La société Beta Veg Oil a inauguré le 12 octobre 2026 son usine de karité et de soja à Kongodékro, dans la commune de Bouaké. L’usine Beta Veg Oil représente 10 milliards de FCFA d’investissement et produit déjà du beurre de karité.
L’usine Beta Veg Oil, une unité de transformation de karité et de soja de 70 000 tonnes de matières premières par an, a été inaugurée le 12 octobre 2026 à Kongodékro, dans la commune de Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire. Le ministre des Transports et maire de Bouaké, Amadou Koné, a présidé la cérémonie, avec les ministres de l’Agriculture et du Commerce.
L’investissement atteint 10 milliards de FCFA, soit environ 15,2 millions d’euros, et les travaux ont démarré en janvier 2025. L’usine produit déjà du beurre de karité, et l’huile de soja raffinée comme les tourteaux sont annoncés.
Les promoteurs, Mounir Fakry et Pierre Ali, annoncent 450 emplois directs. Un programme d’accompagnement doit toucher 30 000 femmes dans huit zones de production. Il prévoit un préfinancement de 5 000 tonnes d’amandes à 270 000 FCFA la tonne, soit 1,35 milliard de FCFA, pour couvrir des dépenses du foyer comme la scolarité et la santé.
Ces 5 000 tonnes équivalent à près de 10 % des amandes enregistrées dans le circuit formel en 2025-2026. Le chiffre de 400 000 emplois indirects avancé par le maire correspond à l’ensemble des femmes de la filière, pas à des postes créés par l’usine.
L’usine Beta Veg Oil, une inauguration onze mois après la date prévue
L’inauguration arrive avec retard. À la pose de la première pierre, le 25 janvier 2025, l’usine devait ouvrir en novembre 2025 avec 200 emplois directs. Seul le beurre de karité sort pour l’instant des installations. L’huile de soja raffinée et les tourteaux pour l’alimentation animale restent à lancer, et une deuxième phase d’extension doit démarrer en décembre.
Le Conseil coton-anacarde-karité (CCAK) recense 21 unités de transformation, pour une capacité installée d’environ 130 000 tonnes d’amandes par an. La campagne 2025-2026 a enregistré 51 697 tonnes dans le circuit formel, soit environ 40 % de cette capacité, et l’objectif 2026-2027 est de 60 000 tonnes.
Le goulot d’étranglement est la matière première, pas l’outil industriel. L’État agit donc sur l’offre. L’exportation des noix et amandes par les frontières terrestres est interdite depuis janvier 2025, et les achats sont réservés aux usines locales. Le prix bord champ plancher est de 250 FCFA le kilo, pour une moyenne de 275 en 2025-2026. Le préfinancement de Beta Veg Oil valorise la tonne à 270 FCFA le kilo.
Le soja, un maillon encore marginal en Côte d’Ivoire
La production nationale de soja atteint environ 30 000 tonnes, et sa transformation locale reste marginale. Ce volume n’atteint pas la moitié de la capacité annuelle de l’usine, qui doit aussi s’approvisionner en karité. L’huile de soja raffinée et les tourteaux, annoncés pour la suite, diversifieront l’usine au-delà du karité.
Le gouvernement mesure les progrès au taux de transformation locale. Il atteint 46 % pour le cacao et 43 % pour la noix de cajou, contre 5 à 10 % pour le cacao en 2011. Avec Beta Veg Oil, le karité doit approcher 30 %, puis 50 à 60 % d’ici cinq ans.
L’enjeu est la part de l’industrie dans le PIB, 22,7 % en 2025 et 30 % visés en 2030 dans le Plan national de développement 2026-2030. À l’export, la Côte d’Ivoire a vendu 14 078 tonnes de beurre de karité à 13 pays en 2025-2026.
Reste à voir quand la ligne de soja démarrera, quels volumes l’usine Beta Veg Oil sécurisera et quel prix elle paiera aux collectrices, alors que la deuxième phase doit débuter en décembre.