Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.

Yaya Moussa, le soft power africain porté par le streaming et l’art

Yaya Moussa Yaya Moussa
Yaya Moussa, fondateur de Africa Prime © Africa Prime

Un continent de 1,2 milliard d’habitants, 54 nations, plus de 2 000 langues et plus de 3 000 patrimoines culturels. Et pourtant, une histoire que le monde n’a jamais vraiment entendue. C’est ce constat qui pousse Yaya Moussa, financier de formation, à fonder en 2014 une plateforme de streaming pour raconter l’Afrique autrement. Dix ans plus tard, celle-ci finance aussi la création artistique du continent qu’elle met en lumière.

Avant de devenir conteur, Yaya Moussa a d’abord été banquier. Né au Cameroun, il poursuit ses études en France, en Angleterre puis aux États-Unis, où il décroche un doctorat à l’Université Paris-Dauphine consacré au capital-risque. Sa carrière se construit ensuite entre l’Europe et l’Amérique du Nord, dans la banque, le conseil et la notation de crédit, en passant par tous les étages du financement, celui des PME, celui des États, celui des multinationales.

Entre 2005 et 2009, il occupe le poste de représentant résident du FMI en République du Congo. Il enseigne également la gestion financière à l’Université Paris X et siège comme vice-président aux Affaires internationales du World Affairs Council, un think tank basé à Washington D.C., où il vit encore. 

Aujourd’hui à la tête de sa propre société d’investissement, il revient sur ce parcours international dans un entretien accordé à Forbes Afrique, qui lui a permis de développer à la fois son ambition professionnelle et son humilité personnelle, mais aussi de renforcer sa conviction que les Africains ne doivent compter que sur eux-mêmes.

C’est de cette foi qu’est né Africa Prime en 2014. Yaya Moussa veut combler une lacune qu’il observe dans le paysage médiatique mondial, celle d’une Afrique rarement montrée pour ses réussites. Il décrit sa vision de départ comme un service de diffusion internationale capable de mettre en lumière les récits, les cultures et les succès des 1,2 milliard d’Africains, loin des représentations réductrices encore dominantes.

L’ambition dépasse le simple divertissement. Africa Prime cherche à dissiper les idées reçues sur le continent, à projeter l’image d’une Afrique confiante, et à resserrer les liens entre l’Afrique et le reste du monde. La plateforme a d’ailleurs pris position dans le débat sur les relations entre l’Afrique et les États-Unis, à travers des interviews et des articles qui plaident pour un renforcement mutuel des liens diplomatiques et économiques entre les deux parties.

Yaya Moussa, dix ans de diffusion gratuite

Dix ans après son lancement, Africa Prime reste fidèle à son principe fondateur, l’accès gratuit, sans abonnement ni revenu récurrent. Ce choix a un prix. Yaya Moussa reconnaît que le contenu reste coûteux à acquérir, à produire et à renouveler, et que la plateforme est toujours à la recherche de partenaires, en Afrique comme aux États-Unis, pour en exploiter tout le potentiel. 

Un projet commun est en cours avec une importante société de télévision africaine. La plateforme revendique aujourd’hui environ 100 000 téléspectateurs réguliers, un socle d’audience qu’elle cherche désormais à consolider plutôt qu’à faire croître à tout prix.

Yaya Moussa
Yaya Moussa, fondateur de Africa Prime ©Africa Prime

En 2022, Yaya Moussa élargit le rôle d’Africa Prime avec le lancement d’Africa Prime Initiative (API), le bras philanthropique de la plateforme. L’idée est de faire comprendre que diffuser des contenus africains ne suffit plus s’il n’existe pas de soutien à leur création. Africa Prime Initiative se donne pour mission de renforcer les capacités des artistes africains émergents en leur fournissant des connaissances techniques, des équipements et des financements pour leurs projets créatifs.

L’initiative s’appuie rapidement sur des partenariats avec des galeries locales, dont StArt Art Gallery en Namibie et Loman Art au Sénégal, pour offrir des bourses à de jeunes artistes. Ces bourses lèvent les obstacles financiers auxquels se heurtent les créateurs africains, tout en leur offrant une visibilité internationale grâce aux expositions organisées dans leur pays et à la diffusion de leurs œuvres sur Africa Prime.

Le pari du Ghana et du Sénégal

En 2023, l’initiative s’étend au Ghana et confirme son ancrage au Sénégal, deux choix que Yaya Moussa justifie par le dynamisme créatif de ces scènes artistiques. Le Sénégal porte un patrimoine artistique reconnu, représenté par la Biennale de Dakar, tandis que la scène contemporaine ghanéenne se développe à grande vitesse. 

En partenariat avec Loman Art au Sénégal et Gallery Soview au Ghana, Africa Prime Initiative offre des bourses allant jusqu’à 2 000 dollars à des artistes émergents, pour leur permettre de créer de nouvelles œuvres et d’affiner leurs compétences.

Pour la suite, Yaya Moussa privilégie la consolidation plutôt que l’expansion rapide. Africa Prime Initiative (API) entend d’abord maximiser l’impact de ses projets en cours avant d’envisager de nouvelles étapes. Une galerie physique API dans une grande ville internationale fait partie des pistes évoquées, sans qu’aucune décision n’ait encore été prise.

Pour Yaya Moussa, le principal obstacle au plein potentiel audiovisuel de l’Afrique ne tient pas seulement au manque d’infrastructures, de financement ou de compétences en gestion, bien que ces lacunes restent réelles. De nombreux créateurs africains n’ont toujours pas accès aux outils de production modernes ni au soutien financier nécessaire pour développer leur art à la hauteur de leur talent.

Mais l’enjeu le plus décisif, selon lui, se situe ailleurs : « Un autre défi de taille consiste à faire en sorte que les créateurs africains aient le contrôle de leurs propres récits. » Trop souvent, les histoires africaines continuent d’être racontées depuis un point de vue extérieur au continent.

C’est précisément ce que Yaya Moussa entend corriger depuis dix ans, convaincu que : « La mission d’Africa Prime est de veiller à ce que les cultures africaines soient représentées sur la scène mondiale de manière authentique. »

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post
SIKILI

SIKILI, la startup sénégalaise du reconditionné électronique

Next Post
Papa Amadou Sarr

Papa Amadou Sarr, le développement à l’épreuve du terrain

Publicité