En Côte d’Ivoire, Axelle Sanogo a choisi une voie qui engage autant son identité que son entreprise. Fondée à Abidjan en février 2023, sa marque de maroquinerie porte son nom et revendique une place pour la création locale dans un univers où les grandes maisons internationales occupent une place importante.
Elle reconnaissait ses sacs dans la rue. Mais leurs propriétaires ne savaient pas toujours qui les avait créés. Il lui arrivait alors de les interpeller pour leur révéler qu’elle était derrière ces accessoires.
À force de répéter la même démarche, une question a fini par s’imposer à elle. Pourquoi ne pas laisser ses produits présenter directement leur créatrice ? C’est ainsi qu’Axelle Sanogo a choisi de faire de son nom la signature de sa marque.
Le déclic prend tout son sens au regard de son parcours. Titulaire d’un master en audit et gestion d’entreprise, Axelle Sanogo Massiami a acquis une formation tournée vers l’organisation et la gestion. Sa passion pour la mode l’oriente vers la maroquinerie, un secteur dans lequel elle décide de construire sa propre identité commerciale.
En février 2023, elle lance officiellement sa marque à Abidjan. Les premiers modèles portent les noms Amine, Mouna et Miss Nela. Plus de 100 sacs sont vendus en douze jours. Ce démarrage rapide donne une première mesure de l’accueil réservé aux créations.
Le nom choisi ne fait cependant pas l’unanimité. Dans le podcast Des choses à dire, animé par Edith Brou Bleu, Axelle Sanogo revient sur les critiques reçues à ce sujet. Elle relève un contraste qui la frappe. Les consommateurs acceptent de porter des sacs associés à des noms comme Louis Vuitton, Chanel ou Versace, alors que le nom d’une créatrice africaine peut susciter des réserves.
Cette réaction l’amène à interroger les représentations qui entourent les marques. Pour elle, le nom d’une maison de mode ne constitue pas seulement un élément graphique. Il identifie une origine, une histoire et un travail. En choisissant de signer ses créations de son propre nom, elle refuse aussi que ce lien reste invisible aux yeux des clientes.
Axelle Sanogo, l’épreuve de l’entrepreneuriat

Une marque ne se construit pas uniquement sur un nom reconnaissable ou sur les premières ventes. Les difficultés financières, la concurrence et les contraintes logistiques font aussi partie du parcours. Axelle Sanogo évoque ces obstacles, ainsi que la perte d’une première boutique et les difficultés liées à la gestion d’équipe. Elle résume cette expérience par l’idée que chaque épreuve peut ouvrir une nouvelle étape de croissance.
L’offre évolue au fil du développement de l’entreprise. En 2025, la marque présente une ligne Luxe en cuir véritable et annonce des collections masculines. Son univers visuel s’appuie notamment sur le monogramme AS et le trèfle à quatre feuilles, associé par la fondatrice à la chance, à la foi, à l’espoir et à l’amour. Sur la ligne Luxe, un éléphant en métal rend hommage à la Côte d’Ivoire.
Ces symboles donnent une cohérence à l’identité de la maison. Ils relient le nom de la créatrice à des références personnelles et nationales, tandis que les collections cherchent à répondre aux attentes d’une clientèle sensible au style et au prix.
Axelle Sanogo affiche désormais l’ambition de faire connaître sa marque au-delà des frontières ivoiriennes et de développer une maison de maroquinerie qui porte une identité africaine affirmée. Cette ambition reste un chantier. Sa réalisation dépendra de la capacité de l’entreprise à consolider ses activités, à fidéliser sa clientèle et à faire face aux exigences de nouveaux marchés.
Au départ, il y avait ces sacs que leurs propriétaires ne savaient pas toujours rattacher à leur créatrice. Aujourd’hui, le nom figure sur la marque elle-même. Entre ces deux moments se dessine l’enjeu du parcours d’Axelle Sanogo, faire reconnaître le travail derrière le produit et donner à une signature ivoirienne la possibilité de trouver sa place dans l’univers de la maroquinerie.