Le milliardaire nigérian Aliko Dangote inscrit sa philosophie personnelle dans une décision successorale d’ampleur inédite pour le continent. La transmission d’une partie de la fortune d’Aliko Dangote à des œuvres caritatives vient d’être officiellement révélée par sa propre famille, dans un pays où les inégalités de richesse restent parmi les plus marquées au monde.
Halima Dangote, fille du milliardaire et administratrice de la Fondation Aliko Dangote, a révélé dans un entretien accordé à Bloomberg, publié le 28 juillet 2026, que son père prévoit de consacrer un tiers de sa fortune à des œuvres philanthropiques.
Cette fortune est estimée à 35,1 milliards de dollars par le Bloomberg Billionaires Index. Le legs représente environ 11,6 milliards de dollars au cours actuel. Il a déjà été validé par ses deux sœurs et leur grand-mère, qui ont signé le testament l’autorisant.
Halima Dangote a précisé que son père avait en réalité déjà donné 25 % de son patrimoine à la fondation familiale. Mais selon les règles de succession islamiques, ce don équivaut à 33 % de l’ensemble de son héritage, une fois les parts réservées aux héritiers prises en compte.
C’est cette mécanique successorale, plus que la seule générosité personnelle du milliardaire, qui explique le chiffre de 33 % de la fortune d’Aliko Dangote désormais mis en avant.
L’annonce intervient alors que le continent concentre une part disproportionnée des inégalités mondiales. Selon Oxfam, près de la moitié des 50 pays les plus inégalitaires au monde se trouvent en Afrique, et les revenus des 1 % les plus riches y ont progressé cinq fois plus vite que ceux des 50 % les plus pauvres depuis 2020.
La fortune d’Aliko Dangote reste en retrait du seuil du Giving Pledge
Ce legs demeure inférieur au seuil de 50 % généralement associé au Giving Pledge, initiative lancée en 2010 par Warren Buffett et Bill Gates pour inciter les grandes fortunes mondiales à céder la majorité de leur patrimoine à la philanthropie.
Plus de 250 personnes ou couples y ont adhéré à travers le monde, mais l’Afrique reste faiblement représentée, avec seulement quelques signataires : le Sud-Africain Patrice Motsepe et son épouse Precious, les Zimbabwéens Strive et Tsitsi Masiyiwa, et le Tanzanien Mohammed Dewji.
Créée en 1994, la Fondation Aliko Dangote dispose d’une dotation initiale de 1,25 milliard de dollars, renforcée depuis par 700 millions de dollars supplémentaires. Elle consacre 70 % de ses ressources au Nigeria, 20 % au reste de l’Afrique et le solde à des projets internationaux, dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’éducation et de l’aide humanitaire.
La fondation a notamment contribué, aux côtés de la Fondation Bill et Melinda Gates et des autorités des États du nord du Nigeria, à l’éradication de la poliomyélite sauvage sur le continent en 2020. En mars 2025, Aliko Dangote avait déjà été inscrit sur la première liste TIME100 Philanthropy, seul Nigérian distingué dans la catégorie des grandes figures philanthropiques mondiales.
Pour Halima Dangote, la philosophie de son père tient en une croyance où réussir suppose de « donner à des œuvres caritatives et respecter sa mère ». Une conviction familiale désormais formalisée par testament, qui pourrait faire de la fortune d’Aliko Dangote l’un des engagements philanthropiques les plus marquants de l’histoire économique africaine.
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