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Botswana : Bank Gaborone confie son plan de redressement à Tsaone Raboloko   

Tsaone Raboloko Tsaone Raboloko

Tsaone Raboloko dirige Bank Gaborone depuis le 9 octobre 2026. Ce financier de la maison prend une banque passée dans le rouge en un an, au moment où tout le secteur botswanais paie le prix de la rareté de l’argent.

Bank Gaborone, filiale botswanaise du groupe namibien Capricorn, a un Directeur Général permanent. Son conseil d’administration a nommé Tsaone Raboloko avec effet au 9 octobre 2026, à l’issue d’un processus de recrutement et avec l’accord du régulateur. 

L’ancien directeur financier succède à Olebile Makhupe et prend la tête d’une banque de 12 agences. Elle affiche une perte de 113 millions de dollars namibiens sur l’exercice clos le 30 juin 2026, contre un bénéfice de 167 millions un an plus tôt.

Avec Tsaone Raboloko, le conseil de Bank Gaborone choisit la continuité. Tsaone Raboloko a rejoint la banque en 2018 et y a dirigé le risque et la conformité. Il en est devenu directeur financier en avril 2022, puis Directeur Général par intérim à la mi-2026.

Le président du conseil, Christo de Vries, voit dans cette nomination un gage de continuité. « Il comprend notre banque, nos équipes et l’environnement dans lequel nous opérons », affirme  Christo de Vries. La banque doit redresser ses performances face à la hausse des créances douteuses et à la fragilité de l’économie botswanaise.

Capricorn a annoncé en juin 2026 le départ d’Olebile Makhupe, à la tête de la banque depuis juillet 2023, pour « d’autres intérêts et priorités stratégiques ». Son mandat s’achève sur une perte. Le groupe affiche sa doctrine en matière de risque, privilégier la liquidité et la préservation du capital plutôt que le résultat de court terme. Le profil de Tsaone Raboloko, formé au risque puis aux comptes, épouse cette ligne.

Une marge d’intérêt passée de 4,3 % à 2,8 %

Le mal de Bank Gaborone tient d’abord à ce que lui coûte l’argent. Sa marge nette d’intérêt est passée de 4,3 % à 2,8 % sur l’exercice 2026. La banque a recouru davantage à des dépôts institutionnels coûteux lors des pénuries de liquidités du premier semestre au Botswana.

Tout le secteur subit ce choc, avec une intensité moindre. Le coût moyen des dépôts des banques commerciales est passé de 2,7 % à 4,1 % en 2025, et leur écart de taux de 4,8 % à 3,1 %. La banque centrale le documente dans son rapport de supervision bancaire. 

Leur bénéfice net recule de 10,1 %, à 3,7 milliards de pulas, la première baisse annuelle depuis 2020. Bank Gaborone encaisse un choc plus dur que ses pairs, car sa part de marché reste réduite et l’expose davantage quand l’argent se raréfie.

Le crédit pèse aussi. Au niveau du groupe, les charges de dépréciation du crédit progressent de 45 %, de 315 à 457 millions de dollars namibiens. La hausse se concentre au Botswana et sur quelques gros dossiers en difficulté. Le taux de créances douteuses des banques botswanaises reste stable, à 3,3 %. Le problème de Bank Gaborone est donc d’abord celui de son financement.

Ce que Tsaone Raboloko révèle de l’économie botswanaise

La liquidité décide désormais du sort des banques au Botswana. Les ventes de diamants sont en berne, ce qui réduit les recettes d’exportation et l’espace budgétaire de l’État. La banque centrale a réagi. Elle a ramené la réserve obligatoire à zéro, allongé les opérations de pension à 30 jours et ajusté les marges de change.

Le choc passe par les dépôts, pas par les prêts aux mines. Capricorn n’a aucune exposition directe aux mines botswanaises et subit malgré tout le contrecoup. Bank Gaborone pèse 8 à 10 % des actifs du groupe. Sa bascule dans le rouge explique, selon les analystes d’IJG Securities, l’essentiel de la baisse de 128 millions du bénéfice. Le groupe absorbe, avec un ratio de fonds propres de 19,4 % pour un minimum réglementaire de 12,5 %.

Pour les groupes bancaires africains qui se déploient hors de leur marché d’origine, la leçon est nette. Une petite filiale dans une économie de rente porte le cycle de la matière première sans en toucher les recettes.

Tsaone Raboloko ne contrôle ni le prix des diamants ni la rareté des liquidités au Botswana. Il pilote ce qui reste à sa portée, la structure des dépôts de Bank Gaborone et le prix de son crédit. Les résultats du semestre clos en décembre 2026 diront si la marge d’intérêt cesse de reculer.

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