Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.

Tidjane Dème : le poids lourd du capital-risque africain

Tidjane Dème Tidjane Dème
Tidjane Dème, codirigeant de Partech Africa. ©Partech Partners

Tidjane Dème codirige Partech Africa depuis Dakar, avec Cyril Collon. Le fonds a bouclé son second véhicule le 19 février 2024 à 280 millions d’euros, soit plus de 300 millions de dollars. Chaque mois de janvier, l’équipe publie le rapport qui fixe les chiffres du financement technologique sur le continent. Celui du 22 janvier 2026 annonce un rebond à 4,1 milliards de dollars.

Le 22 janvier 2026, Partech publie son bilan annuel. Le financement de la tech africaine remonte à 4,1 milliards de dollars sur l’année 2025, en équité et en dette cumulées, soit 25 % de plus qu’en 2024. La dette atteint son plus haut niveau historique à 1,64 milliard, avec un passage de 77 à 107 opérations. Tidjane Dème y voit le signe de deux choses. La ténacité des fondateurs africains, et des marchés de capitaux qui gagnent en sophistication.

L’homme qui signe ce constat mesure le chemin depuis un point de départ que peu d’investisseurs partagent. Il vient de Kohel, un village peulh du Saloum, et grandit à Dakar. Baccalauréat au lycée Maurice Delafosse en 1993, deux années de préparation au lycée Jacques Decours à Paris, puis l’École polytechnique, où il obtient un master en physique et mathématiques en 1997. 

Tidjane Dème passe une année à l’Imperial College de Londres pour l’anglais, avant un diplôme de l’ENSTA Paris en systèmes d’information, télécommunications et informatique en 1999. Sa définition du succès vient de ses parents, et il la formule ainsi à SenePlus. Ni la maison, ni la voiture, ni l’argent. La question de savoir quel impact on a eu dans sa communauté.

Consultant, puis entrepreneur

Tidjane Dème démarre chez Cap Gemini à Paris en février 1999, comme consultant médias et télécoms, et y reste jusqu’en juillet 2001. Il rejoint ensuite Cosine Communications, une startup de la Silicon Valley qui travaille sur la virtualisation de réseaux pour opérateurs télécoms.

En 2002, il rentre au Sénégal et fonde CommonSys avec un associé. Le cabinet déploie des plateformes de gouvernement électronique et des solutions d’entreprise en Afrique de l’Ouest, sur des projets menés pour l’État sénégalais. Il le dirige jusqu’en 2008.

En janvier 2009, Google le recrute pour l’Afrique francophone. Il ouvre le bureau de Dakar, travaille avec les communautés de développeurs et les startups dans plus de quinze pays, et lance YouTube sur six marchés africains. Il prend ensuite le développement des investissements d’infrastructure du groupe sur le continent.

Sept ans à observer les entreprises africaines depuis l’intérieur d’une multinationale technologique.

Tidjane Dème passe de l’autre côté

Tidjane Dème
Tidjane Dème et Cyril Collon,

En mai 2016, Tidjane Dème quitte Google pour Partech et lance la branche africaine du fonds avec Cyril Collon. Le premier véhicule, clos en janvier 2019, réunit 125 millions d’euros auprès d’une quarantaine d’investisseurs. Il finance dix-sept startups dans neuf pays, dont Wave, Yoco, TradeDepot, Reliance Health et Nomba.

Le second ferme le 19 février 2024, au-dessus de son plafond, avec plus de quarante investisseurs. Parmi eux, des fonds de pension américains, des fonds souverains du Moyen-Orient, Africa Re, le Dubai Future District Fund, Orange, Axian Investment et la Banque africaine de développement. Le fonds investit de l’amorçage à la série C, avec des tickets de 1 à 15 millions de dollars.

L’implantation suit. Dakar, Nairobi, Dubaï, puis Lagos, ouvert au moment du closing parce qu’un tiers du portefeuille s’y trouve. Le closing de 2024 intervient dans un marché où le nombre d’investisseurs actifs sur la tech africaine avait chuté de moitié en un an, selon le propre rapport de Partech.

Sa préoccupation actuelle porte moins sur la taille du prochain fonds que sur le nombre de personnes capables d’en gérer. Il défend, dans un entretien à Jeune Afrique en juin 2025, l’émergence d’une nouvelle génération de capital-risqueurs africains pour prendre la suite. Peu d’Africains dirigent des fonds d’investissement. Il en fait partie, et cela ne lui suffit pas.

Il envisage par ailleurs de structurer en fondation ses actions de développement rural à Kohel.

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Article précédent
Abou Sangaré

Abou Sangaré : le parcours singulier d'un acteur malgré lui

Article suivant
Salématou Sako Camara

Salématou Sako Camara : l'ambition d'une image de marque pour la Guinée

Publicité