SolarAfrica figure aujourd’hui parmi les fournisseurs indépendants d’énergie solaire les plus importants du continent africain, avec plus de 200 projets livrés et financés dans cinq pays. Quinze ans après sa création, l’entreprise doit sa croissance à une innovation commerciale dans la facturation et à un changement réglementaire déterminant en Afrique du Sud.
Fondée en novembre 2011 sous le nom de NVI Energy par James Irons et David McDonald, SolarAfrica adopte d’abord une approche diversifiée, finançant des projets liés au biogaz et à la biomasse, avant de se recentrer entièrement sur le solaire à partir de 2014, quand la baisse mondiale des coûts rend cette technologie pleinement compétitive. C’est à cette période qu’elle prend le nom de SolarAfrica. Sa première collaboratrice, Preeti Ragoobar, recrutée la même année, travaille toujours dans l’entreprise aujourd’hui, qui ne comptait alors que trois salariés.
SolarAfrica se distingue par une innovation dans la facturation de ses clients. Les contrats d’achat d’électricité solaire imposent traditionnellement un paiement mensuel minimum, que l’électricité soit consommée ou non. SolarAfrica choisit de facturer uniquement ce qui est réellement consommé, de sorte qu’une entreprise fermée un week-end ne paie rien pour cette période.
En 2017, l’entreprise livre le plus grand système solaire industriel jamais installé en Afrique de l’Est, pour le compte de la société kényane Krystalline Salt. L’année suivante, elle finance le plus grand système de batteries du continent, avec la toute première installation d’un Tesla Power Pack en Afrique, pour le compte du groupe hôtelier de luxe Singita.
SolarAfrica : une croissance portée par un changement de réglementation
En 2021, l’Afrique du Sud relève le seuil de licence pour les projets de production d’énergie, qui passe de 1 à 100 mégawatts. Cette évolution réglementaire ouvre la porte au secteur privé dans la production d’énergie solaire, une opportunité que SolarAfrica saisit pour accélérer son développement. L’entreprise a depuis livré et financé plus de 204 projets, pour une capacité cumulée dépassant 60 mégawatts en contrats solaires commerciaux, et une réduction d’émissions estimée à plus de 295 000 tonnes de CO2. Elle emploie désormais plus de 50 salariés.
En 2023, SolarAfrica fusionne avec Starsight Energy, un autre fournisseur d’énergie propre actif à travers le continent, pour donner naissance à un groupe présent en Afrique australe, de l’Est et de l’Ouest. Cette opération bénéficie du soutien de deux investisseurs institutionnels, Helios Investment Partners et AIIM. En septembre 2024, la société française Mirova, filiale de Natixis Investment Managers spécialisée dans l’investissement durable, accorde à SolarAfrica un financement de dette de long terme de 15 millions de dollars, destiné à soutenir la construction de nouveaux projets commerciaux et industriels. L’entreprise a par ailleurs été distinguée à deux reprises comme « African Solar Company of the Year » par l’African Solar Industry Association, en 2021 et en 2023.
En février 2025, SolarAfrica annonce la clôture financière de la première tranche de son projet SunCentral : 114 mégawatts, situés entre Hanover et De Aar, dans le Cap-Nord, pour un montant d’environ 1,8 milliard de rands, financé par Investec et Rand Merchant Bank (RMB).
En février 2026, l’entreprise finalise le financement de SunCentral 2, la deuxième tranche de 114 mégawatts du même projet, pour environ 94 millions de dollars, apportés à nouveau par RMB et Investec. À terme, l’ambition affichée est de porter la capacité totale du site à 1 gigawatt, avec une mise en service de SunCentral 2 prévue dans le courant de l’année 2026.
En quinze ans, SolarAfrica est devenue l’une des références de l’énergie solaire en Afrique. Grâce à des investissements soutenus, une innovation commerciale et de solides partenariats financiers, l’entreprise montre ce que le secteur privé peut apporter à la transition énergétique du continent, à travers des projets comme SunCentral.