Le Ghana veut produire davantage de ce qu’il consomme, et pas seulement dans l’automobile. L’usine automobile de Tema passe une nouvelle étape, avec une ambition qui dépasse largement le nombre de véhicules assemblés.
Le président ghanéen John Dramani Mahama a inauguré, le 15 septembre 2026, la troisième phase de l’usine automobile de Tema exploitée par Zonda Tec Ghana, entreprise chinoise active dans la distribution et l’assemblage de véhicules.
Cette nouvelle installation affiche une capacité annuelle annoncée de 12 000 véhicules, un chiffre repris par l’agence Xinhua, alors que plusieurs médias ghanéens évoquent plutôt une capacité portée à environ 3 000 véhicules lourds et légers. Le site doit permettre l’assemblage de SUV, de pick-up et de véhicules électriques, et emploie déjà plus de 800 Ghanéens.
Pour les autorités ghanéennes, l’enjeu dépasse la seule production de véhicules. Le gouvernement veut faire émerger, autour de l’usine automobile de Tema et des autres sites d’assemblage du pays, une base de fournisseurs locaux capables de produire batteries, pneus, câblages, sièges, vitrages, pièces plastiques et composants métalliques.
L’objectif est de réduire la dépendance aux pièces importées et de retenir davantage de valeur dans l’économie ghanéenne. Pour appuyer cette ambition, le président ghanéen a annoncé la mise en place d’un seuil minimal de contenu local, condition désormais posée pour bénéficier d’une exonération de TVA sur les véhicules assemblés au pays.
Cette réforme doit distinguer les opérations d’assemblage qui créent réellement de la valeur locale des montages limités sur des véhicules presque entièrement importés, alors que l’ancien abattement de 20 % avait été supprimé dans le budget 2026.
Zonda Tec et l’usine automobile de Tema, une histoire ghanéenne
Zonda Tec avait commencé ses activités au Ghana comme simple distributeur de véhicules en 2010, sous la direction de sa gérante générale, Yang Yang, avant de se développer dans les pièces détachées, le service après-vente puis l’assemblage local.
La nouvelle phase de l’usine doit presque doubler ses effectifs directs et créer environ 1 000 emplois indirects dans la logistique, la maintenance, la fourniture de composants et la distribution. L’entreprise a par ailleurs mis en place une fondation qui offre des bourses à des Ghanéens pour étudier la fabrication automobile en Chine.
Le gouvernement veut aussi stimuler la demande intérieure. Il a appelé au développement de solutions de financement automobile accessibles sur le long terme, notamment pour les travailleurs du secteur public, afin de créer un marché suffisamment dynamique pour absorber les capacités industrielles nouvellement installées.
À plus long terme, les autorités veulent relier l’exploitation des ressources minières et le potentiel du pays en énergies renouvelables à la production de batteries, puis à l’assemblage automobile et, à terme, à l’exportation.
Que la capacité de l’usine automobile de Tema soit de 3 000 ou de 12 000 véhicules par an, la vraie question posée par le gouvernement ghanéen n’est plus de savoir combien de voitures en sortent, mais combien de leurs pièces auront été fabriquées sur place.