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Alassane Doumbia : le fils adoptif devenu patron de SIFCA

Alassane Doumbia Alassane Doumbia
Alassane Doumbia, président du conseil d'administration de SIFCA, premier groupe agro-industriel ivoirien

Fils adoptif d’Yves Lambelin, Alassane Doumbia dirige SIFCA depuis 2016. Le premier groupe agro-industriel ivoirien réalise 521 milliards FCFA de chiffre d’affaires et emploie 33 000 personnes dans cinq pays. L’héritier s’est imposé en vrai patron. Portrait. 

Alassane Thierno Doumbia naît le 14 juillet 1976 à Dabou, ville située au sud de la Côte d’Ivoire. Vers l’âge de cinq ans, Yves Lambelin l’adopte. L’industriel ivoirien d’origine française dirige alors SIFCA, géant de l’agro-industrie créé en 1964. Le jeune Alassane garde le nom de son père biologique, toujours vivant, mais grandit dans l’univers de SIFCA. Les déjeuners d’affaires se déroulent à la maison. L’enfant observe, écoute, absorbe.

La famille l’envoie étudier en Suisse. Il intègre l’école privée Chantemerle, près du lac Léman. Formation rigoureuse, encadrement strict. Puis Paris, où il rejoint l’Institut supérieur de commerce, aujourd’hui ISC Paris Business School. Mais Alassane Doumbia ne rentre pas directement dans le groupe familial. Son père adoptif l’y avait bien préparé. Pas question de devenir président par simple filiation.

À 29 ans, Alassane Doumbia affûte son potentiel chez le négociant ADM, puis à Africa Merchant Bank, la banque d’affaires de la Belgolaise. Il apprend la finance, les marchés, les négociations complexes. Il comprend comment fonctionnent les flux de capitaux, les leviers de croissance. En 2005 seulement, il intègre physiquement SIFCA. Dix ans après la fin de ses études.

4 avril 2011, tout s’effondre. Yves Lambelin fait partie des quatre personnes enlevées au Novotel d’Abidjan, en pleine crise postélectorale ivoirienne. Alassane Doumbia se trouve loin de la capitale économique. Le 1ᵉʳ avril, il travaille à Lagos. Le 3, au Ghana. Il se souvient que son père adoptif se moquait de lui en le traitant de peureux. À l’époque, le quadragénaire travaille entre le Liberia et le Togo. Il ne passe que deux à trois jours par semaine en Côte d’Ivoire.

Yves Lambelin disparaît. Il laisse deux orphelins. SIFCA, qu’il a dirigée pendant trente ans. Et Alassane, qui doit maintenant porter l’héritage. Quand son père adoptif décède, Alassane Doumbia occupe le poste de directeur général adjoint, chargé des développements. Deux ans plus tard, fin 2013, il devient vice-président avec la gestion de la stratégie financière de l’entreprise.

Alassane Doumbia : l’homme qui porte l’héritage de SIFCA sur ses épaules

Alassane Doumbia
Alassane Doumbia, entrepreneur ivoirien à la tête de SIFCA, leader du caoutchouc et de l’huile de palme en Afrique de l’Ouest

Les années suivantes testent sa capacité à diriger. Les cours du caoutchouc et de l’huile de palme s’effondrent. SIFCA traverse une zone de turbulences. Alassane Doumbia n’a pas les coudées franches pour faire face seul aux difficultés. En septembre 2016, après une réorganisation, il devient président du conseil d’administration. À 40 ans, il forme un tandem avec Pierre Billon, autre héritier, à la tête du géant.

Alassane Doumbia gère avec son jeune frère Ben environ 23% du capital de SIFCA. Cette participation fait de lui le premier actionnaire individuel du groupe. Sa fortune professionnelle dépasse les 170 milliards de francs CFA, soit environ 307 millions de dollars. Il figure parmi les dix Ivoiriens les plus riches.

Les familles fondatrices conservent le contrôle avec 65% du capital. La famille Billon détient 44%, la famille Lambelin 21%. Le géant singapourien Wilmar possède 27% acquis en 2008. Cet actionnariat équilibré garantit la stabilité en apportant l’expertise asiatique et les capitaux nécessaires au développement.

Avec Alassane Doumbia, SIFCA réalise un chiffre d’affaires de 521 milliards de francs CFA. Le groupe emploie plus de 33 000 personnes réparties dans cinq pays. Premier producteur de caoutchouc d’Afrique de l’Ouest, il opère dans quatre pays avec plus de 10 000 salariés permanents. La filiale sucrière Sucrivoire, qu’Alassane préside depuis 2022, gère 14 000 hectares de canne à sucre et produit environ 91 000 tonnes de sucre annuellement.

SIFCA : 60 ans et une nouvelle ambition

Alassane Doumbia

En 2024, SIFCA célèbre ses 60 ans. L’entreprise marque l’événement par des investissements massifs dans le développement durable. La centrale électrique à biomasse Biovéa, projet porté en partenariat avec EDF et Meridiam, doit entrer en service fin 2025. Située à Aboisso, à 100 kilomètres à l’est d’Abidjan, cette centrale de 46 mégawatts sera alimentée par 520 000 tonnes de déchets de palmiers fournis par Palmci, filiale de SIFCA.

Le projet génère au moins 500 emplois locaux pendant la construction. Pendant l’exploitation, plus de 1 000 équivalents temps plein seront créés. L’achat de biomasse générera des revenus additionnels à près de 12 000 planteurs de la région pendant 25 ans. Biovéa permettra d’éviter 4,5 millions de tonnes de CO₂ et de répondre aux besoins électriques de l’équivalent de 1,7 million de personnes par an.

En octobre 2025, SIFCA signe une convention de partenariat avec le ministère de l’Environnement pour créer des réserves naturelles volontaires sur certains sites agro-industriels. Les premières seront établies à Ehania et Zuénoula. Le groupe investit dans la surveillance satellitaire de plus de trois millions d’hectares, crée une agro-forêt de 10 000 hectares, décarbone ses activités via une ferme solaire à Bongo. L’objectif est d’atteindre 20% d’énergie renouvelable d’ici fin 2025.

Alassane Doumbia a été nommé Commandeur de l’ordre du mérite agricole ivoirien en 2015. La même année, il figure parmi les cinq Ivoiriens du classement Choiseul des « 100 leaders économiques africains de demain ». Le fils adoptif prouve qu’un héritier peut devenir un vrai patron. SIFCA n’est plus seulement l’œuvre d’Yves Lambelin. C’est aussi, désormais, celle d’Alassane Doumbia.

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