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Serge Pereira : le grand dessein électrique

Serge Pereira Serge Pereira
Serge Pereira, Président du groupe StartStone ©Forbes Afrique

Cinquante hectares sur les rives du fleuve Congo. En octobre 2021, Serge Pereira signe un financement de 14 milliards FCFA avec la BDEAC pour créer Riverside, le nouveau centre-ville de Brazzaville. Le président de StartStone Group veut électrifier l’Afrique. Portrait.

Octobre 2021, Brazzaville. Radisson Blu Hotel. Serge Pereira signe un accord de financement avec la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale. Quatorze milliards FCFA pour lancer Riverside. Cinquante hectares aménagés le long du fleuve Congo. Routes, fibre optique, traitement d’eau, bâtiments de bureaux, habitations, écoles, église, parc public, restaurants, commerces. Un centre-ville complet sur l’eau.

StartStone agit comme master-promoteur. L’entreprise viabilise le terrain et signe des accords avec plusieurs promoteurs pour construire. La BDEAC cofinance avec La Congolaise des Banques. Objectif : créer la figure emblématique de la capitale congolaise.

Né au Congo-Brazzaville, Serge Pereira quitte le pays pour étudier aux États-Unis. Finance. Il travaille comme banquier pendant 25 ans. Il observe comment le capital circule en Amérique, comment les projets se financent, comment les entreprises prospèrent. Le contraste avec son pays natal le frappe. Les idées existent. Les projets aussi. Mais le financement manque cruellement.

En 2001, Serge Pereira rentre. Il fonde Unicon, qui devient l’une des plus grandes sociétés immobilières de la région. Le timing est bon. La croissance économique mondiale redémarre. L’Afrique suit. La demande chinoise de matières premières explose. Les projets de construction se multiplient.

Mais très tôt, Serge Pereira comprend qu’il doit diversifier. Un seul pays, un seul secteur, c’est fragile. Il élargit. Plusieurs pays. Plusieurs industries. Sous la bannière StartStone Group, il développe l’immobilier, l’hôtellerie, l’automobile, les télécoms, l’éducation.

Le groupe emploie aujourd’hui près de 1 500 collaborateurs dans une dizaine de pays. Le chiffre d’affaires avoisine 2 milliards d’euros. Les projets se déploient en République du Congo, en RDC, partout où les opportunités se présentent.

« L’énergie, la clé du développement », Serge Pereira

Serge Pereira
Serge Pereira, Président du groupe StartStone ©Forbes Afrique

Mais c’est sur l’énergie que Serge Pereira concentre désormais son attention. Pour lui, l’électrification conditionne tout le reste. Sans énergie fiable, pas d’industrie. Pas d’hôpitaux performants. Pas d’écoles numériques. Pas de véhicules électriques produits localement.

Son grand projet : une centrale hydroélectrique sur le fleuve Congo pour alimenter Brazzaville et Kinshasa simultanément. Deux capitales séparées par trois kilomètres d’eau. Deux gouvernements intéressés. Un potentiel énergétique immense.

Le Congo-Brazzaville, petit en population, dispose d’un atout géographique énorme. Il peut devenir un hub énergétique régional. Le pays affiche une capacité installée de 751 mégawatts mais perd 200 mégawatts en chemin à cause d’un réseau vétuste datant d’un demi-siècle.

Le gouvernement congolais s’est fixé un objectif ambitieux. Doubler la capacité de production électrique pour atteindre 1 500 mégawatts d’ici 2030. Le pays détient un potentiel hydroélectrique de 27 000 mégawatts. Seulement 1% est exploité.

Serge Pereira discute avec des partenaires internationaux. META pour la distribution de données en Afrique. Des constructeurs chinois pour introduire des véhicules électriques sur plusieurs marchés africains. Mais tout dépend d’un accès à une énergie stable. C’est sa priorité absolue pour les dix prochaines années.

En partenariat avec StartStone Group, le Congo développe deux zones économiques spéciales à Brazzaville et Kinshasa. L’objectif est de connecter les deux villes, de créer un environnement commercial privé, d’augmenter les échanges. Les deux gouvernements soutiennent le projet.

Serge Pereira s’inspire des zones économiques spéciales développées aux Philippines dans les années 1990. Il veut créer une rampe de lancement pour renforcer l’économie congolaise. Création d’emplois. Amélioration du Doing Business. Augmentation des investissements directs étrangers.

Avec son épouse, il gère la Fondation Congo Kitoko. Entrepreneuriat, solidarité, investissements, éducation, développement durable. La fondation finance des micro-projets et prépare un incubateur. Objectif : créer 250 entreprises congolaises.

Serge Pereira se définit comme un afro-optimiste. Il observe un continent qui possède 30% des matières premières mondiales. Tesla vaut 1 000 milliards de dollars avec des batteries fabriquées à partir de produits congolais. Le potentiel existe. Il faut juste l’exploiter intelligemment.

À 49 ans, l’homme ne cherche pas la lumière. Il trace une route. Celle d’un Congo électrifié, industrialisé, connecté. Celle d’une Afrique qui produit sa propre énergie et ses propres richesses.

 

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