Le Conseil des ministres malien, réuni le mercredi 30 septembre 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, a adopté les textes portant création, organisation et fonctionnement de l’École des Mines et du Pétrole du Mali.
Le Mali veut former lui-même les cadres de ses mines et de son pétrole. L’École des Mines et du Pétrole du Mali doit combler un manque de compétences identifié depuis plusieurs années, dans un secteur qui pèse chaque année davantage dans les comptes de l’État.
La nouvelle structure aura pour mission de former, en formation initiale et continue, des ressources humaines spécialisées dans les mines et le pétrole, alors que Bamako cherche à renforcer les compétences disponibles dans un secteur important pour l’économie nationale.
Le gouvernement malien justifie la création de l’École des Mines et du Pétrole par l’insuffisance des structures de formation actuelles. Selon le communiqué du Conseil des ministres, certaines spécialités liées à l’exploitation et à la valorisation des ressources du sous-sol ne sont pas suffisamment couvertes par l’offre en place.
Le même jour, le Conseil des ministres a aussi adopté les textes instituant l’Agence pour la Recherche et le Développement des Ressources minérales. Cette structure remplace le Programme pour le développement des ressources minérales et doit produire, sécuriser et diffuser les connaissances sur les ressources géologiques, minières, pétrolières et gazières du pays.
Les deux réformes se complètent. Pendant que l’Agence doit mieux cartographier le sous-sol malien, l’École des Mines et du Pétrole doit former les cadres capables d’exploiter les gisements ainsi identifiés.
L’École des Mines et du Pétrole du Malu : un nouveau jalon dans la reprise en main du secteur
Le secteur minier pèse lourd dans l’économie malienne. Les sociétés aurifères ont versé 1,57 milliard de dollars à l’État en 2025, soit environ 890 milliards de francs CFA, selon des données du ministère des Mines, pour un secteur qui représenterait environ 6,3 % du PIB national.
L’or domine aussi les exportations du pays, avec une part comprise entre 80 et 85 % des recettes d’exportation, selon des données relayées en février 2026 à propos du renouvellement du permis du complexe Loulo-Gounkoto, exploité par Barrick.
Cette création s’inscrit dans la continuité d’une réforme engagée depuis 2023. Un audit du secteur minier, mené par les cabinets Iventus et Mazars, avait révélé des irrégularités financières. Il a débouché sur l’adoption d’un nouveau code minier, promulgué le 28 août 2023, qui permet à l’État de détenir jusqu’à 30 % de participation dans les nouveaux projets.
Ce même code a aussi permis à l’État malien de récupérer 1,2 milliard de dollars d’arriérés auprès des sociétés minières. Avec l’École des Mines et du Pétrole, Bamako ajoute désormais un volet formation à cette stratégie de souveraineté sur ses ressources naturelles.
Le texte adopté le 30 septembre ne précise toutefois ni le lieu d’implantation de l’école, ni la date de démarrage des enseignements, ni les filières qui seront ouvertes, ni le nombre d’étudiants attendus.
Les prochaines communications du gouvernement malien sur l’École des Mines et du Pétrole diront si la formation des cadres du secteur extractif suit le même rythme que les réformes engagées depuis 2023.