Ses parents voulaient qu’il devienne mécanicien, un métier qu’ils jugeaient plus sérieux que celui d’artiste. C’est un professeur qui, remarquant son talent pour le dessin, le pousse vers des études d’art. Aujourd’hui, Omar Ba est l’un des peintres sénégalais les plus reconnus sur la scène internationale.
Originaire du Sénégal, Omar Ba naît dans une fratrie de huit enfants. Enfant, il passe le plus clair de son temps à dessiner. Ses parents qui constatent cette passion l’orientent vers la mécanique, qu’ils considèrent comme un métier plus sérieux.
Suivant leurs conseils, Omar Ba suit une formation de mécanique générale pendant trois ans à Dakar. C’est durant cette période qu’un professeur remarque ses talents de dessinateur et lui conseille vivement de se tourner vers des études d’art. Ce conseil agit comme un déclic.
Omar Ba abandonne définitivement la mécanique pour se consacrer à sa passion. Il intègre l’École nationale des Beaux-Arts du Sénégal, où il étudie pendant trois ans et obtient son diplôme en 2002. Cette formation lui donne les bases techniques et théoriques de son art.
Une fois diplômé, il se rend en Allemagne pour un symposium sur le langage des couleurs à Bonn, une expérience qui élargit sa vision. En 2003, il s’installe en Suisse, à la Haute École d’art et de design (HEAD) de Genève, avant de poursuivre à l’École cantonale d’art visuel du Valais (ECAV) à Sierre, où il complète sa formation entre 2009 et 2011.
Omar Ba : fond noir et figures hybrides, la construction d’une signature plastique
Les débuts sont difficiles. Omar Ba passe par la case galère. Il expose ses œuvres dans des salons de coiffure et des cafés et vit de petits boulots. Sa première reconnaissance arrive à la fin des années 2000, quand son travail commence à circuler dans les cercles artistiques suisses. En 2011, il obtient le prestigieux Swiss Art Award, une distinction qui accompagne sa montée en puissance sur la scène internationale.
Sa signature plastique repose sur un geste quasi rituel : l’application d’un fond noir directement sur le sol de ses toiles ou de ses cartons ondulés, son support favori pour sa flexibilité. Sur cette nuit profonde naissent des compositions chromatiques éclatantes peuplées de figures hybrides mi-hommes, mi-animaux, clin d’œil caustique à la nature humaine.
Petit-fils de tirailleur, l’artiste politise son art en auscultant les rapports postcoloniaux, les inégalités et les dérives autocratiques, à l’image de sa série Dictateurs. Sa toile Plateforme de la confiance – richesse pillage à huis clos 1 (2016) rejoint la collection permanente du Louvre Abu Dhabi.
Représenté par la galerie Templon, qui lui consacre un premier solo show parisien en 2016 avant d’inaugurer son nouvel espace new-yorkais avec son travail en 2022, il expose aussi du Centre Pompidou aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Après des années partagées entre Genève et Bruxelles, Omar Ba s’installe plus récemment entre Dakar et New York, sans jamais couper le lien avec son atelier de Bambilor, près de la capitale sénégalaise, où il puise l’essentiel de son inspiration.




