À Abidjan et dans plusieurs capitales d’Afrique francophone, le nom de Loïc Aplogan commence à émerger parmi les acteurs qui pèsent sur la transformation des systèmes financiers du continent. Il n’est pas une star médiatique, mais son influence se mesure dans les partenariats noués entre grandes institutions, gouvernements et acteurs locaux du numérique. Portrait.
L’agitation d’Abidjan ne semble pas perturber sa marche. Depuis janvier 2024, Loïc Aplogan occupe le fauteuil de Country Manager pour le géant mondial des paiements, Visa, mission qu’il a reprise après plusieurs années consacrées au développement commercial de l’entreprise dans la sous-région ouest-africaine et centrale. À ce titre, son rôle est de piloter la croissance des solutions de paiements numériques de Visa, un levier important de l’inclusion financière et de la modernisation des économies locales.
Loïc Aplogan a forgé son expertise au fil des années dans les zones Ouest et Centrale du continent. Avant de s’ancrer en Côte d’Ivoire, il a parcouru les marchés africains, analysé les besoins des populations et les freins institutionnels. Ce vécu lui confère aujourd’hui une crédibilité tout aussi rare que nécessaire. Il parle le langage des banquiers, mais comprend aussi les défis du marchand de quartier.
Loïc Aplogan sonne la fin du modèle importé
Dans ses prises de parole publiques, Loïc Aplogan place la digitalisation des paiements numériques au cœur des transformations économiques de la région. Pour ce manager béninois, l’époque où l’on copiait les solutions occidentales est révolue.
À travers Visa, il souhaite co-créer des outils adaptés aux réalités africaines. Loïc Aplogan considère le numérique comme un outil qui permet d’intégrer les exclus du système bancaire classique. Chaque transaction digitale réduit les coûts et apporte une transparence nécessaire à la croissance des PME.
Cette ligne de travail n’est pas purement théorique. Visa, sous sa conduite régionale, a annoncé de fortes initiatives d’investissement et de partenariats avec des fintechs locales, notamment pour co-créer des produits adaptés aux réalités africaines plutôt que d’importer des modèles étrangers. L’Afrique francophone, longtemps perçue comme un arrière-plan dans l’écosystème tech, devient à travers ces approches un terrain d’expérimentation et d’adoption rapide de solutions mobiles.
Au-delà des chiffres, la personnalité de Loïc Aplogan se dessine dans son insistance sur l’idée que l’inclusion financière durable passe par une coopération étroite entre régulateurs, institutions publiques, banques et acteurs privés. Ce point de vue reflète la complexité du défi africain en matière de finance numérique, mais aussi l’opportunité qu’il représente pour une génération de dirigeants africains tournés vers l’innovation.
Loin des projecteurs, Loïc Aplogan structure le futur. Il transforme l’Afrique francophone en un laboratoire d’expérimentation technologique. Derrière chaque paiement mobile, l’ombre de ce dirigeant discret plane sur la modernisation d’une région en pleine mutation.
