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Bénin : 320 millions de dollars de la Banque mondiale pour le barrage de Dogo-Bis

barrage de Dogo-Bis barrage de Dogo-Bis
Signature des accords à la Cité ministérielle de Cotonou ©️Gouv Bénin

Le Bénin avance dans le financement du barrage de Dogo-Bis, projet hydroélectrique central de sa stratégie énergétique, en renforçant en parallèle son investissement dans le capital humain. Cette double orientation, portée par un nouveau soutien de la Banque mondiale, traduit une méthode assumée par les autorités béninoises : traiter l’infrastructure et le social comme deux moteurs interdépendants de la croissance.

Le gouvernement béninois et le Groupe de la Banque mondiale ont signé, le 17 juillet 2026 à Cotonou, deux accords de financement d’un montant total de 320 millions de dollars. Le premier, de 150 millions de dollars, finance la première phase de construction du barrage de Dogo-Bis, sur le fleuve Ouémé. Le second, de 170 millions de dollars, finance le programme ALAFIA I, dédié à la nutrition et à la santé de la petite enfance.

Selon le document de projet publié par la Banque mondiale, le barrage de Dogo-Bis poursuit un triple objectif : construire les infrastructures socio-économiques de la zone concernée, renforcer les capacités institutionnelles nécessaires à sa réalisation, et créer des emplois durables pour le pays. 

Le communiqué officiel du gouvernement précise que cette infrastructure vise à renforcer la production nationale d’énergie, sécuriser l’approvisionnement en eau et soutenir le développement d’un pôle agro-industriel dans la vallée de l’Ouémé. 

Le ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Édouard Dahomé, a indiqué que l’ouvrage doit dynamiser cette zone agricole tout en augmentant la capacité nationale de production d’électricité.

ALAFIA I, un investissement direct dans la santé et la nutrition

barrage de Dogo-Bis
©️Gouv Bénin

Le programme ALAFIA I, baptisé « Nourrir le Bénin pour l’avenir », cible en priorité l’accès des femmes et des enfants à des services intégrés de nutrition, de santé et de développement de la petite enfance. Le ministre délégué chargé de la mobilisation des ressources extérieures, Hugues Oscar Lokossou, a indiqué que ces investissements doivent aussi améliorer la sécurité alimentaire et renforcer la connectivité des territoires.

Ces deux accords ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans le nouveau Cadre de partenariat pays entre le Bénin et la Banque mondiale, qui couvre la période 2027-2036 et mobilise une enveloppe globale de 2,6 milliards de dollars, selon la page officielle consacrée au Bénin sur le site de la Banque mondiale. 

Ce cadre intervient dans un contexte social encore marqué par un sous-emploi qui touche 72 % de la population active béninoise sur la période 2021-2022. C’est précisément ce déséquilibre que les autorités disent vouloir corriger en combinant infrastructures productives et services sociaux.

Le pari du Bénin consiste à transformer deux financements complémentaires, l’un tourné vers l’énergie et l’agro-industrie, l’autre vers la santé et la nutrition, en gains mesurables pour l’économie et pour l’emploi. 

La réussite de cette double opération dépendra désormais du rythme d’exécution du barrage de Dogo-Bis et de la capacité du pays à convertir cet investissement en emplois réels, dans un contexte régional où plusieurs pays sollicitent simultanément les mêmes bailleurs.

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