Le Mozambique cherche à convaincre les investisseurs privés que son économie ne se limite pas à ses réserves de gaz. Dans ce contexte, l’annonce d’un engagement de 250 millions de dollars par le milliardaire tanzanien Mohammed Dewji prend une résonance particulière. Elle interroge la capacité du pays à transformer les promesses d’investisseurs étrangers en emplois concrets, à un moment où les grands projets gaziers peinent encore à irriguer l’économie locale. Elle éclaire aussi la stratégie régionale d’un des plus grands conglomérats privés d’Afrique de l’Est.
Le milliardaire tanzanien Mohammed Dewji a annoncé un engagement d’investissement de 250 millions de dollars au Mozambique, assorti d’un objectif de création de 20 000 emplois. L’annonce a été faite à Maputo, à l’issue d’une rencontre avec le président mozambicain Daniel Chapo consacrée au renforcement des relations économiques entre la Tanzanie et le Mozambique.
Sur son compte Facebook, l’entrepreneur a écrit que le Groupe MeTL s’était engagé à « investir 250 millions de dollars au Mozambique ». Il ajoute que cet investissement étend la présence du groupe tanzanien au-delà de ses frontières nationales. Ni MeTL Group ni la présidence mozambicaine n’ont pour l’heure précisé la répartition sectorielle de cet engagement, son calendrier de déploiement ou son mode de financement.
Basé à Dar es Salaam, MeTL Group figure parmi les plus importants conglomérats privés d’Afrique de l’Est. Le groupe est présent dans une dizaine de pays, dont la Tanzanie, le Rwanda, la Zambie, l’Ouganda, la RDC et le Mozambique, et emploie environ 37 000 personnes sur le continent. Ses activités couvrent l’agriculture, l’industrie manufacturière, les boissons, le textile, l’énergie, la logistique, l’immobilier et les services financiers, pour un chiffre d’affaires annuel proche de 2 milliards de dollars.
Mohammed Dewji dirige le groupe depuis 2001. Il est régulièrement cité par Forbes Afrique comme le plus jeune milliardaire africain, avec une fortune estimée à 2,1 milliards de dollars. Sa stratégie repose sur un principe constant, celui de produire localement des biens de grande consommation, à moindre coût, pour concurrencer les produits importés.
Le groupe a suivi ce schéma ailleurs sur le continent, avec des engagements annoncés les années précédentes en Tanzanie et au Rwanda dans l’agroalimentaire et les boissons.
Le Mozambique en quête de capitaux privés au-delà du gaz
Pour le Mozambique, cette promesse d’investissement s’inscrit dans une stratégie plus large qui vise à attirer des capitaux privés afin de soutenir l’industrialisation et la création d’emplois. Le gouvernement de Daniel Chapo cherche notamment à diversifier l’économie au-delà des grands projets gaziers, dont les retombées sur l’emploi demeurent pour l’heure limitées.
Le pays mise en particulier sur le méga-projet Mozambique LNG, évalué à 20 milliards de dollars et longtemps retardé par l’insécurité dans le nord du pays. En janvier 2026, la Banque mondiale a par ailleurs approuvé une nouvelle stratégie de partenariat pour la période 2026-2031, avec l’ambition de mobiliser environ 2,5 milliards de dollars autour de l’énergie, de l’agrobusiness et du tourisme, trois secteurs jugés plus créateurs d’emplois que l’industrie gazière.
C’est dans cet environnement que s’inscrit la promesse de Mohammed Dewji. Elle rejoint une série d’engagements privés annoncés ces derniers mois au Mozambique, sans qu’un calendrier précis de mise en œuvre n’ait encore été communiqué.
