Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.

Nassef Sawiris, l’art d’arbitrer les empires

Nassef Sawiris Nassef Sawiris
Nassef Sawiris, homme le plus riche d'Égypte et 5e fortune d'Afrique selon Forbes en 2026

Il a construit un empire du ciment, puis l’a vendu. Il a bâti un géant mondial des engrais, puis a commencé à s’en défaire. En 2026, Nassef Sawiris prépare un troisième empire, cette fois dans les infrastructures américaines, avec 50 milliards de dollars en poche. Entre ces trois actes, l’homme le plus riche d’Égypte a aussi dû reconquérir, devant la justice néerlandaise, le contrôle du groupe que son père lui avait transmis. Portrait.

Nassef Sawiris naît le 19 janvier 1961 à Assouan, en Égypte, dans une famille copte. Il est le cadet des trois fils d’Onsi Sawiris, le fondateur du groupe Orascom, derrière ses frères Naguib et Samih. Sa scolarité secondaire se déroule à la Deutsche Evangelische Oberschule du Caire, l’école allemande de la capitale égyptienne, un choix qui l’expose tôt à une culture d’affaires internationale.

Il traverse ensuite l’Atlantique pour rejoindre l’Université de Chicago, où il obtient en 1982 une licence en économie. Cette formation américaine le distingue de ses deux frères, restés plus proches de l’Europe dans leurs parcours respectifs. Elle lui donne surtout les bases théoriques d’une carrière qui débute sans détour, dès l’obtention de son diplôme.

La prise en main de l’empire du BTP

En 1982, à peine sorti de l’université, Nassef Sawiris rejoint le groupe Orascom fondé par son père. Il prend en charge les activités de construction du groupe après le transfert progressif du contrôle par Onsi Sawiris en 1995, puis devient Directeur général d’Orascom Construction Industries lors de sa constitution en 1998. L’entreprise entre en Bourse l’année suivante, une opération qui fait basculer la famille Sawiris dans une tout autre dimension financière.

Sous sa direction, OCI se transforme en acteur important du BTP et du ciment en Afrique et au Moyen-Orient. Il rejoint le conseil de Lafarge en 2008, avec un investissement personnel de 3,8 milliards de dollars pour entrer au capital du cimentier français, puis celui de LafargeHolcim en 2015. Il préside OCI SAE à partir de 2009 et reste directeur général du groupe jusqu’en 2020.

Au-delà de sa consolidation dans le ciment, Nassef Sawiris oriente OCI vers un autre secteur stratégique, celui des engrais azotés. L’entreprise devient l’un des plus gros producteurs mondiaux d’ammoniac et de nitrate, avec des usines au Texas et dans l’Iowa, cotée sur Euronext Amsterdam. Ce virage industriel donne naissance au second empire de Nassef Sawiris, distinct de celui du BTP familial.

Mais l’histoire se répète. Selon une enquête de Billionaires.Africa publiée en mai 2026, Nassef Sawiris a vendu pour environ 12,8 milliards de dollars d’activités cimentières au fil des années, avant de céder pour plus de 11,6 milliards de dollars d’actifs dans les engrais entre 2024 et 2025, dont ses activités méthanol à l’américain Methanex et son usine de l’Iowa.

Nassef Sawiris, un patrimoine qui dépasse la construction

Nassef Sawiris

Sa réussite industrielle ne l’empêche pas de diversifier son patrimoine loin du BTP et de la chimie. Via son véhicule NNS Holding, il devient actionnaire d’Adidas en 2015 et rejoint le conseil de surveillance du groupe l’année suivante. 

En mars 2026, Adidas le désigne pour succéder à Thomas Rabe à la présidence du conseil, un poste qui fait de lui l’une des rares personnalités non européennes à diriger une grande marque de consommation mondiale, en maintenant le Directeur général Bjorn Gulden en poste jusqu’en 2030.

Dans le sport, Nassef Sawiris s’associe à l’Américain Wes Edens pour racheter le club de football Aston Villa via leur structure commune V Sports, avec environ 360 millions de livres injectées dans le club sans recours à l’endettement. Il détient également 6,3 % de MSG Sports, propriétaire des Knicks de New York en basketball et des Rangers en hockey.

Sa fortune sert aussi la philanthropie. Il a fait don de 24 millions de dollars à l’Université de Chicago en 2019 pour soutenir des étudiants égyptiens, puis de 6 millions de dollars pour lancer un programme de formation continue de la Booth School of Business à El Gouna, en Égypte.

La reconquête de l’empire familial

L’année 2025 marque un changement plus tumultueux. En décembre, OCI et Orascom Construction, la société cotée à Abou Dabi également liée à la famille Sawiris, annoncent un projet de fusion destiné à créer une plateforme d’infrastructure basée aux Émirats. 

Le projet se heurte cependant à la justice néerlandaise. En janvier 2026, la Cour d’appel d’Amsterdam suspend le vote des actionnaires après une plainte d’investisseurs minoritaires qui dénoncent un conflit d’intérêts, et impose deux administrateurs indépendants disposant d’un droit de veto.

Le 4 mars 2026, OCI Global confirme dans un communiqué officiel que Nassef Sawiris quitte la présidence exécutive du groupe pour se présenter comme administrateur non exécutif, une décision largement interprétée comme un geste destiné à apaiser les inquiétudes de la justice sur son influence au sein du conseil. Lui et sa sœur Nadia, également membre du conseil, se retirent de toutes les discussions concernant la suite des opérations.

Le recul est de courte durée. En avril 2026, sa société d’investissement familiale NNS Holding porte sa participation dans Orascom Construction à 43,39 %. Puis,en juillet 2026, NNS Holding dépasse les 55 % du capital d’OCI Global dans le cadre d’une offre de retrait de la bourse à 4,10 euros par action. La famille Sawiris reprend ainsi, de fait, le contrôle total du groupe qu’elle avait fondé.

Nassef Sawiris, le temps du troisième empire

Nassef Sawiris

D’après le Forbes, Nassef Sawiris occupe la 362e place du classement mondial des milliardaires en 2026. À l’échelle du continent, le classement Forbes Africa publié en mars 2026 le situe au 5e rang, avec une fortune estimée à 9,6 milliards de dollars, ce qui en fait toujours l’homme le plus riche d’Égypte.

Après avoir vendu deux empires industriels à leur sommet, il en prépare un troisième. Il prévoit désormais de diriger jusqu’à 50 milliards de dollars de capitaux sur dix ans vers les infrastructures américaines, entre réseaux de transport, centres de données et grands chantiers de construction. 

Nassef Sawiris vit aujourd’hui entre Abou Dabi et l’Italie. Il a quitté le Royaume-Uni après une réforme fiscale sur le statut de non-résident. Il défend une idée : un empire industriel n’a de valeur que si l’on sait s’en défaire au bon moment.

À lire aussi :

Top 10 des milliardaires africains et afrodescendants selon Forbes 2026

Top 10 des entreprises familiales les plus influentes en Afrique en 2026

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post
dispositif COPA Digital en RDC

RDC : COPA Digital, le nouveau dispositif pour faciliter le financement des startups et PME Tech

Next Post
Mehdi Qotbi

Mehdi Qotbi, l’ambassadeur de la lumière

Publicité