Souvent réduit à un simple rôle de commercial, le Délégué médical en Afrique occupe pourtant une place centrale dans le système de santé. Entre expertise scientifique et enjeux industriels, ce maillon clé de l’information médicale souffre d’un manque de reconnaissance qui fragilise la pratique de soins.
Le Délégué médical (DM) n’est pas un simple vendeur de boîtes. Dans les couloirs des hôpitaux et les cabinets de ville, il est celui qui apporte la science au chevet de la prescription. Son rôle ? Assurer la circulation des données actuelles sur les molécules, qu’il s’agisse de nouveautés ou de médicaments éprouvés.
Pourtant, une ombre plane sur la profession. Mal comprendre ce métier, c’est briser la chaîne de transmission entre l’industrie pharmaceutique et le prescripteur. En Afrique, la confusion entre commerce et santé brouille les pistes.
Le Délégué médical (DM) ou visiteur médical (VM) est un expert de santé avant tout. Il porte une parole scientifique auprès des professeurs, médecins, infirmiers et pharmaciens. Sans lui, la mise à jour des pratiques médicales perd de sa fluidité.
Comprendre l’origine du métier et le rôle clé du Délégué médical en Afrique dans l’information médicale

Pour saisir cette situation, il faut revenir à l’origine du métier. Le Délégué médical, également appelé visiteur médical (VM/DM), est un représentant des laboratoires pharmaceutiques, chargé de promouvoir leurs médicaments auprès des professionnels de santé.
L’objectif du Délégué médical est d’informer les prescripteurs sur les avantages et l’utilisation des produits, tout en assurant la présence de son laboratoire sur un marché concurrentiel.
À ses débuts, le Délégué médical était essentiellement un agent des laboratoires étrangers. Les ministères de la Santé ne percevaient pas encore la nécessité d’encadrer cette activité. Si la fonction a une dimension commerciale, elle repose avant tout sur des connaissances scientifiques et médicales solides.
Le Délégué médical transmet des informations sur les médicaments existants, les nouveaux produits arrivant sur le marché, ainsi que sur leur utilisation quotidienne. Il s’adresse à tous les niveaux de professionnels de santé : professeurs, médecins, infirmiers, sages-femmes et pharmaciens. C’est un métier de la santé à part entière, qui mérite reconnaissance et respect.
Le vide académique, terreau de la banalisation

Le constat est amer. Le mépris des autorités de tutelle alimente la méconnaissance du secteur. Alors que les soignants bénéficient de cursus stricts, aucune école nationale d’État ne forme les futurs délégués médicaux. La formation est laissée au privé, sans ligne pédagogique harmonisée ni contrainte technique réelle.
Cette absence de cadre régulateur dilue les compétences. Aujourd’hui, le métier subit une banalisation inquiétante. Privés de repères déontologiques forts, certains acteurs s’égarent dans des transactions purement financières. Le profit prend alors le pas sur l’éthique, sacrifiant la dignité d’une profession pourtant essentielle à l’équilibre du monde médical.
* Cet article fait partie d’une série dédiée à la découverte du métier de Délégué médical en Afrique, pour mieux comprendre son rôle stratégique dans le système de santé.
