Growth Impact Fund II (AGIF II) tient autant à la géographie qu’au montant. Selon les chiffres communiqués par TLG Capital, 59 % du capital déployé cible des pays classés par l’ONU parmi les moins avancés, et 19 % des zones affectées par des conflits selon la classification de la Banque mondiale.

Ces marchés restent largement absents des radars du capital-risque, concentré sur le Nigeria, le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud, qui captent à eux quatre la majorité des financements startups du continent. Le portefeuille global de TLG Capital inclut notamment des pays d’Afrique francophone comme le Bénin, le Togo ou la Guinée, historiquement sous-financés par les circuits classiques du capital-investissement.

Concrètement, chaque PME africaine financée conserve ses emplois, parfois les développe, et continue à approvisionner des chaînes de valeur locales que l’absence de crédit aurait autrement fragilisées. C’est cette mécanique, invisible depuis Londres mais tangible sur le terrain, qu’AGIF II cherche à démultiplier avec les 5 millions de dollars qui le séparent encore de son objectif final de 200 millions.

Le pari reste néanmoins risqué. Financer des entreprises dans des pays en crise ou à faible développement institutionnel exige des mécanismes de protection sophistiqués, rappelle Maya Burney, senior officer chez Calvert Impact Capital, qui évoque la sélectivité de son organisation avant tout engagement dans ces zones. 

TLG Capital devra maintenant prouver que le modèle de garanties bancaires du fonds Africa Growth Impact Fund II (AGIF II) tient sur la durée, dans des économies où les cycles de remboursement dépendent autant de la conjoncture politique que de la performance des entreprises financées.

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