À quelques jours de ce qui doit devenir la plus grosse opération de ce type dans l’histoire du Nigeria, l’introduction en Bourse de Dangote s’appuie sur des résultats qui devraient peser lourd dans la balance des investisseurs.
La raffinerie d’Aliko Dangote, installée à Lekki au Nigeria, a publié début septembre 2026 ses résultats financiers pour le premier semestre. Selon un rapport de la banque d’investissement Renaissance Capital Africa,l’entreprise a généré 13,91 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 2,50 milliards de dollars de bénéfice brut et 1,82 milliard de dollars de bénéfice net sur les six premiers mois de l’année.
Son excédent brut d’exploitation atteint 2,60 milliards de dollars, contre 545,3 millions sur l’ensemble de l’année 2025. Cette publication intervient à une semaine de l’ouverture de l’introduction en Bourse de Dangote, prévue le 14 septembre 2026.
Cette progression tient d’abord à la montée en puissance de l’outil industriel. Le site ne fonctionnait qu’à environ 45 % de sa capacité en janvier. Après des travaux sur son unité de craquage catalytique, il atteint une utilisation complète de sa distillation dès le deuxième trimestre, pour une moyenne semestrielle de 83,6 %.
Sa capacité de traitement, certifiée à 700 000 barils par jour lors d’un test de performance en juin 2026, dépasse désormais sa capacité nominale de 650 000 barils. L’autre moteur reste la marge de raffinage, l’écart entre le coût du brut et le prix de vente des produits finis.
Elle grimpe à 24,50 dollars le baril sur le semestre, contre 13,70 dollars en 2025 et 10,70 dollars en 2024, avec un pic à 33,70 dollars au premier trimestre avant un reflux lié à la normalisation des marges mondiales après les tensions liées au conflit iranien.
Renaissance Capital anticipe une moyenne de 27,55 dollars sur l’année entière, ce qui suppose un rebond entre 29 et 30 dollars au second semestre. Sur le plan commercial, la raffinerie a livré son premier chargement de kérosène aux États-Unis cette année, s’est hissée au rang de premier exportateur mondial de ce carburant en avril et mai, avant de devenir en août le principal fournisseur de kérosène et de diesel du marché européen.
Les chiffres de l’introduction en Bourse de Dangote
L’offre s’ouvre le 14 septembre et se clôture le 13 octobre 2026. Elle porte sur 4,1 milliards d’actions à 525 nairas chacune, avec une souscription minimale de dix actions, et doit permettre de lever environ 1,6 milliard de dollars, soit 2,15 billions de nairas.
Aliko Dangote a présenté l’introduction en Bourse comme une opération accessible au plus grand nombre, en insistant sur le fait que chauffeurs, cuisiniers, employés de maison ou cadres pourraient tous devenir actionnaires avec une mise d’entrée minime. Le Directeur général de la raffinerie, David Bird, a repris la même idée.
Renaissance Capital estime la valeur de l’entreprise après introduction en Bourse entre 57,11 et 65,44 milliards de dollars. Cela représente jusqu’à 32 % de plus que le prix validé par le régulateur. Cette estimation inclut un projet d’extension qui portera la capacité à 1,4 million de barils par jour, soit le double du niveau actuel. Aliko Dangote détient 92,3 % de la raffinerie avant l’opération, une part appelée à se diluer à environ 89,25 % après l’offre.
Cette dynamique profite directement à son propriétaire. Toujours classé homme le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote a vu sa fortune atteindre 35,3 milliards de dollars fin août selon le Bloomberg Billionaires Index, portée cette fois par le pétrole plutôt que par son activité historique dans le ciment.
L’introduction en Bourse de Dangote représente un pari industriel, mais aussi social. Il s’agit de convaincre des millions de petits épargnants nigérians d’investir dans une raffinerie. Sa valeur est estimée entre 49 et 65 milliards de dollars selon les analystes.