Fondée à Dar es Salaam en 2020, NovFeed convertit les déchets organiques en aliments riches en protéines pour l’aquaculture et en biofertilisants agricoles. La startup tanzanienne a réduit les coûts d’alimentation de 40 % pour les pisciculteurs locaux et améliore les rendements de 45 %. En décembre 2025, elle a remporté le grand prix Africa’s Business Heroes, doté de 300 000 dollars, devant plus de 32 000 candidats à travers le continent.
Dans les marchés de Dar es Salaam, des tonnes de fruits et légumes finissent chaque jour à la poubelle. La ville produit 9 000 tonnes de déchets par jour, tandis que le déficit annuel en protéines pour l’alimentation animale dépasse 244 000 tonnes. NovFeed a vu dans ce paradoxe une opportunité. Ces déchets organiques, inexploités et encombrants, sont exactement ce dont la startup a besoin pour produire ses protéines.
NovFeed utilise des microbes naturels et la biotechnologie industrielle pour transformer les déchets organiques en un produit protéiné hautement concentré. L’entreprise se concentre sur la production d’intrants nutritifs et personnalisables pour le système alimentaire, permettant aux secteurs de la viande et de l’aquaculture de disposer de sources alternatives de protéines.
Le procédé est sans produits chimiques. La plateforme biotechnologique propriétaire de NovFeed transforme les déchets organiques en une source de protéines naturelle, traçable, non animale et non OGM. Diana Orembe, fondatrice et directrice générale de NovFeed, compare le processus au brassage de la bière. Les ingrédients principaux sont les déchets agricoles et les cellules bactériennes. Le reste est une question de science.
Le produit principal est une farine protéinée pour l’alimentation des poissons. Un sous-produit du processus, le Novliquid, est en cours d’évaluation comme biofertilisant. Les produits NovFeed réduisent les coûts d’alimentation jusqu’à 40 % et augmentent les rendements de 45 %. Un processus qui rend l’aquaculture et l’agriculture plus productives et plus sobres en carbone en Tanzanie.
NovFeed : un impact concret sur les petits pisciculteurs
Les résultats sur le terrain sont mesurables. NovFeed a déjà recyclé plus de 500 tonnes de déchets alimentaires et amélioré les revenus de plus de 2 000 pisciculteurs à travers la Tanzanie. Ses produits sont environ 30 % moins chers que les alternatives importées.
La startup sert plus de 1 300 agriculteurs via un réseau de prestataires de services locaux et contribue à la sécurité alimentaire et au renforcement économique des zones rurales.

Pour les pisciculteurs locaux, l’équation est simple. L’alimentation représente souvent plus de 60 % des coûts de production en aquaculture. Une réduction de 40 % sur ce poste change directement la rentabilité de l’exploitation. NovFeed ne vend pas un produit de niche. Elle répond à une demande structurelle dans un secteur en forte croissance sur le continent.
NovFeed a été fondée en 2020 par Diana Orembe, microbiologiste, et Otaigo Elisha, économiste environnemental. Avant de lancer NovFeed, Diana Orembe a travaillé plusieurs années dans des laboratoires de recherche appliquée, convaincue que la biotechnologie pouvait apporter des solutions concrètes aux problèmes alimentaires africains.
Les premiers pas de la startup ont rapidement attiré l’attention. En 2020, NovFeed a été reconnue comme premier finaliste à l’Ifakara Hackathon pour la meilleure innovation en matière de sécurité alimentaire. La même année, la startup a remporté dix millions de shillings tanzaniens au Stanbic Entrepreneurship Challenge.
En 2023, la startup tanzanienne a remporté le grand prix d’un million de dollars du Milken-Motsepe Prize en AgriTech, organisé par le Milken Institute et la Fondation Motsepe, pour sa technologie de recyclage des déchets organiques en protéines végétales nutritives et en biofertilisants naturels concentrés.
Africa’s Business Heroes : la consécration continentale
En décembre 2025, NovFeed a ajouté une nouvelle distinction à son palmarès. Diana Orembe a remporté le grand prix du concours Africa’s Business Heroes 2025, devant plus de 32 000 candidats à travers le continent. Elle est repartie avec 300 000 dollars pour développer son entreprise.
Elle a exprimé sa conviction que ce financement permettra d’élargir la production d’aliments pour poissons et d’engrais organiques, deux produits déjà très demandés par les clients. L’objectif est d’atteindre 100 000 agriculteurs d’ici 2030.
NovFeed s’inscrit dans une tendance de fond de l’innovation africaine : transformer les contraintes locales en avantages compétitifs. Les déchets organiques abondants, le déficit en protéines animales, la dépendance aux importations de farines de poisson et de soja. Autant de problèmes structurels que la startup tanzanienne a décidé de résoudre avec les outils de la science.
NovFeed est aujourd’hui l’un des exemples africains les plus clairs d’une innovation féminine et scientifique capable de remodeler un secteur depuis la base.