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Zimbabwe : le coup d’accélérateur de Cassava et des géants de la tech pour imposer les langues africaines dans l’IA

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Soixante organisations ont fixé, le même jour à New York, un objectif commun pour l’IA dans les langues africaines et celles du reste du monde. Parmi elles, un groupe africain a déjà commencé à installer ses machines sur le continent.

Cassava Technologies, groupe fondé par le milliardaire zimbabwéen Strive Masiyiwa, fait partie des 60 organisations qui ont annoncé, le 21 septembre 2026 à New York, un engagement commun pour l’IA dans les langues africaines et les autres langues peu représentées. 

Le but fixé sur cinq ans est que 3,4 milliards de personnes, qui parlent des langues absentes des modèles actuels, puissent utiliser l’IA dans leur langue et avec leur voix. L’annonce, coordonnée par la Fondation Gates, réunit aussi Amazon, Google, Microsoft, Anthropic, l’OpenAI Foundation et Nvidia.

Seule une petite part des quelque 7 000 langues du monde dispose de données suffisantes pour soutenir de bonnes performances en IA, rappelle la Fondation Gates. Les autres, dites « peu dotées », sont sous-représentées dans les données, les outils et les références qui servent à construire et à tester les modèles. L’Afrique compte plus de 2 000 langues, selon Billionaires.Africa.

Quatre chantiers sont retenus. Ils portent sur des bases de données linguistiques ouvertes, des outils de mesure des progrès, des modèles et applications utilisables par tous les développeurs, et la protection de la vie privée, du consentement et de la souveraineté des données. La voix occupe une place à part, car elle permet d’interagir avec l’IA là où l’écriture au clavier est peu pratique.

Côté africain, la liste comprend le collectif Masakhane, la start-up sud-africaine Lelapa AI, Data Science Nigeria, Deep Learning Indaba, l’Institut éthiopien d’IA et le ministère sénégalais des Télécommunications et des Affaires numériques. L’Unicef et la Banque mondiale en font aussi partie.

Les enjeux économiques de l’IA dans les langues africaines

Les usages visés relèvent de secteurs économiques concrets. Le communiqué cite la santé, l’éducation, l’agriculture, les services financiers et les services publics. Le coût entre aussi en jeu. Selon les recherches de Qhala, rapportées dans le recueil des citations des signataires, traiter certaines langues africaines peut coûter de trois à trente fois plus cher qu’en anglais, en raison de la manière dont les modèles actuels les représentent.

Cassava a déjà engagé un chantier d’infrastructure. Le groupe a annoncé en mars 2025, avec Nvidia, une « usine d’IA » africaine. Bloomberg évoquait un investissement qui pourrait atteindre 720 millions de dollars et l’installation de 12 000 processeurs graphiques en trois à quatre ans, en Afrique du Sud, en Égypte, au Nigeria, au Kenya et au Maroc, à commencer par 3 000 en Afrique du Sud. 

Le déploiement sud-africain est engagé, selon Connecting Africa. En novembre 2025, le groupe a aussi lancé Cassava AI Multi-Model Exchange, plateforme qui donne à ses clients africains accès à des modèles d’OpenAI, d’Anthropic et de Google, selon Billionaires.Africa.

Dans la coalition, Cassava veut « donner à l’Afrique l’infrastructure pour écrire son propre avenir », a déclaré Ahmed El Beheiry, vice-président exécutif et directeur technique et IA du groupe. Le groupe cite le swahili comme première langue visée, suivie du zoulou, de l’afrikaans et de l’arabe.

Aucun budget global n’a été annoncé, ni dans le communiqué, ni dans le texte de l’engagement. Ce texte est rédigé comme une intention de bâtir une coalition. Sa structure et sa gouvernance seront définies collectivement au cours de l’année à venir. Il précise aussi que la connectivité, l’électricité et l’accès à des appareils à bas coût doivent être réglés pour que les avancées atteignent les utilisateurs.

Le premier chiffre à suivre ne sera donc pas le nombre de signataires, mais le premier montant que la coalition rendra public pour financer l’IA dans les langues africaines.

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